16 janvier, 2012 | Zoom | Un trésor pour les amateurs de terroirs |

Château Gigault en Gironde

Le petit village de Mazion, tout près de Blaye en Gironde, ne possède que 400 habitants, mais revendique 17 exploitations viticoles. La vigne occupe la moitié de la surface totale de la commune, et dans ce pays rural jadis réputé pauvre, constitue la seule vraie richesse.

Depuis le 19ème siècle, le Château Gigault figure en tête des domaines viticoles de Mazion, ce qui s’explique par la qualité de son terroir. La maison elle-même est un ancien relais de poste du 18ème siècle, qui servait d’auberge et servait à boire le vin du cru. Le chai attenant en belles pierres, illustre l’ancienneté de ce cru, qui bénéficie depuis peu d’un regain de notoriété justifié.
Il faut dire que Christophe Reboul-Salze n’a rien épargné depuis 1998 pour monter aussi haut que possible la qualité des vins. Ils sont issus d’un vignoble de 18 hectares, plantés de merlots et de malbecs, sur un terroir d’argiles plus ou moins sableuses et limoneuses, sur socle calcaire. Conseillé par Stéphane Derenoncourt,  Christophe Reboul – Salze, par ailleurs négociant à l’enseigne de The Wine Merchant (1), cherche la finesse, l’élégance, l’harmonie des arômes, la douceur des tanins, et l’aptitude au vieillissement.

Deux vins rouges sortent du chai : le Château Gigault classique, qui représente un tiers de la récolte, et la Cuvée Viva, le grand vin, vendu en primeur aux négociants de la place de Bordeaux, ce qui est rare pour un cru d’appellation Côtes de Bordeaux. Mais il s’agit d’un vin remarquable, surtout depuis l’étonnant 2005. Tous les derniers millésimes montrent une complexité et une fermeté telles qu’il faut les décanter deux heures avant de servir, ou alors attendre encore dans la cave quelques années ; le 2010 notamment, malgré une grosse pression d’alcool (14,5 degrés comme le 2009) s’avère d’ores et déjà magnifique.

Ainsi le propriétaire se voit récompensé des gros investissements consentis à la fois dans la vigne, dans les bâtiments d’exploitation et dans la jolie maison qu’il habite avec sa famille ; mais aussi les vins de Gigault illustrent la qualité des terroirs un peu méconnus de ces coteaux du Blayais qui recèlent de vrais trésors pour l’amateur.
(1) The Wine Merchant, 23 rue du Mirail, 33 370 Artigues près Bordeaux, tel. 05 57 54 39 39.

10 janvier, 2012 | Zoom | Naissance d'un grand vin |

Château Frachet en Bordeaux Supérieur

Bien installé sur les coteaux rebondis du terroir de Cénac, le château Frachet fait partie de ces pépites, dont les Premières Côtes de Bordeaux ont le secret.

Le village de Cénac, tout proche de la grande ville et haut campé sur la rive droite de la Garonne, a une vieille tradition viticole, justifiée par la qualité de ses rouges. Frachet en est un exemple vivant, quoiqu’il soit encore peu connu, car de création récente.
C’est seulement en 2004 que Bernard et Jocelyne Frachet sont tombés amoureux de ce site magnifique, dont le vin était étiqueté Château Ricmont. Bernard Frachet, négociant à l’enseigne de la maison « Châteaux en Bordeaux », comprit immédiatement le potentiel du terroir et débaptisa le château pour y mettre son nom. S’en suivirent de nombreux travaux pour retaper le vignoble, aménager et moderniser les bâtiments d’exploitation, et pour créer la maison d’habitation de la famille Frachet, désormais installée au milieu de ses vignes.
Les douze hectares de vignoble se partagent en merlots (70%), cabernets francs et sauvignons, qui produisent un bordeaux supérieur rouge de haute tenue et un clairet, parfaite illustration d’une tradition propre à ces vins de Côtes, qui bordent la Garonne, à la frange de l’Entre deux Mers. Le vignoble de Frachet est d’un seul tenant, plein sud sur un coteau de graves, de sables et de limon, assis sur des argiles. Il donne un rouge puissant et structuré, élevé en barrique, qui vieillit remarquablement bien en bouteille. On aura soin de décanter les millésimes récents en carafe bien avant de servir, en raison de la concentration des arômes.
La forte personnalité de ce vin, élaboré dans la plus pure tradition, en fait une valeur montante de l’appellation Bordeaux Supérieur, et une bonne affaire que l’amateur trouvera en grande surface.

3 janvier, 2012 | Zoom | Mon cœur est à Calon... |

Château Calon Ségur à Saint Estèphe

Calon Ségur est l’un des plus vieux domaines viticoles du Médoc, situé à Saint Estèphe, au bord de l’estuaire de la Gironde. Il peut s’enorgueillir d’être le plus septentrional des crus classé en 1855, l’un des plus nobles aussi.

Il a appartenu, en effet, au marquis Alexandre de Ségur, surnommé le prince des vignes au 18ème siècle. Il possédait en effet les châteaux Latour et Lafite « mais mon cœur est à Calon » disait-il, si l’on en croit une légende.  C’est cette légende qui a installé un cœur sur l’étiquette de la bouteille…
Le vignoble de Calon Ségur représente 46 hectares en production, avec un encépagement typiquement médocain : 53% de cabernet sauvignon, 38% de merlot, 6% de cabernet franc et 3% de petit verdot. Mais dans le vin, l’assemblage de ces cépages varie fortement ; c’est ainsi que la part du cabernet sauvignon peut passer de 58% en 2005 à 82% en 2008, voire à 90% en 2010.  Les vignes sont d’âges différents, allant de 5 ans à 70 ans, et mariant ainsi la jeunesse avec la sagesse.

Calon Ségur est dans la même famille depuis le 19ème siècle, la famille Capbern-Gasqueton, vieille lignée de viticulteurs médocains. C’est aujourd’hui Hélène de Baritaut, œnologue diplômée de la faculté de Bordeaux, qui possède et dirige ce cru, avec cette même rigueur dont ses parents ont fait preuve, pour maintenir une qualité de vin irréprochable. Le terroir est d’un seul tenant, autour du château, à la sortie du bourg de Saint Estèphe, et correspond en tous points au cadastre de 1855. On y trouve une grande partie de graves et de sables sur couche d’argile, puis une autre d’un sol plus argileux et sableux. Chacune réagit différemment selon la météo, et se montre finalement complémentaire de l’autre.
Les vins de Calon Ségur se recommandent par leur beau classicisme et leur impeccable régularité. Toutes les dégustations verticales du cru montrent un vin opulent, puissant, long et complexe dans sa jeunesse, devenant élégant, charmeur, fruité et très aromatique avec la maturité. Les années chaudes révèlent un exceptionnel équilibre entre le fruit et la fraicheur, grâce à la maturité des cabernets, ce dont les millésimes récents donnent un parfait exemple.

On se gardera de boire ce vin trop jeune, car il vieillit très bien dans une bonne cave, et cette attente nécessaire lui permet d’assouplir l’austérité des cabernets. Déjà, des millésimes comme 2005 ou 2007 pointent leur nez, et font merveille sur une viande rôtie. On pourra aussi s’intéresser utilement au deuxième vin du domaine, Le Marquis de Calon, qui représente environ 25% de la récolte, avec un rapport prix/plaisir remarquable.
La même équipe qui dirige Calon Ségur vinifie également les vins du château Capbern Gasqueton, cru bourgeois de Saint Estèphe qui appartient au même propriétaire. C’est une étiquette infiniment recommandable, qui constitue un bel archétype du vin de Saint Estèphe. Les châteaux Calon Ségur, Capbern Gasqueton et Marquis de Calon, sont tous distribués par les négociants de la place de Bordeaux.

2 janvier, 2012 | Zoom | Point de départ |

La pépinière, maison mère du vignoble français

La pépinière est assurément le maillon le plus mal connu de toute la filière viticole française. Elle est pourtant le point de départ de toute production, sans laquelle le vigneron ne pourrait pas garantir l’authenticité des cépages qu’il cultive.

