Le Château Fonchereau étend 30 hectares de vignes sur la commune de Montussan, dans l’entre deux mers, à l’est de Bordeaux. Le merlot domine l’encépagement (60%, le reste en cabernets) sur un terroir de coteaux argilo-calcaires très classiques. Ce qui est moins classique c’est le capital de la propriété, partagé entre trois familles mexicaines, amoureuses du vin. La direction de la propriété est assurée par l’un des actionnaires, le dynamique Alfredo Ruiz Sanchez, qui habite sur place avec sa femme et ses enfants. Aussi francophile que francophone, l’homme est à la fois avocat, viticulteur, diplomate, juriste, et grand amateur de littérature française. Il est aussi chef d’entreprise, puisque Fonchereau est passé en deux ans, sous la houlette de ce petit homme charismatique, à un effectif de douze personnes.
Au vingtième siècle c’est à la famille Vinot-Postry qu’appartenait Fonchereau, et c’est au Mexique que Mme Vinot-Postry a rencontré les acquéreurs de son vignoble. Ce sont apparemment les seuls Mexicains à avoir investi dans le vin de Bordeaux, pourtant riche en propriétaires étrangers. M. et Mme Ruiz Sanchez ont vite trouvé leur place dans la communauté viticole, consulaire et même catholique de Bordeaux ; même chose dans le village de Montussan où l’on compte quinze propriétés viticoles. Fonchereau est l’une des plus anciennes, étant déjà maison noble sous l’ancien régime, où Montesquieu, dit-on, y fréquentait une amie très proche ….
Le vin ne manque pas de noblesse non plus, notamment le bordeaux supérieur d’excellente facture. Fonchereau produit aussi un intéressant crémant, du rosé, et un blanc sec à base de sémillon qui peut progresser encore. C’est une marque confidentielle, mais qui devrait rapidement connaître une belle envolée grâce à ses nouveaux propriétaires. Déjà 60.000 bouteilles se sont envolées pour le Mexique, qui en redemande.

On fait du vin à Fonchereau depuis le 19ème siècle, mais le cru ne connaît pas pour autant une renommée particulière. On aurait même oublié qu’il existe s’il n’avait pas été racheté l’an dernier par un groupe d’hommes d’affaires mexicains 