20 octobre, 2012 | Zoom | Exprimer la quintessence du terroir |

Château Fleur La Mothe à Saint Yzans

Jadis connu sous le nom de Château La Mothe, le domaine s’appelle Fleur La Mothe depuis qu’il a été acheté par trois œnologues bordelais, Henri Boyer, Edouard Massie et Antoine Médeville. Tous trois sont associés dans le laboratoire Oenoconseil, bien connu en Gironde, et eurent un coup de cœur pour ce terroir, réputé cru bourgeois depuis le classement de 1932.

Le vignoble de Fleur La Mothe s’étend sur 15 hectares, à Saint Yzans de Médoc, sur un terroir qui mélange argiles, sables, graves et calcaire. Merlot, petit verdot et cabernet sauvignon composent, selon la tradition, l’encépagement, et donc l’assemblage, des deux vins de la propriété : Château Fleur la Mothe pour le premier, et le Jardin de Fleur La Mothe, second vin. Une belle étiquette orange, bien colorée et bien visible, orne les bouteilles depuis le millésime 2008.

« Pour nous, œnologues, c’est un autre laboratoire, qui permet de faire des essais, de tester de nouvelles techniques, tant à la vigne qu’au chai » annonce Antoine Médeville. Un laboratoire grandeur nature où de nouvelles barriques, de nouvelles méthodes, de nouveaux produits œnologiques, sont expérimentés.

Mais les recherches qui y sont menées n’entament absolument pas le potentiel qualitatif du cru, au contraire. Tout en gardant la charpente tannique du médoc vrai, le vin s’avère dans les dernières années à la fois complexe et élégant, mariant les arômes de réglisse et de framboise, dans un registre souple et harmonieux. Les millésimes 2009 et 2010, très concentrés, méritent d’attendre un peu,  mais le délicieux 2008 affiche dès maintenant autant d’éclat que d’épices.

Les vins de Fleur La Mothe sont vendus au négoce bordelais, mais aussi aux cavistes, à l’export et bien entendu aux particuliers. C’est une valeur montante du Médoc, qui peut déjà être considérée comme une valeur sûre dans une cave.

13 octobre, 2012 | Zoom | Un terroir d'exception |

Château des Laudes à Saint Emilion

C’est un petit vignoble d’à peine 4 hectares que l’on trouve à Saint Emilion, mais si on cherche bien, car il est peu connu : le Château des Laudes. « Les laudes, ce sont les prières du matin, alors que l’angélus, c’est la prière du soir » se plait à remarquer le propriétaire, Bernard Artigue, avec un petit sourire riche de sous-entendu.

Donc relativement loin d’Angélus, en effet, puisque situé à Saint Christophe des Bardes, avec une parcelle de côte argilo-calcaire devant la maison, et une autre, plutôt sablo-argileuse, à Saint Laurent des Combes. Total : une production de vingt mille bouteilles de Saint Emilion Grand Cru. Le vin est vinifié dans des foudres de bois où l’on pige à la main, puis vieilli en barriques, dans la plus pure tradition.

L’encépagement comprend 75% de merlot et le reste en cabernet franc, assemblage classique qui donne la rondeur des tanins, l’agrément du fruit et l’aptitude au vieillissement. Les 2009 et les 2010 commencent à pointer leur nez de façon prometteuse. La vente est réservée aux particuliers, notamment dans la petite boutique attenante au chai.

Bernard Artigue cultive deux autres vignobles en Gironde avec sa femme et ses fils : le Château La Guillaumette et le Château Beaulé, tous deux dans l’entre deux mers, qui produisent des bordeaux rouges et blancs d’excellentes factures. Il faut dire que l’homme est du genre perfectionniste et que ses vins ont su gagner un large club d’amateurs. C’est sans doute pour cela que les viticulteurs girondins l’ont élu (et réélu) à la présidence de la Chambre d’Agriculture de la Gironde, où l’on est bien placé pour savoir faire du bon vin.

8 octobre, 2012 | Zoom | Découverte |

Le Domaine de Saumarez dans l’Hérault

Liz et Robin Williamson ont traversé la Manche en 2004 avec l’objectif de produire des vins rouges, blancs et rosés de qualité. Cet objectif est réalisé au Domaine de Saumarez, nom d’un amiral anglais ancêtre de Liz, situé à quinze minutes à l’ouest de Montpellier, sur la commune de Murviel-lez-Montpellier.

Le vignoble s’étend sur onze hectares, sur un terroir qui mélange quartz, schiste, calcaire et marne. La culture est désormais entièrement biologique, philosophie de respect de la nature, et de partage, qui a amené un système de parrainage des vignes. Tous les parrains viennent vérifier plusieurs fois par an l’état de « leurs » vignes, et ne manquent pas de trinquer à la santé de la famille Williamson.

Liz et Robin font partie de l’association des « Outsiders », qui regroupent des producteurs du Languedoc et du Roussillon, qui sont issus d’univers éloignés du vin.

DEGUSTATION

Le S blanc 2011, AOC Coteaux du Languedoc

Cépages grenache blanc, marsanne et roussanne, vendangés en cagettes; nez subtil avec parfums d’agrumes et d’abricot; en bouche, impression suave et minérale, avec une bonne persistance ; prix 7,50 euros à la propriété.

Le S rouge 2010, AOC Coteaux du Languedoc

Cépages grenache (70%) et syrah, robe grenat, nez d’amande et de fruits rouges ; en bouche, arômes de cerise, de muscade et de poivre, avec des notes épicées; ensemble harmonieux avec des tanins et un boisé équilibrés ; prix 7,50 euros à la propriété.

7 octobre, 2012 | Zoom | le Goût du Lieu |

Les Hauts de Talmont

Le petit village de Talmont, l’un des plus jolis de France, est situé en Charente Maritime, au bord de l’estuaire de la Gironde. Cet estuaire, le plus grand d’Europe, fait onze kms de large à cet endroit ; mais le Médoc et le Verdon sont bien visibles depuis la côte charentaise, ce qui confère au site une réelle et lumineuse beauté.

Mais l’autre richesse de Talmont est son église romane, qui a les pieds dans l’eau, et défie les marées depuis un promontoire rocheux ; c’est un superbe édifice qui date du onzième siècle, et demeure en très bon état grâce à de multiples rénovations. Rien d’étonnant à ce que le photographe parisien Michel Guillard soit tombé amoureux de Talmont il y a trente ans, et se passionne toujours pour ce lieu unique.

Michel Guillard se passionne aussi pour le vin, et a créé avec deux amis un vignoble sur le terroir calcaire de cette côte, les Hauts de Talmont. Il s’agit de cinq hectares du cépage blanc colombard, et de deux hectares de merlot, qui donnent des vins de pays charentais blancs et rosés, cultivés en biodynamie. Ces vignes sont plantées sur la Falaise dite du Caillaud, avec vue imprenable sur la mer … d’eau douce, exposées au grand soleil, et surtout au vent, qui aère en permanence les rangs enherbés.

Le terroir d’argiles fines sur socle de pierre est très favorable à la qualité des vins blancs, aux arômes d’agrumes, fins et élégants, qui accompagnent avec bonheur les poissons pêchés sous les fenêtres du vigneron. Une boutique située au coeur du village (très touristique en été) permet de bien connaitre la production viticole locale. Talmont a décidément bien des raisons d’attirer le visiteur. Renseignements sur le site internet des vins des Hauts de Talmont

3 octobre, 2012 | Zoom | Le rouge et le blanc |

Le Cumières rouge de chez Geoffroy

« La tradition du Cumières rouge remonte à mon grand-père qui a débuté l’élaboration après la deuxième guerre mondiale. Historiquement, nous sommes des fournisseurs de la restauration locale en terme de coteau champenois, pour certains établissement depuis 50 ans », explique Jean-Baptiste Geoffroy. Le champagne René Geoffroy a longtemps été implanté au cœur de la commune de Cumières, mais depuis quelques années, si le terroir exploité demeure inchangé, c’est désormais dans la cité agéenne qu’est implantée la maison reconnue notamment pour son rosé de saignée.