La pépinière viticole française est une activité largement méconnue, qui occupe une place de leader international. Elle compte 4.000 professionnels en France, qui cultivent 3.900 hectares de vignes. Leur production se répartit entre les porte-greffes et les cépages. Ces derniers sont des greffons que l’on soude sur le porte-greffe. La production de ces plants de vigne est principalement installée dans le sud de la France : Provence, Aquitaine, Languedoc , etc….

Les pépiniéristes auraient mis en œuvre pas moins de 191 millions de greffes boutures en 2011, pour 28 variétés de porte-greffe différentes, 189 cépages de cuve et 60 cépages de table. En ce qui concerne les cépages de cuve, le chardonnay et le merlot arrivent en tête ; pour les porte-greffes, ce sont le SO4, le 110 Richter et le 3309 Couderc.
Le chiffre d’affaires de la pépinière viticole française est estimé à 220 millions d’euros, pour environ 130 millions de plants commercialisés, dont 30% à l’exportation.

23 décembre, 2011 | Zoom | Découvertes |

Balade dans le Jura, entre Arbois et Pupillin

Pendant les belles et douces journées d’Automne, j’avais envie de parcourir le Jura. Arrivé vers midi autour de la belle ville d’Arbois, je me suis arrêté à Pupillin, petit village de vignerons, où se trouve l’auberge Le Grapiot à l’architecture décalée où se mêlent le contemporain et l’ancien. Nouvelle adresse pour se restaurer et déguster les vins locaux.

Je garde encore en mémoire le vin de Paul Benoit et Fils. Belle expression du savagnin, cépage de l’Arbois, Pupillin 2006 aux arômes de fleurs et d’amandes. Un vin idéal, pas trop marqué, pour s’habituer aux vins blancs typés de la région.
A suivi un Arbois Pupillin 2009 Trousseau de chez Désiré Petit à la robe rouge élégante. Les parfums de fruits des bois, de prune, et de muscade accompagnaient avec aisance « la tête de veau comme à l’ancienne » revisitée par le chef Samuel Richardet.
J’ai pu apprécier les quelques gouttes de savagnin qui me restaient dans mon premier verre sur mon millefeuille choco poire willam, boule au miel et glace Pontarlier ; une gourmandise !

Je quitte la région d’Arbois pour mieux y revenir. Puis, cap au Sud, direction Château-Chalon. De la N83, je scrute au loin les vignes où l’on élabore l’un des plus grands vins de France. On accède par une petit route sinueuse à ce village pittoresque perché sur son rocher, en traversant le vignoble. Tout amateur de vin se doit un jour de déguster le vin jaune et plus particulièrement chez Jean et Laurent Macle.
Il est indispensable de téléphoner pour être reçu et accueilli par Madame Macle qui vous consacre un moment privilégié pour mieux comprendre l’élaboration de leurs nectars.
J’ai adoré le Côtes du Jura 2007 issu de savagnin et de chardonnay. Un vin fruité ample et généreux que j’ai pu apprécier avec de fines lamelles de comté.

Belle transition pour contempler la robe jaune dorée soutenue du Château Chalon 2004. A plusieurs reprises j’ai humé et je me suis délecté des notes envoutantes de noix, d’amandes et de noisettes saupoudrées d’épices. Vous l’aurez compris, c’est comme un gout de pur bonheur qui flottait au dessus de mon verre. Un vin qui révélera son vrai visage dans quelques années.
Emotion finale : le Macvin de la propriété. Un vin de liqueur velouté, qui m’a surpris par sa persistance aromatique. Je l’imagine déjà sur des pommes caramélisées aux fruits secs.
Après avoir visité et profité de panorama de ce lieu unique, dirigez-vous vers les grottes de Baume les Messieurs avant de faire un halte à Saint-Germain les Arlay, à l’hostellerie Saint Germain, chez Marc Tupin, jeune chef talentueux. Son épouse Maria vous choisira dans leur belle cave Jurassienne l’Arbois savagnin 2007 de chez Jacques Puffeney pour l’associer à la terrine de pomme de terre au foie gras et saucisse de Morteau, mesclun à la vinaigrette de vin jaune. Ce vin blanc aux senteurs automnales, plein de naturel était du plus bel effet sur ce mets régional.

Pour suivre l’aile de raie juste poêlée au raisin de ballottine, mousseline de panais, rôsti, pleurotes et sauce vigneronne ne demandait qu’un vin rouge d’Arbois de Puffeney en Trousseau 2009 « les Bérangères ». Les saveurs de fruits rouges, d’épices et de sous-bois se mariaient idéalement à ce plat de poisson.
Pour finir les quartiers de prunes pochées sur un biscuit Joconde mousse chocolat blanc et sorbet finot me font penser que ce dessert serait en bonne harmonie avec le Macvin que j’ai dégusté dans l’après-midi.

Liste de vignerons et adresses cités précédemment :
-       Domaine Désiré Petit, Rue du Ploussard, 39600 Pupillin, 03 84 66 01 20
l’Arbois Trousseau 2009, 7,70€
-       Domaine Paul Benoit et Fils, Rue du Chardonnnay, 39600 Pupillin, 03 84 37 43 72,
l’Arbois Pupillin 2006, 14€.
-      Domaine Jean Macle, 39120 Château-Chalon, 03 84 85 21 85.
Côtes du Jura 2007, 12€
Château-Chalon 2004, 37€
-      Domaine Jacques Puffeney, 39600 Montigny les Arsures, 03 84 66 10 89.
Arbois Savagnin 2007, 13 €
Arbois Trousseau « Les Bérangères  2009 », 15€
-      Restaurant Le Grapiot à Pupillin, 03 84 37 49 44
-      Hostellerie Saint Germain à Saint Germain les Arlay, 03 84 44 60 91

21 décembre, 2011 | Zoom | Dégustation |

Champagne Marcel Richard : Sept générations de vignerons

Sur la route touristique de la Champagne à 4km d’Epernay, à la porte de la Côte des Blancs et à 30 km de Reims, vous pourrez découvrir la Ferme de la Loge, gîte de France et exploitation agricole familiale depuis 7 générations.
Vous serez accueillis par Nicole, Claude et leurs enfants. Ils vous initieront à la dégustation de leurs champagnes et des produits de la région lors d’un dîner gourmand.
L’élaboration du Champagne et les techniques du travail de la vigne n’auront plus de secret pour vous.
En guise d’apéritif laissez-vous tenter par ce vin de ligueur savoureux, typique de la région, confectionné avec un tiers d’eau de vie de fruit et deux tiers de jus de raison. Un très bon ratafia !
Deux cuvées de Champagne ont retenu mon attention. Le Brut Tradition est un Champagne de début de repas. On l’apprécie pour son coté fringuant et ses notes originales légèrement beurrées. Les bulles sont digestes. Un vin rafraichissant, idéal pour cette occasion.
Plus aboutie, la cuvée Prestige Brut Blanc de Blancs est issue du cépage chardonnay. Derrière les bulles régulières se cache une bouche désaltérante. Elégant et frais se vin s’accordera avec une fricassée de riz de veau.
D’autres cuvées vous seront présentées comme un demi-sec, pour accompagner vos desserts.
N’hésitez pas à faire une halte au domaine pour y allier plaisir et connaissance du vignoble.

Prix des vins dégustés :
-       Champagne Brut Tradition : 13,20€
-       Champagne Cuvée Prestige : 14,50 €
-       Ratafia de Champagne : 9,90 €

Champagne Marcel Richard
La Loge
51530 Moussy
03 26 59 73 62

19 décembre, 2011 | Zoom | Montagne Saint-Emilion |

Eugénie du Château Acappella : Découverte d'un grand second

Dans la rubrique « Zoom sur une Propriété » je vous avais parlé il y a quelques années du grand vin d’Acappella de Béatrice et Christophe Choisy en Montagne Saint-Emilion.

