Il est admis que ce cépage vient du port de Murviedro, près de Valence en Espagne, d’où on exportait du vin au 15ème siècle. Il connaît un fort mais récent développement dans le monde, où il représente environ 85.000 hectares. Il est très présent en Espagne, en Provence, en Languedoc et Roussillon, ainsi qu’en Australie et Californie. Il y a 50 ans, on comptait 600 hectares de mourvèdre en France ; on en dénombre 7.600 aujourd’hui.
Cépage tardif dont les petits raisins noirs ont une peau épaisse, le mourvèdre se plait dans les sols secs, profonds et pierreux. Les éboulis calcaires lui conviennent à merveille, et il affectionne particulièrement l’air marin. Il donne des vins sombres, solides et structurés, un peu austères dans leur jeunesse. Mais après cinq ans de patience, le vin de mourvèdre affiche des arômes complexes de violette, de réglisse, d’iode, d’olive noire, de cuir et de cannelle. En raison de son excellent équilibre acidité / alcool, de sa charpente tannique et de sa capacité au vieillissement, le mourvèdre apparaît comme un cépage encore sous-estimé. Une fois admis qu’il lui faut du temps pour s’exprimer, il offre à l’amateur des vins de belle allure, alternative interessante à l’uniformisation regrettable des grands cépages internationaux.
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