La couleur est une affaire de passion dans la famille Geoffroy. Pourquoi faire du rouge ? « C’est le terroir qui commande. Cumières est un lieu de prédilection, c’est un cru parmi les plus hâtifs de la Champagne. Nous avons des parcelles à forte précocité. Le sol offre un superbe support pour le pinot noir et le pinot meunier. » Jean-Baptiste rappelle que le rouge fait partie de l’histoire de la Champagne, c’est donc une tradition à ne pas oublier. Cela implique de faibles rendements, un maximum de maturité et un gros travail de tri, bien plus strict que pour le champagne. Sur les 14 hectares du vignoble, Jean-Baptiste en a sélectionné 2 qui ont le potentiel au regard de la qualité de vin rouge qu’il recherche.

« Il faut un maximum de maturité. Les parcelles sont des sélections de vieilles vignes à mi-côte, nous les avons bien identifiées. Des sols typiques pour les pinots de Cumières qui sont souvent élégants. Un goût marqué par la griotte avec une belle trame toute en finesse. » C’est ainsi que Jean-Baptiste Geoffroy dispose d’un beau trio dans sa gamme de coteaux champenois. Le Cumières traditionnel est un assemblage de 3 ou 4 années, majoritairement composé de pinot noir. Le millésime 2006 est un 100% pinot noir, qui devrait être suivi des millésimes 2008 et 2009. Quant au 100% meunier, il est issu de la vendange 2008. Sur ce vin, on ressent davantage le terroir. « Il sent la terre, il est un peu moins civilisé, il est remarquable sur la cuisine méditerranéenne », précise Jean-Baptiste, « alors que le pinot noir apparait plus soyeux, plus noble ».

- Champagne René Geoffroy. 4, rue Jeanson, 51160 Aÿ.

26 septembre, 2012 | Zoom | Cognac, Pineau & Vin... |

La Coopérative des Vignerons d’Oléron

L’Ile l’Oléron, en Charente Maritime, est une destination prisée des vacanciers. Connue pour son tourisme et ses huitres, elle se distingue aussi par ses vins et ses pineaux. Le vignoble oléronais est très ancien, et fut jadis cultivé par de multiples petits propriétaires. C’est aujourd’hui une coopérative unique, celle des Vignerons d’Oléron, qui regroupe 50% du vignoble, ses adhérents cultivant 320 hectares de vignes, destinées au cognac, au pineau, aux vins rouges, blancs et rosés.

Cette coopérative propose trois gammes distinctes : Terroir convivial, Terroir festif et Perles rares ; parmi ces dernières, une cuvée de vin de pays rouge de belle structure, au bouquet fruité et aux tanins fins, riche d’arômes de mûres, de prune et de vanille.

Le caveau de dégustation accueille l’amateur toute la semaine Avenue de Bonnemie à Saint Pierre d’Oléron.

25 septembre, 2012 | Zoom | Pionniers |

Dopff, les précurseurs du crémant

A Riquewihr, la famille Dopff est pionnière en ce qui concerne l’émergence de l’effervescence en Alsace.

D’ailleurs, l’arrière grand-père, Julien Dopff fut stagiaire à Epernay au sein de la prestigieuse maison de champagne Mercier en 1900. Désormais, sur les 70 ha exploités par la maison Dopff, ce sont 25 qui sont destinés au crémant. Ces vignerons de Riquewihr sont reconnus pour leurs cuvées marquées par la fraîcheur, tout en privilégiant l’aspect neutre et sec. A noter que tous les vins sont élaborés sans fermentation malolactique depuis 1994.

La gamme de vins effervescents se compose de 7 cuvées, dont une en hommage au précurseur « Julien ». Des vins qui rencontrent un bel accueil des dégustateurs tant sur le marché hexagonal qu’à l’étranger. A l’avenir, une cuvée bio devrait voir le jour.

- Dopff au Moulin, 2, avenue Jacques-Preiss – 68340 Riquewihr. Tél : 03 89 49 09 69

24 septembre, 2012 | Zoom | Naissance d’une marque |

'Léo de la Gaffelière', un condensé du bordelais

Nantie d’un Premier Grand Cru Classé de Saint-Émilion, Château La Gaffelière, la maison Malet Roquefort étend son savoir-faire à des vins bien plus abordables, conçus comme des essentiels du vignoble bordelais et portant ostensiblement sa griffe.

Créé en 1995, le groupe Malet Roquefort gère, outre Château La Gaffelière, deux autres propriétés familiales(1), et commercialise une gamme issue essentiellement du négoce, portant une étiquette commune, « Léo de la Gaffelière ». Cet intitulé évocateur s’allie des cautions rassurantes, celle du propriétaire, Léo de Malet Roquefort, et, bien entendu, le vocable prestigieux du Cru Classé. Plus prosaïquement, il s’agit de cinq vins formant un ensemble unique en son genre, puisque regroupant sous une même bannière des appellations parmi les plus significatives du bordelais : Saint-Émilion, Médoc et Bordeaux, dans les trois couleurs usuelles de l’appellation régionale.

La vocation de la gamme est d’être largement accessible (2), et pour cela, disponible dans la grande distribution française et à l’export. Issue partiellement (15 à 20%) de vignes en propriété, la cuvée en Saint-Émilion connaît un franc succès commercial, se prévalant d’une diffusion honorable de 200 000 exemplaires en 2011. La qualité de la marque a par ailleurs été reconnue par différents jurys et prescripteurs, y compris sur le plan international.

(1) Il s’agit de Château Armens, en Saint-Émilion Grand Cru, et de Château Chapelle d’Aliénor, en Bordeaux Supérieur.

(2) Prix indicatifs : 6 € pour les Bordeaux, 8/9 € pour le Saint-Émilion, le Médoc étant réservé à l’export.

4 septembre, 2012 | Zoom | Un incontournable de l’agritourisme |

Le Domaine Rocheville à Nyons dans la Drôme

Le Domaine Rocheville est situé à Nyons, au cœur de la Drôme provençale. Seule cave privée de la commune, cette propriété est devenue un lieu incontournable de l’agritourisme, et donc de l’oenotourisme, dans la région.

Brigitte et Jean-Marc Rocheville, avec leur fils Guillaume, ont pris l’option d’un accueil basé sur la diversité des animations et des productions. Avec un caveau lumineux et bioclimatique, une aire de service et de stationnement pour les camping-cars ouverte toute l’année, ils disposent d’outils performants pour recevoir les visiteurs.
Brigitte Rocheville, sommelière diplômée, propose tous les mardis un rendez-vous dégustation ; son mari fait visiter le domaine et ses diverses cultures : oliviers, vignes et fruitiers. Un sentier de promenade existe aussi pour deux heures de balade dans la nature. Le vignoble s’étend sur onze hectares, et produit des côtes du Rhône rouges, blancs et rosés, ainsi que des côtes du Rhône villages rouges. Ils forment la base de la production, à quoi s’ajoutent fruits de saison, huile d’olive, confitures et jus de fruits, tout cela issu de l’agriculture biologique.
Dégustation : Cuvée Cailloux 2009, côte du Rhône rouge : robe pourpre et brillante, nez de petits fruits, de cassis et d’épices, tanins présents sans agressivité, arômes de fruits mûrs et poivrés. Ce vin rond mais puissant accompagne la cuisine régionale, de type agneau, volaille, gibier ou truffes. Prix : 6,30 euros départ cave.
Domaine Rocheville, Route de Montélimar, 26 110 Nyons, téléphone : 04 75 26 35 20.
20 juin, 2012 | Zoom | Modernisme |

Château Pavie à Saint Emilion

Propriétaires du Château Pavie, à Saint Emilion, depuis 1997, Chantal et Gérard Perse n’ont jamais cessé depuis cette date d’investir dans leurs terres, d’accroître leurs vignobles, de développer la qualité de leurs vins, et finalement, d’augmenter leur emprise et leurs affaires dans la vieille cité girondine.