Méconnu hier, reconnu aujourd’hui par ses pairs, ils signent une nouvelle cuvée qui porte le nom de leur fille « Eugénie ».
Dégusté dernièrement à l’aveugle avec des connaisseurs, le vin nous a charmés par sa robe grenat opulente, attirante par sa jeunesse et sa profondeur.
Le nez vient compléter cette première impression avec ses notes principales de fruits noirs, d’épices douces et de cacao.

« Eugénie » se veut gourmande, fruitée et ample. Les tanins sont soyeux.
Vous l’aurez compris, cette cuvée se dégustera plus jeune qu’Acappella. Un ami dégustateur m’a même confié spontanément : « Il a le goût du vrai Bordeaux…. ».
Pour mieux appréhender ce vin il faut mentionner que l’encépagement est représenté à 95% de merlots âgés de 40 ans et 5% cabernet franc.

Du verre à l’assiette :
Un plat de circonstance, une entrecôte à la bordelaise.

Prix d’Eugénie 2009 Montagne Saint Emilion : 17 €.

Château Acappella « l’Atelier »
Le puy-parsac
33570 Montagne Saint-Emilion
T : 06 18 02 06 14

8 décembre, 2011 | Zoom | l'Accomplissement... |

Château de Camensac dans le Médoc

Le Château de Camensac se trouve à Saint Laurent, au cœur de l’appellation Haut Médoc ; le vignoble a été classé cinquième cru en 1855, mais il existait déjà au 18ème siècle, comme en témoigne la jolie chartreuse de pierres blondes entourée de pins francs, qui commande le vignoble.

Depuis les vendanges 2005, Camensac a été repris d’une main exigeante par Céline Villars-Foubet, son oncle Jean Merlaut et son mari, Jean-Pierre Foubet ; ils succédaient à la famille Forner, et venaient  en voisins depuis Moulis, où les Foubet possèdent Chasse Spleen et Gressier. Le vin a vite subi une sorte de saut qualitatif, qui se repère aisément à partir du millésime 2007, au nez gourmand et élégant.
Car Camensac faisait partie jusqu’à cette date des crus classés les moins connus, et les moins estimés, faute d’avoir pu monter dans le train glorieux qui a transporté les grands vins du Médoc à travers le monde, à partir des années 1980. Les choses sont donc en train de changer, et Camensac regagne progressivement la confiance des acheteurs et l’estime des amateurs. Le millésime 2010, le plus affirmé et le plus complexe de la propriété, en est un éclatant témoignage, mêlant le charme et la puissance dans des arômes envoûtants de fraises et de framboises.
Camensac s’est aussi doté d’une hardie politique de tourisme viticole, et fait partie du Circuit Médoc, avec un bus de visiteurs qui vient le mercredi depuis Bordeaux.

On visite tous les jours sauf week end sur rendez-vous, excellente occasion de découvrir un beau vignoble typiquement médocain. Il est planté de cabernets sauvignons (60%) et de merlots, à une densité de dix mille pieds par hectare, sur 70 hectares d’un terroir de graves, tantôt sableuses, tantôt argileuses, assis sur un socle calcaire.
En vieux gascon, Camensac signifierait « le chemin de l’eau », chemin visible sur les plus vieilles cartes de géographie. Il est désormais emprunté avec assiduité par des hordes de sangliers, qui labourent  consciencieusement les prairies. Eux aussi doivent trouver l’endroit joli….

24 novembre, 2011 | Zoom | Exubérant et caressant |

Château Haut Marbuzet à Saint Estèphe

7 hectares en 1952, 70 hectares soixante ans plus tard …. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les Duboscq n’ont pas chômé à Haut Marbuzet.

Le père Hervé, d’abord, qui l’a acheté avec l’audace des pionniers, et qui est le véritable fondateur du domaine ; son fils Henri, ensuite, figure du Médoc viticole, qui aura passé sa vie à développer son patrimoine, l’agrandir et surtout faire une vraie marque avec son étiquette ; et les petits-fils Bruno et Hugues Duboscq, fils d’Henri, aujourd’hui à l’œuvre avec leur père pour foncer encore et toujours.
Henri Duboscq a souvent raconté son amour des vins ronds, féminins, boisés, aux tanins doux et mûrs. De ce point de vue, ceux de Haut Marbuzet se différencient nettement du Saint Estèphe classique, charnu, un peu dur, souvent viril et puissant. Un joueur de rugby en comparaison des danseuses de Duboscq. Mais que lui importe. « Je ne vaux pas être le meilleur, je veux être le préféré» s’amuse cet homme enjoué, beau parleur, admirateur de Talleyrand, dont les vins pleins de charme et de fruits lui ressemblent énormément.
Le terroir de Haut Marbuzet est classiquement fait de croupes de graves garonnaises, avec un sous-sol d’argiles et de calcaire. Le merlot s’y épanouit avec bonheur, et se marie à la fin aux cabernets, pour une union de belle harmonie placée sous le signe du chêne neuf. On se régale quand le vin est jeune, et encore plus quand il est vieux, et que les tanins du bois ont fondu. Les bons dégustateurs observent qu’entre les deux, le vin connait un peu l’âge ingrat, une sorte de traversée du désert. Il fait regretter de ne pas l’avoir bu, mais on se console quand on ouvre la bouteille trois ans plus tard.
D’abord navigateur solitaire, le capitaine Duboscq est aujourd’hui à la tête d’une flottille viticole, ou plutôt d’une escadre, où les navires Chambert, Layauga, Mac Carthy et Tour de Marbuzet, fendent la mer dans le sillage du vaisseau amiral, Haut Marbuzet.

Sans doute Henri Duboscq vend-il une partie de sa production au négoce de la place de Bordeaux. Mais c’est une minorité et la vente directe représente les deux tiers de la commercialisation. Car il a fédéré au fil des années tout un réseau d’amateurs fidèles, et de clients, devenus souvent des amis, qui viennent à Saint Estèphe pour le plaisir de l’entendre parler de son vin, comme d’une femme qu’on aime et qui aurait, peut-être la jupe un peu fendue… Ceci pour dire qu’Henri Duboscq aime à faire un vin qui lui ressemble. Mais que certains millésimes peuvent se hisser avec bonheur au niveau d’un cru très bien classé. Revanche légitime d’un cru soi-disant bourgeois…

10 novembre, 2011 | Zoom | Découverte d'une appellation |

Côte Roannaise, du gamay gourmand au gamay de terroir

Rattachée aux vins de Loire, la Côte Roannaise présente les aspects d’un petit vignoble continental, dédié au cépage gamay et, sur bien des points, apparenté au Beaujolais, son voisin d’outre-fleuve.

Adossé aux Monts de la Madeleine, le vignoble domine la plaine de Roanne, occupant seulement 200 hectares sur la rive gauche de la Loire. Sur ce relief, les vignes sont exposées à l’est, exception faite du lieu-dit Bouthéran, qui regarde le sud. Décrétée en 1994, l’appellation est réservée à des rouges et des rosés de gamay, cépage adapté à un climat des marges du Massif Central, ainsi qu’à une altitude d’implantation élevée, entre 370 et 550 mètres ; il y règne un substrat granitique, également profitable à son épanouissement. Ainsi, hormis une situation géographique propre, ces caractères rapprochent le vignoble de celui Beaujolais, procurant à ses produits un même air de famille, avec peut-être un plus d’authenticité.
En effet, une législation plus restrictive en matière d’enrichissement (12,5% contre 13% vol.) a suscité la discipline d’une moindre chaptalisation chez des vignerons. Outre cette pratique bénéfique à son identité, l’appellation connaît depuis quelques années une certaine émulation, et convainc de son potentiel par le biais de cuvées plus étoffées, plus « terroir », et susceptibles d’une garde. La Côte Roannaise tend ainsi à se défier d’une uniformisation de son produit, tout en restant fidèle à sa vocation de gamays conviviaux, parfumés, volontiers friands et gouleyants.
Il faut noter que les blancs produits localement restent très marginaux, et sont rattachés à la famille des vins de pays d’Urfé.

