Il semble que ce soit dès le 19ème siècle que le vignoble ait acquis sa dimension actuelle : onze hectares d’un seul tenant, sur le plateau calcaire et sur la côte sud de Saint Emilion, terroirs renommés pour donner quelques uns des plus grands vins de l’appellation.
Le Château Magdelaine appartient depuis 1952 aux Ets Jean-Pierre Moueix, négociants bien connus à Libourne ; c’est donc tout naturellement l’œnologue Jean-Claude Berrouet et le maitre de chais François Veyssière, qui conduisent les vinifications, comme à Petrus. Une écrasante proportion de merlots (90%) et le grand age des vignes, confèrent à ce cru un charme, une séduction et une élégance, qui ne sauraient se manifester pleinement au moment des dégustations des primeurs, beaucoup trop hâtives pour ce type de vin .
Magdelaine 2004 , beau vin de garde, long et raffiné, avec une finale encore un peu rude ; à attendre trois à cinq ans ; fera une jolie bouteille ;
Magdelaine 2003 , superbe nez de fruits confits, de cerise, d’épices et de cassis ; les arômes se bousculent en bouche avec ampleur et vivacité ; le tout se termine sur une note de cerise ; une réussite qui donne déjà bien du plaisir ;
Magdelaine 2002 , porte la marque d’un millésime difficile sur les bords de la Dordogne, les arômes sont nets mais simples, le nez est discret, l’ensemble est fort sympathique , et assez facile d’accès ; inutile d’attendre dix ans ;
Magdelaine 2001 , çà, c’est du sérieux, avec un beau nez de cuir et de cannelle, et une mâche dense, des tanins mûrs, beaucoup de concentration, mais aussi de raffinement ; un régal pour aujourd’hui et surtout pour demain.
Magdelaine 2000 , le nez mêle des parfums fruités, viandés et poivrés, qui signe le grand merlot ; superbe vin , long et persistant, d’une grande pureté , étonnant d’équilibre et de fraîcheur. A décanter deux heures avant de servir , très grande bouteille ;
Magdelaine 1999 , très rond , très fin et très souple, mais un peu plus court que les précédents, beaucoup d’arômes d’épices le rendent savoureux et il est prêt à boire ;
Magdelaine 1998 , vin de dentelle aux tanins de soie, avec une délicatesse raffinée et une finale aérienne , c’est un monstre d’élégance dont la finesse aristocratique rappelle ce que ses voisins Ausone et Belair peuvent produire de mieux ;
Magdelaine 1997 , vin à boire qui ne gagnera plus rien à attendre, affiche des parfums de rose et de noix assez envoûtants ; c’est un vin chic sur le déclin ;
Magdelaine 1995 , vin complet qui ne fait pas son age, avec un beau nez de tabac et de cigare, une bouche ample et fruité, et un bel aplomb que confirme une belle vivacité en finale. Voilà un beau 95 qui ne fait pas son age. A boire pour se régaler.
Magdelaine 1994 , vin moins opulent que le précèdent, mais bien réussi pour ce millésime parfois ingrat ; le vin est debout, net et vif, encore jeune, mais avec une pointe de sévérité.
Magdelaine 1990 , extraordinaire vin de 17 ans, sans une ride, avec des arômes de pain d’épices, de thé, de tabac, et une pointe d’exotisme liée à l’étonnante maturité du millésime. Un vin rare dont la structure tendre et satinée apporte une suavité merveilleuse ; elle se conjugue avec une ampleur et une expression aromatique de grande classe.
CONCLUSION
On pourrait prolonger plus loin dans le temps cette dégustation qui révèlerait un grand 1975 ou un sublime 1989. Château Magdelaine est un vin d’architecture classique, toujours très équilibré même dans les millésimes où le merlot a eu chaud ; mais c’est aussi un vin infiniment distingué , où l’adéquation d’un cépage avec son terroir est pleinement réalisée, qui peut être rond et féminin mais jamais facile ou racoleur. Très bien vendu à l’export (Belgique, Angleterre, Japon) , il ne semble pas jouir en France de la renommée qu’il mérite. Il est vrai qu’il fait moins de concession à la mode, qu’au terroir.