Les Perse qui travaillent désormais avec leurs fille et gendre, sont en fait à la tête d’une entreprise qui compte au total 60 personnes, où l’on compte un hôtel de prestige, Plaisance et son restaurant étoilé à Saint Emilion, Pavie, premier grand cru classé, les châteaux Monbousquet et Pavie Decesse, crus classés, le Clos Lunelles à Sainte Colombe dans les Côtes de Castillon, et Bellevue Mondotte, petit vignoble de deux hectares dans l’appellation Saint Emilion Grand Cru.

C’est bien entendu Pavie qui est le vaisseau amiral de cette belle flotte viticole, avec ses 37 hectares de vieilles vignes, où l’on compte environ deux tiers de merlots, assemblées dans le grand vin avec des cabernets. Les rendements sont volontairement faibles, autour de trente hectolitres par hectares, sur un terroir remarquable, connu sous le nom de « côte Pavie », composé d’un sol argilo-calcaire sur sous-sol calcaire, et d’un plateau calcaire, exposé au sud, qui domine la vallée de la Dordogne.

Les vins sont denses, puissants et dotés d’une opulence aromatique qui les rend agréables dans leur jeunesse. Mais leur forte constitution et leur complexité leurs permettent d’attendre des années en cave. On boira avec intérêt et surtout gourmandise les millésimes 1996, 1998, 2000, 2001, très parfumés, longs en bouche et étonnants de fraicheur, mais aussi les 2003, 2006 et 2008, délicieux mais à décanter sans faute une heure avant de servir.

Château Pavie fait désormais partie des stars de Saint Emilion, dans un style bien particulier, dont le modernisme a pu heurter quelques sensibilités locales. L’œnologue Michel Rolland n’est pas étranger à cette réussite, lui qui a accompagné les Perse dans leur démarche depuis le début. Aujourd’hui, c’est un chantier gigantesque qui est installé à Pavie pour construire un nouvel ensemble de bâtiments d’exploitation : cuvier, salle de dégustation, salle de réception, chai de mise en bouteilles, etc…. Au total, on prévoit 4.000 mètres cubes de béton et 180 tonnes d’acier !…

Tout cela sera inauguré au printemps 2013, avec la découverte du millésime 2012 en primeur. On reparlera donc de Château Pavie….

9 juin, 2012 | Carnets de Provence | Rosé au paradis... |

Château Léoube, dans le Var

Une révélation avec vue sur la mer…. Magnifiées par leur situation, non loin du Fort de Brégançon, les terres de Château Léoube forment un écrin rêvé pour la vigne et l’olivier. Une grande attention préside leur culture et fait que les différents produits en tirent un bénéfice d’autant plus net qu’ils sont élaborés consciencieusement et dans l’esprit d’un héritage.

Implantée sur la commune de Bormes-les-Mimosas, sur une partie du littoral totalement protégée, le vaste Domaine de Léoube (560 ha) comporte un vignoble de 62 ha, inclus dans l’aire délimitée des Côtes de Provence La Londe, une appellation d’origine à part entière. Entièrement reconfigurée lors de son rachat en 1997 par Sir Anthony Bamford, un industriel britannique, la propriété a vu sa direction d’exploitation confiée à Romain Ott, issu de la célèbre dynastie fondatrice des domaines du même nom.

Le terroir tire parti de sa proximité immédiate de la mer. Ainsi, son climat est-il toujours préservé des extrêmes saisonnières et, grâce aux entrées maritimes, bénéficie d’un régime hydrique satisfaisant les besoins de la vigne, malgré des précipitations modérées. D’autre part, le mistral et autres vents qui s’y exercent avec constance contribuent à un bon état sanitaire du raisin. La nature des sols y est variée (schistes, argiles, sables) et permet de bonnes adéquations avec les différents cépages. Parmi ceux-ci, les essences les plus traditionnelles (grenache, cinsault) dominent, complétées par celles ayant fait souche dans la région (syrah, cabernet sauvignon, sémillon.) Largement remanié et agrandi depuis sa reprise, le vignoble est conduit de manière à préserver un écosystème aussi mirifique, faisant que, depuis l’an dernier, l’agrobiologie y est la règle.

Si la production des rosés est dominante (70%), elle se situe en deçà de la moyenne régionale (87%.) Sa singularité se poursuit par un mode d’élaboration où la fermentation malolactique(*) est accomplie, à contrario de la technique qui prévaut quasiment partout. Il en résulte des expressions dites variétales, moins vives et aromatiquement moins flatteuses en comparaison du modèle habituel en rosé. En contrepartie, ce parti consolide la fraîcheur de fruit et privilégie la sensation de matière, caractère suggérant l’orientation gastronomique de son produit. Cela étant, dans leur ensemble, les vins de Château Léoube se définiraient comme des produits de gourmets, dans un style qui doit aussi au terroir, et dont l’ambition se défie des artifices (M. B.).

Nos vins préférés, tous en AOC Côtes de Provence :

Château Léoube rosé 2011 « Le Secret de Léoube »

Il exhale une sève délicatement fruitée et présente un volume fastueux, à la mesure de sa substance ; 18,50 euros.

Château Léoube rouge 2010

Une ligne foncièrement gourmande caractérise une expression pleine de fougue, sapide à souhait ; 14 euros.

Château Léoube rouge 2008 « Les Forts de Léoube »

Ici, les senteurs jouent l’attrait de leurs nuances, tandis que la texture, fraîche et fruitée à cœur, demande encore à s’affiner ; 18 euros.

(*) fermentation malolactique : elle se produit naturellement après la fermentation alcoolique, et se traduit principalement par une diminution de l’acidité.

8 juin, 2012 | Zoom | Découverte |

Château des Moriers à Fleurie

Une étoile est en train de se lever dans le ciel du beaujolais. Une étoile encore petite dont le scintillement demeure à ce jour discret, mais tout porte à croire qu’elle va briller de plus en plus.

La famille Monrozier est établie dans les vignes du beaujolais depuis six générations, et elle a donné son nom à son vignoble connu au 19ème siècle et surtout au 20ème sous le nom de Domaine Monrozier. Mais depuis la reprise de la propriété par Gilles Monrozier, le vin s’appelle Château des Moriers, et le domaine vit une véritable renaissance.

Toute la famille Monrozier s’emploie désormais à produire un parfait échantillon de ce qu’on appelle les nouveaux beaujolais, par opposition au « beaujolais nouveau », qui a égratigné à la fin du siècle dernier l’image et la qualité de ce terroir. Le Château des Moriers représente huit hectares de vignes à Fleurie, et un hectare à Moulin à Vent, ce qui signifie que l’on fait ici des vins de crus. Parfaitement équilibrés, tendres et parfumés avec des tanins doux et beaucoup de fraîcheur, ces vins illustrent à merveille le renouveau et les potentialités des crus du Beaujolais, longtemps éclipsées par le marketing des vins primeur.

Cette nouvelle étiquette a commencé sa vie commerciale dans les restaurants parisiens, ainsi qu’en Grande Bretagne. Gilles Monrozier se dépense inlassablement pour promouvoir « son » vin avec chaleur et sincérité. Sa sœur et sa fille Anne-Victoire s’y emploient avec une égale ténacité. Les Monrozier, qui se sont fait un nom dans la presse, ne vont pas tarder à s’en faire un autre dans le vin.

7 juin, 2012 | Zoom | Le Plus de l'élégance |

Château La Fleur de Bouard à Lalande de Pomerol

Hubert de Bouard est une des figures les plus en vue du monde viticole bordelais. A la tête du Château Angelus, il a non seulement entièrement rénové ce domaine, mais il l’a hissé en tête de son appellation, parmi les premiers crus classés de Saint Emilion. Associé et consultant dans  plusieurs entreprises de négoce ou de viticulture, tant en France qu’à l’étranger, il est aussi propriétaire d’un château  dans l’appellation Lalande de Pomerol : La Fleur de Bouard.