4 novembre, 2011 | Zoom | un panier de fruit du terroir |

Domaine des Savarines : Cahors d’hier et d’aujourd’hui…

Souvenirs, souvenirs…
La lettre de la vigneronne, toute manuscrite avait pour en-tête un dessin presque enfantin d’un maison avec cyprès et ses coteaux schématisés ainsi que son plan parsemé de petits lieux dits, avait déjà attisé ma curiosité.

Une visite dégustation s’imposait !
C’est ainsi que par une matinée de novembre, je me rendis au Domaine des Savarines. Une petit bruine m’accompagnait et ajoutait du mystère à cette route départementale qui s’emblait s’amenuiser au fur et à mesure que je m’approchais du domaine.
Ce petit chemin du bout du monde me conduisait à une adorable bâtisse restaurée enfouie dans une végétation luxuriante.
Je me trouvais à 11 kms de Cahors.
Danièle Biesbrouck a commencé à planter ses 4 hectares de vignes en 1971, sur les coteaux calcaires de Trespoux, là ou il faut le marteau piqueur pour enfoncer les piquets de vignes. Il fallait passer par la petite cave sans prétention mais chaleureuse, pour accéder à la salle de dégustation au sol recouvert de tapis rouge. Là, sur la grande table rustique, une seule cuvée l’attendait. Un rouge surprenant, incontestablement de garde, un véritable panier de fruits rouges, un élevage en fût de chêne parfaitement maitrisé, un vin de cahors remarquable. Le cépage se composait de 70% d’Auxerois et 30% de merlot.

Depuis 1991, tout le vignoble était cultivé en biodynamie sans désherbants, ni produits de synthèse, ni engrais chimiques. Seuls recours, pour pulvériser la vigne et le sol, les plantes et préparations naturelles (ortie, prêle, valériane, écore de chêne, camomille..).
Et quand on apprenait au cours d’une conversation que Danièle Biesbrouck était passionnée d’ésotérisme et travaillait sous l’influence des forces cosmiques, le temps semblait bien court en sa compagnie et on ne pouvait qu’être séduit par le personnage et le fruit de son travail.
Aujourd’hui le domaine a été racheté par Eric Treuillé et Rosie Kindersley. J’espère que l’âme de cette propriété restera présente comme au par avant et en souhaitant que les nouveaux propriétaires tiennent leur promesse de me faire déguster leur dernier millésime….

• Prix du vin :
Cahors 2005 : 7€

Domaine des Savarines
46090 Trespoux – Rassiels
T : 05 65 22 33 67
Site internet du Domaine des Savarines

L’adresse à ne pas manquer :
• Restaurant Le Balandre à Cahors.

2 novembre, 2011 | Zoom | c'est encore l'été ! |

Domaine de La Bouverie à Roquebrune dans le Var

Le domaine de La Bouverie tire son nom du provençal « bouvarié » qui signifie bergerie. Rien de plus normal, qu’en ce début d’été, le caveau du domaine soit transféré dans une bergerie entièrement réaménagée plus proche du réseau routier pour mieux y accueillir la clientèle.
De là vous pourrez admirer les contreforts de l’Estérel et son sol rougeâtre constitué de galets de rhyolite, mettant en valeur la spécificité des vins.
Pour ma part c’est dans l’ancien caveau, autrefois destiné à l’élevage des taureaux, que j’ai pu déguster les trois couleurs du domaine.

C’est Liza Gonzales, l’américaine du coin, amie et employée du couple Laponche pour ses vacances, qui commente la présence des bœufs façon Lascaux sur les étiquettes. C’est dans de petits verres « forme INAO » que j’ai découvert les Côtes de Provence blanc 2010 issu du cépage rolle. Ses arômes de fleurs sont fugaces, la bouche désaltérante allie légèreté, fruité et minéralité, l’acidité délicate se fait sentir sur la finale. Il sera idéal à l’heure de l’apéritif.
Un bel assemblage de grenache, cinsault et syrah est à l’origine du rosé 2010 Côtes de Provence. Plus expressif que le blanc, il charme par ses notes fruitées de pêche et de brugnon. C’est un rosé élégant et séduisant. Sa minéralité accentue sa persistance aromatique.
Un vin destiné à la table qui pourra accompagner une daurade au fenouil par exemple.

Le Côtes de Provence rouge 2008, issu d’un assemblage de syrah, grenache et cabernet sauvignon, est élevé en fût de chêne. Ce qui permet l’élaboration d’un vin à l’attaque franche, avec des notes tanniques, marquée par des arômes légèrement fumés. Un vin de garde qui se laissera apprécier sur une gardiane de taureau !

Si vous êtes en quête de bons miels, n’oubliez pas de vous arrêter, comme moi, chez le frère du vigneron, François Laponche apiculteur, qui vous fera déguster les produits de ses ruches dans sa maisonnette-boutique située proche du domaine.

Prix des vins :
-Côtes de Provence blanc 2010 : 8,50 €
-Côtes de Provence rosé 2010 : 7€
-Côtes de Provence rouge 2008 : 8 €

Domaine viticole de la Bouverie
Jean Laponche
83520 Roquebrune sur Argens
T : 04.94.44.00.81
Site internet du Domaine de La Bouverie

Rucher de la Bouverie
François Laponche – Apiculteur
T : 04.94.40 .01.69

31 octobre, 2011 | Zoom | une histoire de famille |

Domaine des Jougla à Saint Chinian dans le Languedoc

Le domaine des Jougla est une propriété familiale située au nord-ouest de Béziers,  au centre de l’appellation Saint Chinian, sur le versant sud des premiers contreforts des Cévennes.

A la tête de la famille, Alain, le père, est responsable de la propriété et travaille essentiellement à la vigne. Sa fille Laurence s’occupe de la vinification, après plusieurs expériences à l’étranger. Et son fils Laurent s’occupe, lui, de la commercialisation des vins.
Ici, modernité et tradition sont alliées, et si Alain le père fait plutôt partie de la génération des bâtisseurs, le chantier continue avec ses enfants, et la construction d’un grand caveau de dégustation. En chantier aussi, le passage du vignoble en agriculture biologique. Dans le bâtiment principal, construit en 1900, cinq foudres centenaires accueillent les visiteurs, et les amateurs de ce terroir, composé pour l’essentiel de schistes feuilletés, et de sols argilo – calcaires.

La cuvée Ancestrale, est, comme son le nom l’indique, inspirée par la tradition, et issue majoritairement de mourvèdre, assemblé avec grenache et syrah ; la robe est grenat, le nez affiche des notes épicées et fruitées, la bouche est soyeuse, réglissée, avec des tanins bien mûrs. Cette cuvée rouge 2009, AOC Saint Chinian  est vendue 8,30 euros.
La cuvée Viels Arrasics est issue d’un terroir de schistes ; le nez puissant s’ouvre sur des arômes d’amande, de cassis et de chocolat, l’attaque en bouche est fine, et finit sur une belle longueur. Cette cuvée rouge 2007 AOC Saint Chinian est vendue 14,60 euros à la Maison des Vins de Saint Chinian.
Tous renseignements sur le site www.domainedesjougla.com.

28 octobre, 2011 | Zoom | le Médocain |

Château Vernous à Lesparre dans le Médoc

Il n’y a qu’une petite dizaine de propriétés viticoles sur la commune de Lesparre, dans l’appellation Médoc, mais le château Vernous fait partie des plus importantes, avec 22 hectares de vignes d’un seul tenant.