Le Château Magdelaine appartient depuis 1952 aux Ets Jean-Pierre Moueix, négociants bien connus à Libourne ; c’est donc tout naturellement l’œnologue Jean-Claude Berrouet et le maitre de chais François Veyssière, qui conduisent les vinifications, comme à Petrus. Une écrasante proportion de merlots (90%) et le grand age des vignes, confèrent à ce cru un charme, une séduction et une élégance, qui ne sauraient se manifester pleinement au moment des dégustations des primeurs, beaucoup trop hâtives pour ce type de vin .
Magdelaine 2004 , beau vin de garde, long et raffiné, avec une finale encore un peu rude ; à attendre trois à cinq ans ; fera une jolie bouteille ;
Magdelaine 2003 , superbe nez de fruits confits, de cerise, d’épices et de cassis ; les arômes se bousculent en bouche avec ampleur et vivacité ; le tout se termine sur une note de cerise ; une réussite qui donne déjà bien du plaisir ;
Magdelaine 2002 , porte la marque d’un millésime difficile sur les bords de la Dordogne, les arômes sont nets mais simples, le nez est discret, l’ensemble est fort sympathique , et assez facile d’accès ; inutile d’attendre dix ans ;
Magdelaine 2001 , çà, c’est du sérieux, avec un beau nez de cuir et de cannelle, et une mâche dense, des tanins mûrs, beaucoup de concentration, mais aussi de raffinement ; un régal pour aujourd’hui et surtout pour demain.
Magdelaine 2000 , le nez mêle des parfums fruités, viandés et poivrés, qui signe le grand merlot ; superbe vin , long et persistant, d’une grande pureté , étonnant d’équilibre et de fraîcheur. A décanter deux heures avant de servir , très grande bouteille ;
Magdelaine 1999 , très rond , très fin et très souple, mais un peu plus court que les précédents, beaucoup d’arômes d’épices le rendent savoureux et il est prêt à boire ;
Magdelaine 1998 , vin de dentelle aux tanins de soie, avec une délicatesse raffinée et une finale aérienne , c’est un monstre d’élégance dont la finesse aristocratique rappelle ce que ses voisins Ausone et Belair peuvent produire de mieux ;
Magdelaine 1997 , vin à boire qui ne gagnera plus rien à attendre, affiche des parfums de rose et de noix assez envoûtants ; c’est un vin chic sur le déclin ;
Magdelaine 1995 , vin complet qui ne fait pas son age, avec un beau nez de tabac et de cigare, une bouche ample et fruité, et un bel aplomb que confirme une belle vivacité en finale. Voilà un beau 95 qui ne fait pas son age. A boire pour se régaler.
Magdelaine 1994 , vin moins opulent que le précèdent, mais bien réussi pour ce millésime parfois ingrat ; le vin est debout, net et vif, encore jeune, mais avec une pointe de sévérité.
Magdelaine 1990 , extraordinaire vin de 17 ans, sans une ride, avec des arômes de pain d’épices, de thé, de tabac, et une pointe d’exotisme liée à l’étonnante maturité du millésime. Un vin rare dont la structure tendre et satinée apporte une suavité merveilleuse ; elle se conjugue avec une ampleur et une expression aromatique de grande classe.
CONCLUSION
On pourrait prolonger plus loin dans le temps cette dégustation qui révèlerait un grand 1975 ou un sublime 1989. Château Magdelaine est un vin d’architecture classique, toujours très équilibré même dans les millésimes où le merlot a eu chaud ; mais c’est aussi un vin infiniment distingué , où l’adéquation d’un cépage avec son terroir est pleinement réalisée, qui peut être rond et féminin mais jamais facile ou racoleur. Très bien vendu à l’export (Belgique, Angleterre, Japon) , il ne semble pas jouir en France de la renommée qu’il mérite. Il est vrai qu’il fait moins de concession à la mode, qu’au terroir.

Le Château Magdelaine fait partie depuis plus de cinquante ans des premiers grands crus classés de Saint Emilion.