Le vignoble s’étend sur 25 hectares, plantés de merlot (80%) et de cabernets, à une densité forte de 8.500 pieds à l’hectare. On y remarque deux terroirs bien distincts : 17 hectares d’argiles sur le plateau de Néac, et 8 hectares de gros galets et de cailloux roulés, ressemblant à s’y méprendre à ceux de Châteauneuf du Pape.

Respectant les différentes natures de ces sols, il y élabore deux vins également différents : le Château La Fleur de Bouard vieillit deux ans en barrique, et constitue un vin élégant et friand, bien marqué par le merlot. La belle cuvée « Le Plus de la Fleur de Bouard », encensée par les dégustateurs internationaux, est issue de vieilles vignes à petit rendement. L’éraflage est effectué à la main, et les vinifications sont perfectionnistes, dans des cuves inox de faible capacité. Ce vin vieillit trois ans dans le bois neuf. Après quoi, il donne à l’amateur une bouteille remarquable, aux tanins soyeux et doux, où se mêlent les arômes de chocolat et de café.

Ainsi, cette propriété est-elle une sorte de laboratoire grandeur nature pour Hubert de Bouard et ses quatre enfants, qui se passionnent pour ce terroir à très forte potentialités. L’étiquette La Fleur Saint Georges, ancien nom du domaine, habille le second vin de la propriété.

15 mai, 2012 | Zoom | Découverte |

Château Bouisset (Christophe Barbier) à La Clape

C’est toujours avec un grand plaisir que je m’arrête pour une halte gastronomique à la Bergerie d’Aragon,  table étoilée, nichée au coeur du pays du Cabardes à quelques encablures de la cité de Carcassonne.

Priscillia, épouse du chef Fabien Galibert, aime conter avec son accent chantant les vins de sa région, servis aux verres sur leur menu « logis ».

Mon palais aiguisé a retenu un vin blanc IGP, Côtes de Perpignan 2010 « les terres salées », qui accompagnait mon homard en quatre « c » (carotte – céleri – choux de Bruxelles – consommé) association parfaite pour ce vin de Christophe Barbier, vigneron situé à la clape.

Un vin blanc issu du bourboulenc qui est le plus vieux cépage implanté dans ce massif. Le terroir est argilo-siliceux, ancien marais salant planté franc de pied pour partie. Sous sol salé, inondé l’hiver pour faire pression sur la nappe salée et éviter les remontées de sel.Ce qui donne un vin étonnant, frais et intense qui offre une finale longue et iodée pour ne pas dire saline.

Autres vins de la propriété à découvrir chez Christophe Barbier, l’AOP Coteaux du Languedoc 2010 « les bécassines ». Bel assemblage de grenache 80%, carignan 10% et syrah 10%. C’est un vin fruité, équilibré et structuré. On en redemanderait….

Pour les amateurs de merlot, le vigneron élabore un vin de pays Côtes de Perpignan 2009 « terres salées » à la structure ample et élégante. Un vin savoureux.

Un conseil,  le couple restaurateur Galibert et le vigneron Christophe Barbier devront désormais figurer dans votre carnet d’adresse.

Prix des vins

- Terres salées blanc : 12 €

- Terres salées rouge : 15 €

- Les Bécassines rouge : 6 €

Château Bouisset,

route des vins

direction les cabanes de fleury

11560 fleury d’aude, T : 04.68.33.60.13

Restaurant la Bergerie, allée Pech Marie, 11600 Aragon,  T : 04.68.26.10.65

10 mai, 2012 | Zoom | Terroir et Famille |

Château La Baronne dans les Corbières

Le vignoble de La Baronne s’étend sur 80 hectares, sur les pentes de la Montagne d’Alaric, dans l’appellation Corbières. Il est précisément situé dans le village de Fontcouverte, où les frères Lignères cultivent pas moins de huit cépages rouges et blancs.

La famille Lignères représente une très ancienne lignée de viticulteurs dans l’Aude, depuis le seizième siècle, et si Jean et Paul sont médecins, ils sont aussi vignerons, et tellement attachés à leur vignoble qu’ils l’ont converti en agriculture biologique. Ils produisent une dizaine de cuvées différentes, qui se situent dans le haut de gamme de l’appellation, à des prix qui évoluent dans une fourchette de 8 à 30 euros la bouteille.

On appréciera par exemple des blancs vifs et délicats, dont la robe pâle mais brillante signe l’élégance. Ils sont à base du cépage roussane et baptisés Las Vals. Ils se recommandent par leur netteté, conséquence de leur terroir : « La Montagne d’Alaric, c’est une grosse masse calcaire, qui vit comme une éponge, et qui garde tout l’été de la fraîcheur et de l’humidité » explique Jean Lignères.

Mais le vrai trésor de La Baronne, c’est la cuvée Pièce de Roche, environ dix mille bouteilles issues d’une parcelle de très vieux pieds de carignan, âgés de 120 ans ! La famille Lignères ne cache pas sa « particulière affection pour le carignan », cépage bien traditionnel des Corbières, taillé ici en gobelet et produisant 25 hectolitres par hectare. Ce sont des rouges remarquables, longs et complexes, qui ont fermenté en foudre puis vieilli en barriques, dont les prix et la qualité sont très au-dessus du standard des Corbières.

L’ensemble des vins de La Baronne, vins de pays et vins d’appellation, méritent l’intérêt de l’amateur ; ils sont vendus pour l’essentiel en Europe et en Asie, mais aussi à la propriété, qui se trouve 21 rue Jean Jaurès à Moux dans l’Aude. Tel. 04 68 43 90 20.

3 mai, 2012 | Zoom | Anniversaire |

Château Ramage La Batisse dans le Médoc

Le Château Ramage la Batisse, cru bourgeois situé à Saint Sauveur, dans l’appellation Haut Médoc, fête cette année son cinquantième anniversaire. C’est en effet en 1962 que Francis Monnoyeur, homme d’affaires dynamique et entrepreneur de travaux public, acheta la propriété de Tourteran, avec quatre hectares de vignes à Saint Sauveur, et y agrégea diverses parcelles tout autour, au point de constituer un vignoble de 66 hectares. L’ensemble prit le nom de Ramage la Batisse.

Avec seulement cinquante ans d’ancienneté, le cru fait figure de jeune premier dans un Médoc où les propriétés ont généralement deux siècles de bons et loyaux services derrière elles. Mais l’étiquette n’a pas ici à rougir de sa jeunesse, pas plus que le vin de sa qualité. Depuis 1986, un nouveau propriétaire a succédé à l’actif MonsieurMonnoyeur en la personne, si l’on peut dire, de la MACIF, Mutuelle d’Assurances des Commerçants et Industriels de France. Ses cinq millions de sociétaires sont autant de clients potentiels des vins de la MACIF, qui contrôle aussi le Château Belcier, dans les Côtes de Castillon, près de Saint Emilion.

La MACIF a aussi la particularité de posséder une petite maison de négoce, Gironde et Gascogne, que dirige Hélène Durand à Bordeaux. Cette société repose sur un réseau d’agents qui vendent dans toute la France et à l’export, aux cavistes, restaurants et particuliers, non seulement les vins de la maison, mais d’autres vignobles. Cette présence dans le circuit hôtelier vaut à Ramage la Batisse d’être le vin de référence de la brasserie Lipp à Paris, tant au verre qu’en bouteille.

Ramage la Batisse est aujourd’hui une entreprise de 16 personnes, que dirige Jean-Paul Thibaut, avec le soutien de Georges Pauli, œnologue consultant. Le vignoble est planté de 50% de cabernet sauvignon, 40% de merlot, le reste en petit verdot et cabernet franc, autant dire un encépagement classiquement médocain, sur un plateau d’un seul tenant, avec des terroirs un peu composites où alternent graves, sables, argiles, quelquefois mélangées.