L’étiquette est aisément reconnaissable à sa couleur bleu marine foncé, et son graphisme doré, qui n’oublie pas d’inscrire la mention cru bourgeois, à laquelle la propriété est fort attachée.
Vernous appartient à la société de négoce Châteaux en Bordeaux, propriétaire de plusieurs crus en Gironde, qui commercialise le vin dans les grandes enseignes de la distribution. L’histoire du domaine commence au 19ème siècle avec la société Maurel et Prom, entreprise bordelaise d’huileries, dont les propriétaires ont su repérer le potentiel viticole d’un beau plateau de graves sableuses, terroir chaud et filtrant, facile à travailler, excellent pour la vigne. Mais en ce temps-là, Lesparre était loin de Bordeaux et les archives de la propriété rapportent qu’on tuait des loups à Vernous en 1870….
Le domaine a appartenu aussi à la famille Ducourt, bien connue du Bordeaux vinicole, puis au Champagne Deutz, jusqu’à ce qu’elle soit vendue en 1998 à Châteaux en Bordeaux. Sous la houlette de Bernard Frachet et Philippe Bappel, la qualité du vin a progressé, au rythme des nombreux investissements réalisés à la vigne, dans les bâtiments d’exploitation, et dans le château lui-même, agréable chartreuse de pierre blonde, surélevée sur un double escalier.
Le vin est issu d’un assemblage traditionnel en Médoc : deux tiers de cabernets et un tiers de merlot ; depuis le millésime 2005, de nombreuses médailles et récompenses ont illustré les efforts faits pour redonner à cette marque une meilleure renommée, et les millésimes 2009 et 2010 montrent même un changement de style vers plus d’élégance et de personnalité. Ce sont des vins assez vite prêts à boire, peu boisés, bien typés, que l’amateur trouvera autour de 8 à 9 euros la bouteille, ce qui permet de mettre un bon médoc sur sa table sans casser sa tirelire.

21 octobre, 2011 | Zoom | valeur montante |

Château Yon Figeac à Saint Emilion

Château Yon Figeac

Alain Château est un industriel spécialisé dans l’emballage et l’imprimerie, qui a créé le groupe Oxalis. Mais il possède une autre activité, peu en rapport avec la précédente : la viticulture. C’est ainsi qu’il a acheté au fil des années plusieurs propriétés : le château de Belle Rive, le château de la Guimonière et le château de Varennes, tous en Anjou, et totalisant 38 hectares. Et puis en 2005, il acquiert un joyau : le château Yon Figeac, cru classé de Saint Emilion.

Bien qu’ayant appartenu à des négociants connus à Bordeaux, (M.M. Hernandez et Germain notamment), Yon Figeac avait besoin de prendre un petit coup de jeune pour retrouver son vrai rang dans la hiérarchie vinicole locale. L’arrivée de M. Château, avec l’œnologue Denis Dubourdieu, a donné cet élan.
Le vignoble, sur 24 hectares d’un seul tenant en pied de côte, est désormais travaillé à l’ancienne ; il est planté en grande majorité de merlots (80%) avec des cabernets francs, et donne des vins classiques et très fins, dont les agréables arômes de fruits se marient avec une belle élégance.

Le millésime 2007 est aujourd’hui prêt à boire, avec beaucoup de pureté, une saveur épicée, et une fraicheur finale. Le 2008 au contraire, plus dense, très équilibré, apte à une longue garde, commence à peine à s’ouvrir et mérite d’être décanté une heure avant de servir. Puissant et fin à la fois, il escortera sans faiblir une volaille rôtie ou un bon fromage.

Yon Figeac 2009 est évidemment servi par la réussite générale du millésime à Bordeaux, et affiche déjà un agrément singulier. Des arômes de corbeille de fruits tapissent tout le palais, les tanins sont doux, presqu’onctueux, très mûrs, grâce à quoi le vin donne une impression de féminité, par opposition à la virilité du 2008. Les amateurs de vin très jeune trouveront là une carafe de haute volée ; mais ceux qui l’oublieront dans leur cave pendant dix ans ne seront sûrement pas déçus.
Les vins de Yon Figeac, cru classé de Saint Emilion, se vendent chez les bons cavistes entre 20 et 30 euros la bouteille. C’est assurément aujourd’hui une valeur montante de l’appellation.

20 octobre, 2011 | Zoom | régularité sans faille |

Château Maucaillou à Moulis dans le Médoc

Trois générations de Dourthe, et de personnalités bien trempées ont fait du Château Maucaillou une propriété de référence du Médoc viticole. Le vignoble s’étend à Moulis, sur un terroir de cailloux roulés jadis par le fleuve, ces fameuses graves garonnaises, berceau des plus grands crus du Médoc.

Cabernets, merlots et petits verdots composent l’encépagement traditionnel de la propriété dont les vins font partie depuis longtemps de l’élite des crus bourgeois. Mais comme ses voisins Poujeaux et Chasse Spleen, Château Maucaillou ne déparerait pas aujourd’hui dans un palmarès de crus classés.

Les vins de Maucaillou se recommandent par une régularité sans faille, et rare dans son appellation. Un travail minutieux à la vigne et au chai, un choix subtil des dates de vendanges, une large part de vieilles vignes, tout cela ajouté au savoir-faire maison, gomme les effets pervers de certains millésimes, et propose au consommateur des vins de qualité égale d’une année sur l’autre, c’est-à-dire toujours bonne. Par ailleurs, une sélection assez rude s’impose dans le chai pour isoler les meilleures cuves, qui donneront le grand vin, puis celles qui donneront le « Numéro 2 de Maucaillou », et enfin, celles destinées au Haut Médoc de Maucaillou. Le consommateur sait ainsi que le vin estampillé « château » est bien le meilleur du terroir.
Ce château est un étrange bâtiment datant de 1875 et offrant un pari architectural audacieux, avec son air de belle villa d’Arcachon, mâtinée d’un décor renaissance et d’un manoir anglais. Cinq chambres d’hôtes y sont installées, car Maucaillou est aussi un pionnier du tourisme viticole en Gironde, qui reçoit 25.000 visiteurs par an. Ils ont accès à un film de présentation, une dégustation, une table d’hôte, et un musée en quatre langues, tout à fait intéressant, qui possède des pièces rares comme un pressoir et des foudres du Moyen Age. On trouve aussi une boutique qui vend tous les vins de la famille, soit une gamme assez large de petits et grands vins de Bordeaux. Tout cela est ouvert 364 jours sur 365 ; il suffit de réserver au 05 56 58 01 23.

Maucaillou est dirigé par Pascal Dourthe, qui a pris la suite de son père Philippe, avec ses deux sœurs, Magali et Caroline. C’est une authentique propriété familiale, qui a tout misé sur le développement de l’oenotourisme, d’une part, et sur un partenariat actif avec le négoce de la place de Bordeaux, d’autre part. Grâce à quoi les Dourthe peuvent se vanter d’avoir construit à la fois un site et une marque ; cela n’est pas courant et représente pour de très nombreux viticulteurs girondins un véritable idéal.

19 octobre, 2011 | Zoom | des vins remplis de passion |

Domaine de La Présidente à Sainte Cécile dans le Vaucluse

Domaine de La Présidente

S’il existe un domaine dans la vallée du Rhône méridionale qui est représentatif de ce qui se fait de mieux dans chacune des appellations, c’est bien le Domaine de la Présidente à Sainte Cécile les Vignes dans le Vaucluse. Des Côtes du Rhône rouge blanc et rosé au Chateauneuf du Pape rouge et blanc en passant par Cairanne rouge et blanc, le Domaine la Présidente est à même de satisfaire les désirs de l’amateur curieux comme de du spécialiste intransigeant, et dans tous les registres : du fruité au corsé, et du grand classique à la cuvée confidentielle.

Jadis, le domaine appartint à une très ancienne famille provençale, dont les membres furent les présidents du parlement d’Aix, jusqu’à Messire Simon Alexandre. Son épouse Lucrèce était une femme d’esprit dont l’art de l’hospitalité était tel qu’on allait volontiers rendre visite à « La Présidente » en son château de Sainte Cécile. Le château fut vendu plusieurs fois jusqu’à ce que Max Aubert en devînt propriétaire en 1968. Il lui rendit ses lettres de noblesse et l’agrandit vers Châteauneuf du Pape.