Ces terroirs produisent quatre vins différents : deux  crus bourgeois,Tourteran et Ramage la Batisse, un excellent rosé, la Rosée de Ramage, et un second vin, l’Enclos de Ramage. Les vins rouges de Ramage la Batisse sont bien typiques de leur appellation, très classiques, un peu droits, mais nets et élégants. Ils sont taillés pour la route, et les bonnes années affrontent quinze ans de cave sans faiblir.Les derniers millésimes sont bien réussis, avec un coup de cœur pour les 2003, 2005 et 2008, où l’on retrouve une sève bien médocaine, une puissance contenue et une vraie opulence aromatique. Un agréable bouquet aux senteurs de fraise et de framboise s’invite parfois à la dégustation.

2 mai, 2012 | Zoom | Castillon |

Les quatre vies du Château Beynat

Le vignoble du Château Beynat s’étend sur la commune de Saint Magne de Castillon, en Gironde, dans l’appellation Côtes de Bordeaux. Il représente quinze hectares de vignes rouges, cultivées en agriculture biologique, et appartient à deux propriétaires, Nathalie Boyer et Alain Tourenne. C’est une propriété restée toujours dans la même famille depuis qu’en 1917 l’arrière grand-père, Léonard Nebouten fit l’acquisition, alors qu’il était quincaillier à Castillon la Bataille.

C’est pour rendre hommage à sa mémoire qu’existe une Cuvée Léonard, à base de merlot (50%) et de cabernet sauvignon, élaborée comme un grand cru, et élevée pendant un an en barrique. Le Château Beynat produit aussi une cuvée de 5.000 bouteilles de Saint Emilion, issue d’un hectare de cabernet franc et cabernet sauvignon à Saint Etienne de Lisse, dans l’appellation Saint Emilion, qui permet à l’amateur de mettre sur sa table pour 13 euros un bon vin à bon prix. Le Château Beynat produit encore un excellent rosé, baptisé BeynatPink, issu de vignes de malbec et cabernet.

Ces trois cuvées bien différenciées s’ajoutent aux trente mille bouteilles de Château Beynat, le grand classique du domaine, plus marqué par le merlot, sur un terroir argilo-calcaire exposé au sud. Pourquoi une culture biologique ? « Parce que le bio permet de révéler le terroir, et de faire des vins près du fruit avec des vinifications parcellaires » répond d’emblée Nathalie Boyer. Ces vins sont vendus chez les cavistes, en direct aux particuliers et dans les salons spécialisés. Encore peu connue, l’étiquette de Beynat ne devrait pas tarder à s’attirer un large club de supporters.

13 avril, 2012 | Zoom | Cuisine |

Tradition et gastronomie chez les Brice

Des recettes vigneronnes du temps jadis et des mariages savoureux se donnent rendez-vous chez le champagne Brice, à Bouzy.

Depuis qu’il a passé la main à son fils, Jean-Paul Brice s’est amusé à redécouvrir d’anciennes saveurs. « C’est vraiment de la cuisine toute simple, des recettes héritées de mon enfance », souligne le gourmet. « Les ingrédients sont ceux d’une ferme. Il faut savoir que si la famille, a toujours connu des vignerons, la polyculture et l’élevage faisaient partie de la vie. Dans le temps, tous les villages de vignerons, disposaient de cuisinières.

Ces dames intervenaient pour les repas de famille, et disposaient également de petites mains pour  le service des plats », raconte Jean-Paul. « Elles pouvaient assurer des banquets jusqu’à 100 couverts. Les quelques recettes que je réalise me viennent d’une de ces anciennes cuisinières de village qui est toujours vivante. Bien entendu, cette fonction a disparu de nos jours, mais j’ai été heureux de mettre la main sur la composition de quelques plats faisables avec les produits des environs.

Il convient de noter que plusieurs cuisinières sont devenues restauratrices et ont fini par coucher sur le papier certaines de leurs préparations, voire parfois créations. Le gourmand retraité régale donc depuis quelques temps sa famille, avec par exemple du gâteau au champagne. « Ce n’est pas compliqué, et c’est bon », ajoute Jean-René, le fils. « Nous le servons généralement avec notre cuvée brut Tradition, un champagne rond et fruité qui a du caractère (80% pinot noir, 20% chardonnay). Ce vin a pour base principalement la vendange 2006.  Le fruit est présent en bouche avec des arômes de pêche. Il faut savoir que le pinot noir va bien sur les desserts, et notre vignoble dispose d’une belle exposition sud qui donne des vins aromatiques ».

Champagne Brice, 22, rue Gambetta – 51150 Bouzy. Tél. 03 26 52 06 60.

www.champagne-brice.com

11 avril, 2012 | Carnets de Provence | Rénovation et restructuration |

Domaine Saint-Andrieu, deux reflets de la Provence

Située dans le Haut-Var, à cheval sur les Côtes de Provence et les Coteaux Varois, cette propriété fait valoir un terroir privilégié, devant autant à un microclimat qu’à un environnement très préservé. Profondément remanié depuis sa reprise, son vignoble transpose ces avantages dans des expressions saines et pleines d’allant.

Le Domaine Saint-Andrieu a été repris en 2003 par Jean-Paul Brignon et Nancy Bignon-Cordier, qui veillent par ailleurs aux destinées de Château Talbot, grand cru classé de Saint-Julien, dans le Médoc. La propriété s’étend sur la commune de Correns, connue pour être le premier « village bio » de France. Implanté en altitude (380 m), sur un sol calcaire, le site tire en outre parti de sa proximité du massif du Bessillon, soit un contexte avantageux pour l’acidité et le potentiel aromatique des raisins.

Après son acquisition, l’exploitation a été entièrement restructurée, suivant les choix de son responsable, Grégory Guibergia. Côté vignes, une large campagne de replantation a présidé à ce remaniement, avec notamment l’adoption de cépages inattendus sur un tel secteur, comme le mourvèdre et le cabernet sauvignon. Une autre particularité du domaine vient de sa répartition sur deux appellations, avec 12 ha en Côtes de Provence et 8 ha en Coteaux Varois.

Cette situation donne lieu à deux gammes de vins parallèles, sauf en blanc. Sans être en bio, la conduite d’ensemble se rapproche d’une viticulture durable et parvient ainsi à tirer profit d’un vignoble pourtant jeune. Ainsi, le terroir transparaît clairement dans le caractère minéral partagé par les différentes cuvées. D’autre part, le style des vins ne relève pas d’une technicité outrancière, avec des rosés sur un ton variétal, un blanc élaboré sans recours au fût, et des rouges où le naturel n’est pas sacrifié.

DEGUSTATION

  • Côtes de Provence rosé 2011 : un rosé privilégiant habilement une matière autrement soulignée par un fruité pénétrant. 8 €
  • Côtes de Provence blanc 2010 : allure suave et harmonieuse, doublée d’un fond savoureux où s’insinue une trame minérale. 9 €
  • Côtes de Provence rouge 2010 : parfumé, profil ample et souple, assumant une ligne tannique fine et fraîche. 9 €
  • Coteaux Varois en Provence rosé 2011, « L’Oratoire Saint-Andrieu » : un rosé aromatique et léger de corps, plutôt à vocation apéritive. 7 €

Domaine Saint Andrieu

Chemin Saint Andrieu

83570 Correns

Tél. : 04.94.59.52.42
www.domaine-saint-andrieu.com

3 avril, 2012 | Zoom | Visionnairement Biodynamique |

Le Domaine Duseigneur dans le Gard

Les frères Duseigneur possèdent un vignoble de trente hectares de Côtes du Rhône, dans les appellations Laudun et Lirac, à Saint Laurent des Arbres, au nord d’Avignon, mais dans le département du Gard.

Associés à un autre vigneron, Philippe Chatillon, et au sommelier bien connu Philippe Faure-Brac, ils se sont lancés dans la viticulture biologique, et cultivent ainsi les cépages cinsaut, mourvèdre, syrah et grenache pour les rouges, bourboulenc pour les blancs.

Leur terroir de coteau est recouvert de galets aussi gros qu’à Chateauneuf du Pape, et reçoit le mistral aussi souvent qu’il souffle ; sous le boutoir de cette ventilation, on devine un état sanitaire des vignes exceptionnel. La pureté des vins, leur puissance et leur richesse, reflètent cette situation. Quatre cuvées de rouges sont proposées entre 8 et 20 euros ; on peut déguster et acheter à la propriété.
Le Domaine Duseigneur se visite tous les jours sur rendez-vous, et le site mérite un détour. En outre, tous les jeudis, baptisés les Jeudis du Seigneur, on vous expliquera les mystères de la biodynamie, la qualité de certaines plantes sauvages, l’intérêt des tisanes ; bref, un édifiant retour à la nature.
L’adresse est facile à retenir : le Domaine Duseigneur se trouve rue Nostradamus !….
23 mars, 2012 | Zoom | Belle émotion provençale |

Domaine de l'Angueiroun à Bormes les Mimosas

Cette fin d’après midi n’était pas vouée à la dégustation, mais le panneau publicitaire en forme de chariot annonçant « vente de pommes » du domaine de l’Angueiroun m’a fait faire un demi tour pour accéder à cette petite route qui traverse les vignes avec une vue plongeante sur le Lavandou et la Méditerranée.

Après avoir acheté mes pommes, Marie-Anne Mallarino, responsable du caveau, me proposa de déguster l’ensemble de la gamme du domaine de l’Angueiroun.

Elle m’expliqua qu’en 1998, Eric Dumon, le propriétaire, avait repris ce domaine de Bormes les Mimosas créé en 1931 sur une ancienne réserve de chasse où il y avait des retenues d’eau dans lesquelles se trouvaient des petites anguilles. D’où le nom d’Angueiroun « la petite anguille » en Provençal.

La présentation et le conditionnement des bouteilles sont soignés, il faut dire que l’épouse d’Eric Dumon est décoratrice.

Blanc, rouge ou rosé, en allant des plus petites cuvées aux cuvées prestiges, la qualité est au rendez-vous.

Je retiendrai cependant… la nouvelle cuvée Enkhelis ,un rosé élaboré principalement à partir des vieilles vignes de grenache et de tibouren élevé sur lies en barriques neuves de quatre cent litres pendant sept mois .

Un rosé de repas, il possède la fraicheur et la longueur appropriées pour un filet de cabillaud en croûte de chorizo par exemple .

La cuvée Iris réserve blanc 2010 m’a séduit par son nez expressif aux notes de brugnons est idéale à l’heure de l’apéritif.
La valeur sûre du domaine est sans conteste la cuvée Prestige rouge 2009 qui provient de vignes en coteaux orientées au soleil levant vers la baie de Bormes les Mimosas et du Lavandou, à proximité de la mer, sur des sols schisteux riches en mica, quartz et argilo sableux .

J’apprécie cette cuvée pour son ampleur et sa maturité. A passer en carafe pour déguster avec une brochette d’agneau marnée au thym.

Un domaine qui vaut le détour sur cette bordure maritime du var .

Domaine de l’Angueiroun
1077 chemin de l’Angueiroun
83230 Bormes les Mimosas
T : 04.94.71.11.39

Prix des vins dégustés :
21 € le rosé Enkhelis
8.90 € le blanc Iris
13.50 € le rouge Prestige

23 mars, 2012 | Zoom | Tradition, élégance et savoir-faire |

Trimbach : des vins de gastronomie

Les vins de la prestigieuse maison Trimbach de Ribeauvillé perpétuent les symboles de tradition, d’exigence et de savoir-faire.

La famille Trimbach est installée en Alsace depuis 1626. Désormais, la 13e génération de vignerons règne sur un vignoble de 40 hectares. Ne sont sélectionnés que les meilleurs raisins afin d’obtenir des vins d’une grande qualité. Pierre Trimbach pratique l’art de l’équilibre. En témoigne le difficile exercice de maîtriser l’acidité tout en gardant la tension qui tient les vins dans le temps.
Le pinot blanc est le cousin du chardonnay réputé de la Champagne. Un vin sec, convivial, parfait pour une ouverture de repas. Presque un vin de soif tout en simplicité, s’alliant remarquablement avec un plat légèrement épicé.

Caractéristique du terroir de Ribeauvillé et logiquement sec pour le plaisir du repas, le riesling 2009 est une cuvée avec peu de sucre résiduel offrant une trame droite et pure. Un vin qui n’est pas encore totalement terminé, avec déjà quelques aromes « pétrole ».
La maison propose également un riesling provenant de vignes de 50 ans d’âge, implantées juste derrière l‘exploitation. La fermentation a été poussée au maximum, et après 5 années en bouteille, ce vin exprime toute sa minéralité. Un pur jus de raisin au goût spécifique de pétrole et de fleur blanche.
Quant au gewurztraminer « Seigneurs de Ribeaupierre » 2004, il s‘agit d’un vin floral et épicé, remarquable compagnon d‘un Munster fermier.

Enfin, les arômes de mangue, ananas, litchi et abricot d’une vendange tardive subliment les desserts aux fruits. La cuvée 2005 est spécifique des vins surmaturés. Ses 60 g de sucre résiduel ne le privent pas d’une belle fraîcheur, et d’un équilibre quasi magique. Au total, les vins de la maison Trimbach s’imposent sur un plan gastronomique de premier ordre.

2 mars, 2012 | Zoom | Élégance et finesse |

Château Guadet à Saint Emilion

Elie Guadet fut avocat, et député de la Gironde lors de la naissance de la république, mais au même titre que d’autres Girondins poursuivis par la Convention, il fut guillotiné en 1794. La rue principale de SaintEmilion porte son nom, que le Château Guadet perpétue également, comme celui d’un enfant du village dont le père était maire, et dontl’Histoire a gardé le souvenir.
Jusqu’en 2005, le Château Guadet s’appelait Guadet Saint Julien, mais pour cause d’homonymie avec le Clos Saint Julien voisin, et pour éviter toute confusion avec l’appellation Saint Julien, dans le Médoc, il a raccourci son nom. Ici, nous sommes bien à Saint Emilion, et le Château Guadet fait partie des crus classés de l’appellation. Il appartient à la famille Lignac, Guy et son fils Vincent, aux commandes d’un vignoble de 5,70 hectares, planté de merlots (80%) et de cabernets francs.
Ce vignoble, situé à l’entrée de Saint Emilion, est conduit en agriculture biologique. Il est vinifié en cuves béton, et s’élève 18 mois en barrique. Chaque parcelle est vinifié à part, pour donner du poids à l’expression du terroir, et Bernard Ginestet a raison d’écrire que « Les vins de Guadet sont riches en arômes, et permettent un vieillissement de plusieurs années ».
En fait, il s’agit de vins bien typés Saint Emilion, avec cette structure classique qui marie finesse et fermeté ; les derniers millésimes montrent des tanins de plus en plus gracieux, mais on reste confondu par la jeunesse de certaines années, tel cet étonnant Guadet 1962 auquel on donnerait vingt ans de moins.
Les vins sont distribués par le négoce de Bordeaux, et bien vendus sur les grands marchés de l’exportation. Mais les Lignac pratiquent la vente sur place et reçoivent les amateurs sur rendez-vous. C’est une bonne occasion de visiter un vrai chai souterrain de Saint Emilion, creusé dans la pierre, et parfaite illustration d’une authentique carrière. On ne peut pas se tromper. La maison se trouve… rue Guadet !