De vieille souche vigneronne, Max Aubert, décédé en 2001, fut une personnalité importante de l’appellation. Il fut fondateur puis grand maitre de la Confrérie des Costes du Rhône, ainsi que de l’Université des Vins de Suze la rousse. Son fils René lui succéda, mais disparut prématurément en 2008. C’est aujourd’hui Céline Aubert son épouse qui gère le patrimoine familial. Mais de la Présidente Lucrèce à Céline Aubert, c’est le même esprit de famille qui perdure, la même féminité et la même élégance qui se perpétuent dans les vins. La fierté du domaine est de proposer des vins qui doivent se situer au sommet de leur appellation, quelle qu’elle soit.
Patrick Galant, œnologue et ancien directeur de l’université du vin, seconde Céline Aubert dans la gestion du domaine, et s’avère très soucieux d’avoir de la vigne au verre une qualité qui se rapproche de l’excellence. Ainsi, à Châteauneuf du Pape, on procède à une vendange manuelle en caisse avec tris successifs pour les rouges. Les caisses sont ensuite transportées en camion frigorifique au chai ; pour la Cuvée Nonciature, ils bénéficient d’une macération à la bourguignonne en cépages séparés, ou bien pour les grands classiques, d’une macération pelliculaire à froid (5 degrés), suivie d’une fermentation de 20 jours avec pigeage et remontage. L’élevage est en fûts de chêne d’origine française, américaine ou bulgare.
Le Domaine a créé une gamme prestigieuse, parmi lesquels nous avons aimé : la Cuvée Galifay 2009, Cairanne blanc, avec 70% de viognier et grenache blanc ; la Cuvée Nonciature 2009 Châteauneuf du Pape rouge, avec 60% grenache, 30% syrah et mourvèdre. Parmi de nouvelles cuvées de Côtes du Rhône, notons le rosé Rosa Rosam, avec grenache, surah, carignan et cinsaut : robe pétale de rose, bouquet frais et élégant de groseille et fraise des bois, belle fraicheur en finale avec des arômes de bonbon anglais. S’apprécie avec un risotto ou sur une cuisine exotique telle que tajine ou couscous.

Domaine de la Présidente, Route de Cairanne, 84 290 Sainte cécile les Vignes, 04 90 30 80 34. Site : www.presidente.fr.

14 octobre, 2011 | Zoom | la passion des vins |

Le Domaine de La Grange en Languedoc

Le domaine de La Grange est situé entre Faugères, mer Méditerranée et Parc Naturel du Haut Languedoc, sur les communes de Gabian et Fouzilhon. Les 30 hectares de vignes  entourent les chais d’un seul tenant.  Le vignoble est positionné en coteaux à 250 mètres d’altitude, au milieu d’un espace de nature vierge et encore préservé. La passion et l’enthousiasme de  Renate et Rolf Freund, les propriétaires, ainsi que de l’ensemble de l’équipe, ont permis l’élaboration de vins de qualité à la hauteur de ce lieu exceptionnel.
En effet, le  vignoble bénéficie de conditions de maturation uniques. Les parcelles, bordées de garrigue odoriférante, bénéficient d’une protection naturelle. De plus, grâce à l’alternance des vents du Nord et du Marin, les raisins murissent naturellement, dans de parfaites conditions sanitaires. Les sols sont d’une diversité étonnante : argilo-calcaire, grès, terrasses alluviales du quaternaire dans lesquels s’accumule une réserve d’eau disponible pour les vignes. Coté chais, la vinification est réalisée par parcelle afin de préserver la diversité et de proposer une palette riche pour les assemblages.
La gamme est structurée sur trois niveaux : La Grange Classique, La Grange Terroir et La Grange Castalides.
-La Grange Terroir – Syrah 2010 IGP Pays d’Oc issu de l’association de la Syrah  à un lieu-dit  « Cabanisse ». Ce vin est moderne par sa fraîcheur et son expression aromatique de fruits compotés. La bouche est souple avec des tanins présents.
-La Grange Castalides – Icône 2009, appellation Languedoc rouge, est un vin plus complexe, dû à un assemblage de macération carbonique et de vinifications traditionnelles élevées en bois. Les arômes sont toastés voire grillées mêlées à des notes épicées de clou de girofle. Les tanins sont légèrement rugueux du à leur jeunesse. Un vin de grande classe. Très bon potentiel de garde. Les prix TTC caveau sont de 5.95 euros pour le Terroir Syrah et 26.90 euros pour Icône.

23 septembre, 2011 | Zoom | Patrimoine |

Duras, un vignoble à découvrir

L’appellation des Côtes de Duras représente un petit vignoble de 1.700 hectares, répartis sur une douzaine de villages du Lot et Garonne, mitoyens de la Gironde et du Bergeracois. C’est peu dire que les vins affichent un cousinage évident avec leurs proches voisins : même climat, mêmes terroirs et mêmes cépages, sous réserve de ne pas oublier ondencs, muscadelles, malbecs et autres mauzacs, témoins de l’ampélographie ancestrale du cru.

Au coeur de la Vieille Guyenne, terre de polyculture familiale, de coteaux érodés et d’art de vivre typiquement sud-ouest, Duras se signale d’abord par son vieux et beau château, visite à recommander en ces grands jours de patrimoine. Tout autour, ce ne sont que vignes et cultures, paysage rassurant quand on prédit partout la fin de la France rurale.
Les producteurs de vins ont su varier les plaisirs, et proposent à la fois rouges, rosés, blancs secs et moelleux. Les vins blancs sont en effet traditionnels ici, et les rouges ne représentent finalement que 50% des volumes vinifiés chaque année. On compte 72 vignerons indépendants, et cent dix coopérateurs, adhérents  des deux caves de la région, celle de Landerrouat et celle de Duras, laquelle s’appuie sur l’ancienne et forte marque Berticot.

Reconnus en appellation depuis 1937, les vins de Duras peinent à se frayer un chemin, entre les Bordeaux à l’ouest, les Bergerac au nord et les Buzet au sud. Ils appartiennent comme ces derniers au vignoble du Lot et Garonne, qui ne manque pas d’atout, mais d’un affichage plus net en termes d’image et de personnalité. Il y a pourtant de belles découvertes à y faire, et des vignerons consciencieux à rencontrer, d’autant que beaucoup pratiquent la vente directe et reçoivent le visiteur. Duras mérite un détour et vaut une journée de découverte, dans un vieux terroir d’Aquitaine que n’ont pas encore pollué les flonflons de la mode et de la modernité.

21 septembre, 2011 | Zoom | pour mettre dans son cartable |

Des vins pour la rentrée…

La sélection des vins du Domaine de l'Ecole à Rouffach

A vos tablettes (numériques ou pas) pour inscrire quatre bonnes adresses viticoles.

1. Domaine de l’Ecole à Rouffach en Alsace.
Le vignoble de 14,6 hectares est conduit en « production intégrée » par la mise en œuvre de pratiques respectueuses de l’environnement.
Toutes activités, au vignoble ou en cave sont un support réel et efficace pour la formation pratique et technique des élèves, futurs vignerons.
Voici une sélection de deux vins les plus représentatifs du domaine :
- Le Riesling 2009 Côte de Rouffach orné d’un médaillon de qualité de la confrérie Saint-Etienne. « Appellation Village » réservée au Riesling, c’est un vin issu d’un coteau calcaire. Les amateurs de vins blancs secs seront sous le charme. Ces arômes délicats d’agrumes et de fleurs blanches s’accorderont à merveille sur un plateau de fruits de mer.
- Autre cuvée le Gewurztraminer 2009 Grand Cru Vorbourg qui profite d’un microclimat exceptionnel et d’un exposition Est-Sud-Est. Equilibre parfait entre les doux arômes de raisins, de pêches de vigne et d’épices. Je serai tenté de l’associer à un foie gras d’oie d’Alsace.