29 février, 2012 | Zoom | ça - i bèver un cop ! |

Le Clos Lapeyre à Jurançon

Jurançon est une petite appellation des Pyrénées Atlantiques, dont les vins blancs sont connus depuis Henri IV (au moins), et portent haut l’emblème de l’art de vivre béarnais. On y trouve une cave-coopérative importante et active (à Gan, au sud de Pau), et une centaine de producteurs indépendants, qui cultivent environ 500 hectares.

C’est un pays de polyculture, où il n’est pas rare que le viticulteur soit aussi éleveur ou maïsiculteur, mais où la tradition de l’exploitation familiale est restée forte.
Jean-Bernard Larrieu est de ces hommes attachés à leurs jolis flancs de montagne, dont le Clos Lapeyre, situé à Chapelle de Rousse, est certifié en agriculture biologique depuis 2005. Sur 18 hectares de vignes, J.B. Larrieu réussit à vinifier six cuvées différentes, trois en blanc sec, trois en blanc moelleux. L’homme cultive les cépages traditionnels du Béarn : petit manseng et gros manseng, mais aussi courbu et camaralet, ces deux derniers devenus plus rares.
Les blancs secs représentent la moitié de la production totale, et étonnent par leur intense expression aromatique, et leur longévité. Une vieille parcelle, plantée de vignes de plus de 60 ans, donne une cuvée « Vitatge Vielh », élevée un an sur lies et bâtonnée, qui piègera bien des connaisseurs.

Les vins moelleux se dégustent aussi bien à table, qu’à l’apéritif, au dessert et pendant tout un repas. Ils ont cette vivacité propre au Jurançon, et cet équilibre qui marie la fraîcheur et le sucre. Idéal avec un poulet rôti, des pâtisseries, des huitres, des tapas…. Ces vins d’artisan passionné et sincère n’arrivent pas tout seuls : les vendanges sont assez tardives, en plusieurs tries, souvent jusqu’en décembre. Le terroir est si pentu qu’il y faut un tracteur à chenille pour travailler dans les rangs, et les terrassements sont indispensables.
Jean-Bernard Larrieu est membre d’une intéressante association de sept viticulteurs du sud-ouest, Expression de terroir, fondée par un groupe de copains de Fronton, Cahors, Gaillac ou Armagnac. Le siège est au Château Lamartine, à Soturac dans le Lot.

16 février, 2012 | Zoom | Découverte d'un Vigneron Paysan |

Le Cellier des Cray en Savoie

Seulement cinq hectares et treize cuvées différentes ! On peut dire qu’Adrien Berlioz fait dans la dentelle. En fait, on hésite à appeler producteur un véritable jardinier, qui travaille chaque pied de vigne comme on bichonne ses rosiers et qui se définit lui-même comme un vigneron paysan.

Adrien Berlioz est installé au Cellier des Cray, à Chignin, près de Chambéry, en Savoie. Il cultive cinq cépages en agriculture biologique : le persan, la mondeuse noire, l’altesse, la roussane qu’il appelle le bergeron, et la jacquère. Le persan et la mondeuse sont destinés à produire des vins rouges et la rareté de ces cépages dit assez l’engagement du vigneron pour des vins non standardisés, uniques reflets de leur terroir, de leur climat et de la tradition locale.

La jacquère et l’altesse (ou roussette) sont des cépages blancs connus dans les Alpes. Au Cellier des Cray, Adrien Berlioz se régale avec ces vieux cépages devenus rares, qui donnent des vins différents, sur des terroirs d’éboulis, de calcaire ou de terres rouges, bien ensoleillés. « Les vieux du pays nous ont transmis beaucoup de choses, mais c’était dans le seul but d’approfondir la qualité des vins. Le bio, c’est le côté paysan de notre métier » dit-il. Et de raconter ses expériences d’élevage en barriques d’acacia comme ses voisins suisses, ou en amphore de terre cuite, toujours à la recherche de procédés nouveaux, s’ils doivent améliorer telle ou telle cuvée typiquement savoyarde.

Les vins des Berlioz se vendent entre 8 et 20 euros au consommateur, on les trouve au domaine, à l’export et dans certains restaurants. Le Cellier des Cray a été créé seulement en 2006, il est donc tout jeune, mais promis à un bel avenir, grâce à la volonté des Berlioz de ne pas faire les mêmes vins que tout le monde, et en sauvegardant la culture des vieux cépages de la Savoie. Ses vins blancs secs sont particulièrement recommandables, par leur pureté et leur originalité, tant à l’apéritif qu’à table.

6 février, 2012 | Zoom | Une vie après le rosé |

ZOOM sur les Coteaux d’Aix : les rouges envers et contre tout

En accaparant 81 % de son produit global, le rosé tend à donner une image monochrome des Coteaux d’Aix. Pourtant, ses domaines phares sont moins en phase avec ce courant dominant et continuent de faire valoir les rouges, en maintenant un volume de production plus qu’honorable. Lointaine tradition du vignoble, les rouges n’ont représenté que 14% de sa récolte 2011, une part bien modeste lorsqu’on la compare aux 61% que la couleur s’octroyait en 1985, année de l’accession à l’AOC. Quant à la progression du rosé, amorcée dès le tournant des années 80 (51% de rosés en 1989), elle s’est depuis affirmée et a progressé au point d’atteindre le pourcentage que l’on sait, resté stable depuis 2007.

Pour éloquent qu’il soit, ce constat vaut moins pour les domaines les plus en vue, lesquels produisent encore quelque 40% de rouge. Ce pourcentage correspond à la moyenne des neuf membres de l’association Aix en Vignes, laquelle rassemble les propriétés parmi les plus dynamiques du vignoble aixois (¹). Il faut dire que ces dernières ont gagné leur reconnaissance à travers des rouges ambitieux, florilèges de toute une appellation et fruits d’assemblages atypiques pour des vins méridionaux.

C’est en effet l’apport du cabernet sauvignon, agréé dans les cépages principaux par le décret fondateur de l’appellation (²), qui a façonné bon nombre de cuvées et donné un air de famille aux Coteaux d’Aix. Grâce à l’impact de tels rouges, l’appellation s’est identifiée à la couleur, jusqu’à ce que sa forte orientation en rosé vienne en troubler l’image. Impliquant en priorité des coopératives et des propriétés de moindre notoriété, ce phénomène, salutaire sur l’aspect économique, n’a pas empêché une élite vigneronne de rester fidèle sa vocation initiale.

(¹) Membres actuels d’Aix en Vignes :
Château Bas, Domaine Les Bastides, Domaine Les Béates, Château de Beaupré, Château de Calavon, Château Calissanne, Domaine de La Réaltière, Château Revelette, Château Vignelaure.

(²) Depuis le décret du 30 mars 2009, le cabernet sauvignon est passé en cépage accessoire.

16 janvier, 2012 | Zoom | Un trésor pour les amateurs de terroirs |

Château Gigault en Gironde

Le petit village de Mazion, tout près de Blaye en Gironde, ne possède que 400 habitants, mais revendique 17 exploitations viticoles. La vigne occupe la moitié de la surface totale de la commune, et dans ce pays rural jadis réputé pauvre, constitue la seule vraie richesse.

Depuis le 19ème siècle, le Château Gigault figure en tête des domaines viticoles de Mazion, ce qui s’explique par la qualité de son terroir. La maison elle-même est un ancien relais de poste du 18ème siècle, qui servait d’auberge et servait à boire le vin du cru. Le chai attenant en belles pierres, illustre l’ancienneté de ce cru, qui bénéficie depuis peu d’un regain de notoriété justifié.
Il faut dire que Christophe Reboul-Salze n’a rien épargné depuis 1998 pour monter aussi haut que possible la qualité des vins. Ils sont issus d’un vignoble de 18 hectares, plantés de merlots et de malbecs, sur un terroir d’argiles plus ou moins sableuses et limoneuses, sur socle calcaire. Conseillé par Stéphane Derenoncourt,  Christophe Reboul – Salze, par ailleurs négociant à l’enseigne de The Wine Merchant (1), cherche la finesse, l’élégance, l’harmonie des arômes, la douceur des tanins, et l’aptitude au vieillissement.

Deux vins rouges sortent du chai : le Château Gigault classique, qui représente un tiers de la récolte, et la Cuvée Viva, le grand vin, vendu en primeur aux négociants de la place de Bordeaux, ce qui est rare pour un cru d’appellation Côtes de Bordeaux. Mais il s’agit d’un vin remarquable, surtout depuis l’étonnant 2005. Tous les derniers millésimes montrent une complexité et une fermeté telles qu’il faut les décanter deux heures avant de servir, ou alors attendre encore dans la cave quelques années ; le 2010 notamment, malgré une grosse pression d’alcool (14,5 degrés comme le 2009) s’avère d’ores et déjà magnifique.

Ainsi le propriétaire se voit récompensé des gros investissements consentis à la fois dans la vigne, dans les bâtiments d’exploitation et dans la jolie maison qu’il habite avec sa famille ; mais aussi les vins de Gigault illustrent la qualité des terroirs un peu méconnus de ces coteaux du Blayais qui recèlent de vrais trésors pour l’amateur.
(1) The Wine Merchant, 23 rue du Mirail, 33 370 Artigues près Bordeaux, tel. 05 57 54 39 39.

10 janvier, 2012 | Zoom | Naissance d'un grand vin |

Château Frachet en Bordeaux Supérieur

Bien installé sur les coteaux rebondis du terroir de Cénac, le château Frachet fait partie de ces pépites, dont les Premières Côtes de Bordeaux ont le secret.

Le village de Cénac, tout proche de la grande ville et haut campé sur la rive droite de la Garonne, a une vieille tradition viticole, justifiée par la qualité de ses rouges. Frachet en est un exemple vivant, quoiqu’il soit encore peu connu, car de création récente.
C’est seulement en 2004 que Bernard et Jocelyne Frachet sont tombés amoureux de ce site magnifique, dont le vin était étiqueté Château Ricmont. Bernard Frachet, négociant à l’enseigne de la maison « Châteaux en Bordeaux », comprit immédiatement le potentiel du terroir et débaptisa le château pour y mettre son nom. S’en suivirent de nombreux travaux pour retaper le vignoble, aménager et moderniser les bâtiments d’exploitation, et pour créer la maison d’habitation de la famille Frachet, désormais installée au milieu de ses vignes.
Les douze hectares de vignoble se partagent en merlots (70%), cabernets francs et sauvignons, qui produisent un bordeaux supérieur rouge de haute tenue et un clairet, parfaite illustration d’une tradition propre à ces vins de Côtes, qui bordent la Garonne, à la frange de l’Entre deux Mers. Le vignoble de Frachet est d’un seul tenant, plein sud sur un coteau de graves, de sables et de limon, assis sur des argiles. Il donne un rouge puissant et structuré, élevé en barrique, qui vieillit remarquablement bien en bouteille. On aura soin de décanter les millésimes récents en carafe bien avant de servir, en raison de la concentration des arômes.
La forte personnalité de ce vin, élaboré dans la plus pure tradition, en fait une valeur montante de l’appellation Bordeaux Supérieur, et une bonne affaire que l’amateur trouvera en grande surface.

3 janvier, 2012 | Zoom | Mon cœur est à Calon... |

Château Calon Ségur à Saint Estèphe

Calon Ségur est l’un des plus vieux domaines viticoles du Médoc, situé à Saint Estèphe, au bord de l’estuaire de la Gironde. Il peut s’enorgueillir d’être le plus septentrional des crus classé en 1855, l’un des plus nobles aussi.

Il a appartenu, en effet, au marquis Alexandre de Ségur, surnommé le prince des vignes au 18ème siècle. Il possédait en effet les châteaux Latour et Lafite « mais mon cœur est à Calon » disait-il, si l’on en croit une légende.  C’est cette légende qui a installé un cœur sur l’étiquette de la bouteille…
Le vignoble de Calon Ségur représente 46 hectares en production, avec un encépagement typiquement médocain : 53% de cabernet sauvignon, 38% de merlot, 6% de cabernet franc et 3% de petit verdot. Mais dans le vin, l’assemblage de ces cépages varie fortement ; c’est ainsi que la part du cabernet sauvignon peut passer de 58% en 2005 à 82% en 2008, voire à 90% en 2010.  Les vignes sont d’âges différents, allant de 5 ans à 70 ans, et mariant ainsi la jeunesse avec la sagesse.

Calon Ségur est dans la même famille depuis le 19ème siècle, la famille Capbern-Gasqueton, vieille lignée de viticulteurs médocains. C’est aujourd’hui Hélène de Baritaut, œnologue diplômée de la faculté de Bordeaux, qui possède et dirige ce cru, avec cette même rigueur dont ses parents ont fait preuve, pour maintenir une qualité de vin irréprochable. Le terroir est d’un seul tenant, autour du château, à la sortie du bourg de Saint Estèphe, et correspond en tous points au cadastre de 1855. On y trouve une grande partie de graves et de sables sur couche d’argile, puis une autre d’un sol plus argileux et sableux. Chacune réagit différemment selon la météo, et se montre finalement complémentaire de l’autre.
Les vins de Calon Ségur se recommandent par leur beau classicisme et leur impeccable régularité. Toutes les dégustations verticales du cru montrent un vin opulent, puissant, long et complexe dans sa jeunesse, devenant élégant, charmeur, fruité et très aromatique avec la maturité. Les années chaudes révèlent un exceptionnel équilibre entre le fruit et la fraicheur, grâce à la maturité des cabernets, ce dont les millésimes récents donnent un parfait exemple.

On se gardera de boire ce vin trop jeune, car il vieillit très bien dans une bonne cave, et cette attente nécessaire lui permet d’assouplir l’austérité des cabernets. Déjà, des millésimes comme 2005 ou 2007 pointent leur nez, et font merveille sur une viande rôtie. On pourra aussi s’intéresser utilement au deuxième vin du domaine, Le Marquis de Calon, qui représente environ 25% de la récolte, avec un rapport prix/plaisir remarquable.
La même équipe qui dirige Calon Ségur vinifie également les vins du château Capbern Gasqueton, cru bourgeois de Saint Estèphe qui appartient au même propriétaire. C’est une étiquette infiniment recommandable, qui constitue un bel archétype du vin de Saint Estèphe. Les châteaux Calon Ségur, Capbern Gasqueton et Marquis de Calon, sont tous distribués par les négociants de la place de Bordeaux.

2 janvier, 2012 | Zoom | Point de départ |

La pépinière, maison mère du vignoble français

La pépinière est assurément le maillon le plus mal connu de toute la filière viticole française. Elle est pourtant le point de départ de toute production, sans laquelle le vigneron ne pourrait pas garantir l’authenticité des cépages qu’il cultive.

La pépinière viticole française est une activité largement méconnue, qui occupe une place de leader international. Elle compte 4.000 professionnels en France, qui cultivent 3.900 hectares de vignes. Leur production se répartit entre les porte-greffes et les cépages. Ces derniers sont des greffons que l’on soude sur le porte-greffe. La production de ces plants de vigne est principalement installée dans le sud de la France : Provence, Aquitaine, Languedoc , etc….

Les pépiniéristes auraient mis en œuvre pas moins de 191 millions de greffes boutures en 2011, pour 28 variétés de porte-greffe différentes, 189 cépages de cuve et 60 cépages de table. En ce qui concerne les cépages de cuve, le chardonnay et le merlot arrivent en tête ; pour les porte-greffes, ce sont le SO4, le 110 Richter et le 3309 Couderc.
Le chiffre d’affaires de la pépinière viticole française est estimé à 220 millions d’euros, pour environ 130 millions de plants commercialisés, dont 30% à l’exportation.