Le Domaine de l’Ecole, 8 aux remparts, 68250 Rouffach
T : 03 89 78 73 16 / 03 89 78 73 02
Site internet : Domaine de l’Ecole

Prix des vins :
- Le Riesling 2009 sigillé confrérie Saint-Etienne : 7,30 €
- Le Gewurztraminer Grand Cru Vorboug 2009 : 12 €

2. Domaine de Préau en Bourgogne
L’heure des foires aux vins est arrivée. Une chance pour vous de sélectionner ce Côtes de Nuits Village distribués par la Maison Bichot.
Un vin doté d’une belle robe rouge pour ce pinot noir 2008. Les parfums de fruits noirs, de baies sauvages sont caractéristiques de ce cépage. Des touches fruitées, épicées composent cette bouche équilibrée, charnue avec un bon fond tannique.
Il accompagnera un plat typique de sa région comme un coq au vin.
Prix de la bouteille, environ 10€ en Foire aux Vins chez votre détaillant préféré.

3. La « Punition » des Valentines 2009 en Provence
Le Domaine n’est pas connu pour être un mauvais élève des Côtes de Provence. Leur cuvée La Punition tient son nom de la longue et difficile vendange d’une parcelle de vieux ceps de Carignan plantés en 1945, un peu laissés à l’abandon, et dont les vignerons du Château des Valentines n’ont pu tirer que 25 hl à l’hectare.
Résultat je découvre un vin au fruité éclatant aux arômes de kirsch, de prunes suivis de notes d’épices. Les tannins mûrs sont élégants.
Déguster ce vin sur un carré d’agneau de Sisteron à la Provençale, sera la meilleure des punitions.

Panoramique depuis le Château des Valentines dans le Var

Château des Valentines
SCEA Pons-Massenot Vignerons
83250 La Londe-des-Maures
T : 04 94 15 95 50
Site internet : Château des Valentines

Prix du vin : 12,9 €

4. Cuvée « Bonnet d’Ane » 2006 du Domaine des Griottes en Val de Loire
Si vous avez l’occasion de trouver cette bouteille chez un bon caviste, au rayon Val de Loire, vous serez surpris par sa robe jaune soutenue. Un vin libre, sans souffre que l’on détecte déjà au nez. Intéressants arômes de poires, de coings et de pommes rappelant le cidre.
En bouche, ce vin combine une fraicheur fruitée avec une acidité arrondie typique au cépage chenin.
Vous recevrez des félicitations en l’associant à un émincé de Saint-Jacques à l’huile de vanille.

Domaine des Griottes
Le Layon
49750 Saint-Lambert du Lattay
Patrick Desplats, 02 41 66 61 28
Sébastien Dervieux, 06 82 00 32 67

Prix du vin : 7,5€

9 août, 2011 | Zoom | une belle rencontre |

Clos de l'Anhel : un Corbières inattendu…

Lors de mes dernières pérégrinations viticoles, je me suis arrêté pour un déjeuner à Cornilhac-Corbières à l’auberge « Coté Jardin », restaurant couronné d’un bib gourmand, où j’ai pu apprécier une cuisine de terroir revisitée par un jeune chef talentueux. La carte fait honneur aux bons propriétaires locaux.
C’est le cas du « Clos de l’Anhel 2009 » qui me fut proposé sur la cuvée « Les Terrassettes » à l’étiquette parlante illustrée de motifs géographiques.

Présent dans le verre par sa jolie robe violine, sa palette aromatique se distingue par des arômes veloutés et gourmands (mûre, myrtille, cassis) ;
Expressif et ample, il brille à table par son coté naturel. Issu de 64% carignan, 22% syrah, 11% grenache et 3% mourvèdre, c’est un vin qui séduit par sa fraicheur et son équilibre.
Derrière cet agréable breuvage se cache le talent d’une néo-vigneronne. Elle a créé son domaine en l’an 2000. Proche de sa terre, elle a remis en état son vignoble et elle travaille ses vignes selon les principes de l’agriculture biologique et biodynamique. Sophie Guiraudon élabore une autre cuvée « Les Dimanches » a base de carignan qui ne laissent pas indifférent.
Peut-être l’occasion de les apprécier lors d’une prochaine étape dans cette belle région des Corbières.

-       Clos de l’Anhel « Les Terrasettes » Corbières 2009 – 8,90€
-       Clos de l’Anhel « Les Dimanches » Corbières 2008 – 13€

A ne pas manquer : l’Auberge Coté Jardin à Cornilac Corbières.

Clos de l’Anhel
11220 Lagrasse
T : 04 68 43 18 12

5 août, 2011 | Zoom | pour la joie des dégustateurs |

Château Landereau en bordeaux supérieur

Bruno Baylet

Les efforts que la famille Baylet a déployés pendant un demi-siècle sont en passe d’être récompensés. Il y a 50 ans, Landereau n’était qu’une propriété banale et un vignoble médiocre, situé à Sadirac, près de Créon, dans l’Entre deux Mers. Les Baylet se sont mis à l’ouvrage, puis ont planté de nouvelles terres, ont remembré, défriché, drainé, terrassé, arraché, replanté, bref, n’ont pas cessé d’améliorer leur terroir, de moderniser leur outil de travail, et d’agrandir leur propriété.
Aujourd’hui, Landereau représente un vignoble de 73 hectares, 13 en blanc et 60 en rouges ; ils produisent d’excellents blancs secs et rosés, et des rouges qui figurent désormais dans le peloton de tête de l’appellation bordeaux supérieur. Les vignes sont enherbées et effeuillées, la vendange fait l’objet d’un tri minutieux, le rouge vieillit 18 mois en barriques, et constitue une cuvée régulièrement sélectionnée par les dégustateurs professionnels.
Avec une production désormais annuel de l’ordre de 500.000 bouteilles, d’une qualité régulière d’un millésime à l’autre, Landereau est aussi devenue une marque, vendue en direct par les Baylet. Plusieurs pays d’Europe en absorbent une partie, mais c’est le marché français qui en est le premier client, grâce à quoi on trouvera des bouteilles de Landereau rouge ou blanc, sur bien des tables de restaurant, à des prix toujours recommandables.

3 août, 2011 | Zoom | belle découverte |

Ballade en Provence au Château Routas dans le Var

Le Château Routas

Chaque année c’est le même rituel, à l’heure de la réouverture du restaurant où je travaille, me parviennent une multitude d’échantillons. Vins classiques, décevants parfois… et oui ce sont les risques du métier de sommelier !
Mais aussi belles découvertes. Et si je vous écris  aujourd’hui ces quelques lignes c’est pour vous faire partager mes bonnes impressions au sujet d’un domaine que j’avais visité il y a quelques années et qui revient sur le devant de la scène Provençale grâce au nouveau propriétaire, Sir David Murray.

Situé sur la commune de Chateauvert, au nord de Brignoles, au cœur d’une vallée, non loin de l’Argens, le Château Routas étend ses 41 hectares de vignes sur un site boisé de 293 ha entre promontoires calcaires et dépressions argileuses.

Parmi les bouteilles j’ai été séduit par la cuvée Coquelicot en VDP du Var blanc. Un joli viognier greffé sur des boutures de condrieu, s’il vous plaît !, et soutenu par un petit pourcentage de chardonnay. Le nom de la cuvée évoque les étendues de coquelicots sauvages qui couvrent les champs du domaine en été.
Preuve d’un viticulture intelligente et d’un certain naturel dans ce vin aux parfums subtils et délicats dus à l’association des deux cépages.
La bouche est ample, fruitées avec du gras et des arômes persistants de fruits exotiques.
Un vin d’apéritif qui sait parfaitement se tenir à table sur un poulet rôti à l’estragon par exemple.

En rouge, leur vin de pays de Méditerranée porte le no de Cyrano. Et sans jeux de mots, quel nez !
Une 100% syrah aux arômes troublants de myrtille et de violette. La bouche est gourmande, elle bat au rythme du fruit pour s’achever sur une pointe fumée et cacaotée.
Cyrano donnera la réplique… à un filet de bœuf sauce au poivre.

Autre cuvée issu de 60% syrah et 40% cabernet sauvignon, Agrippa en Coteaux varois en Provence.
Cette bouteille fait référence à Marcus Agrippa et tout particulièrement au temple d’Agrippa à Valetudo, site archéologique de Glanum. La dédicace du temple étant « A la bonne santé », et c’est vrai quelle donne envie de la déguster.
Sa robe pourpre est séduisante. Son bouquet mêle des senteurs de fruits mûrs et d’épices.
Après aération, se développent des notes de sous-bois. Sa structure au caractère bien affirmé en fera le vin de terroir idéal sur une daube provençale.
Résultat au fond des verres… ma sélection est faite même si c’est un domaine que vous ne retrouverez pas sur toutes les tables de la région car beaucoup de bouteilles partent à l’étranger.
Tant mieux pour moi si j’ai un peu d’inédit… c’est l’esprit de ma cave.

Prix des vins :
-       VDP du Var blanc, cuvée Coquelicot 2008 – 12 € ttc
-       VDP de Méditerranée rouge Cuvée Cyrano 2006 – 11€ ttc
-       Coteaux Varois en Provence rouge, Cuvée Agrippa 2004 – 7 € ttc

Château Routas
Rte de Barjols
Châteauvert
83149 Bras
T : 04 98 05 25 80

21 juillet, 2011 | Zoom | indépendance et liberté |

Clos de Mounissens : une curiosité bordelaise...

Hameau de Mounissens

Il aurait fallu que je possède un GPS pour trouver l’adresse de David Poutays, jeune vigneron Bordelais, caché au milieu du hameau de Mounissens, situé sur la commune de Saint-Pierre d’Aurillac dans le sud Gironde.
Après avoir joint le père du vigneron par téléphone, celui-ci me retrouva sur les plus hauts coteaux dominant le village qui rejoignent ceux des premières côtes. La situation de cirque de ces coteaux plongeant sur la Garonne favorise une bonne protection contre les gelées printanières, et le vent du nord assure une parfaite irrigation et un bon drainage. Cet égarement me permit de comprendre le terroir de plus près..

S’excusant de l’absence de leur fils, retenu pour des raison professionnelles à Bordeaux, les parents m‘accueillirent avec beaucoup de cordialités. Il faut dire que David Poutays n’exploite pas à plein temps son vignoble de poche. Mais les consignes avaient été données.
Sur la table du salon m’attendaient un certain nombres de flacons autour d’une terrine maison et d’un fromage persillé. Des vins en conversion vers la biodynamie depuis octobre 2002.
La famille Poutays du Clos de Mounissens produit sur 1,07 ha, différentes cuvées aux noms évocateurs correspondants aux millésimes ou aux cépages pour les rouges. Il y avait de quoi faire tourner quelques jolis verres…

Pour commencer, les Caprices du temps 2004 en vin de table rouge français. Léger à mon goût. Il trouvera certainement des amateurs pour se délecter des jolies notes de cerise accompagnées d’un brin d’animalité. Un vin au naturel facile à boire pour ce millésime à part.
J’ai préféré le 2003 pour sa concentration et son jeu de mots « Un gars berné » ; la profondeur du fruit et ses tannins veloutés montrent que c’est un vin bio long et imprégnant. La finale sur le pruneau reste en bouche. Du beau travail pour un millésime plein de chaleur.
Le cabernet 2005 oscille entre fraicheur est astringence. Le merlot 2005 est plus séduisant, la matière est présente. Belle expression du cépage toujours dans un style très naturel. Les blancs exploités sur 0,65 hectares seulement, issus de sémillon méritent d’êtres dégustés après les rouges tellement ils ont leur propre personnalités.
Le 1er Côtes de Bordeaux Saint Macaire 2003 et les « Racines de Mounissens 2003 » se distinguent par des robes jaunes soutenues. Ce dernier éveille les papilles par sa fraicheur apéritive où se mélangent des notes de cires d’abeille et de chocolat blanc. J’ai adoré l’énergie savoureuse de ce nectar.
Le 2009 s’apprécie pour la juvénilité de son fruit. Belle persistance en bouche, laissant deviner de jolies notes de raisins frais, de poire william et de prune à l’eau de vie.
Pour finir la dégustation, le 2005 cuvée « de l’Ombre à la lumière » est bien plus qu’une curiosité. Doux et fruité, le nez est sur la rose et la pomme. Il évoque un moscato d’Asti !
Son léger perlé fait frissonner l’épiderme. Un vin qui ne laisse pas indifférent.
Avant de partir j’ai pu apprécier tirés de la cuve les 2010 blanc et rouge très prometteurs.
Vous l’aurez bien compris, David Poutays et sa famille représentent un repaire viticole pour les amoureux des vins naturels.

Prix des vins entre 5 et 10€ ttc.

Clos de Mounissens
David Poutays
7, Mounissens
33490 Saint-Pierre d’Aurillac

T : 06 70 34 27 30 / 05 56 63 29 64

L’adresse à ne pas manquer
: L’Abricotier à Saint Macaire, très bon restaurant, proche du domaine.

19 juillet, 2011 | Zoom | soleil et mistral |

Ballade dans les caves de Terraventoux dans le Vaucluse

Vue sur le Mont Ventoux... en hiver

C’est au pied du géant de Provence à la sortie de Villes sur Auzon que vous apercevrez de grand bâtiments.
N’hésitez pas à vous arrêter car, derrière l’aspect « coopérative », se cache la dynamique cave Terraventoux où vous pourrez découvrir les crus de la région.
Née en 2003 de la fusion de deux caves, elle s’étend aujourd’hui sur 1200 hectares, répartis sur 8 communes sur les flancs sud de la célèbre montagne.

Son terroir est d’une grande diversité géologique et paysagère. L’altitude moyenne des vignes est de 350 mètres allant jusqu’à 650 mètres situées au cœur de la réservce de biosphère classée en 1990 par l’Unesco.
Pour l’amélioration de la qualité et la préservation de l’environnement, Terraventoux est entrée dans la démarche du développement durable.
Lors de mon passage, j’ai pu apprécier l’accueil professionnel du caviste-sommelier de la maison, Jean-Marc Thibaut. J’ai dégusté avec curiosité le viognier en VDP du Vaucluse à la robe jaune limpide.
Aromatique à souhait, il laisse transparaître une sensibilité printanière. C’est un vin agile qui ne joue pas dans la caricature. Fruité et minéral il trouvera vite des connivences avec des asperges vertes du pays.

Autre spécialité locale le Diamant Noir.
Terraventoux a crée une cuvée Terres de Truffes en Côtes du Ventoux 2007. Les vignes présentent la particularité de partager leur terre avec les chênes truffiers de la région.
C’est un vin issu des meilleures parcelles. Deux cépages Rhodaniens entrent dans la composition de cette cuvée 50% syrah et 50% grenache.
Son rouge sombre à reflets violacés colore vite le verre. Le nez est prometteur, avec des arômes de fruits noirs et d’épices douces.
Sans le laisser influencer par l’étiquette qui arbore l’image du champignon vauclusien je décèle quelques notes truffées. C’est un vin rouge appétissant à l’allure méridionale, agrémentée d’un fraîcheur réglissée très présente sur la finale.
Cette cuvée de terroir est en plein accord avec une brouillade aux truffes.

Mais c’est le Côtes du Ventoux 2008 cuvée « La Cavée » qui m’a le plus impressionné (Caver qui veut dire creuser en Provençal, mais dans le sens chercher des truffes)
Dominé à 70% par le grenache, appuyé par 30% de syrah issu de vieilles vignes.
Sa robe annonce l’intensité de ce nectar, les effluves de fruits bien mûrs et d’aromates sont expressives au nez.
La structure est noble et d’une grande tenue. Les tanins sont racés et enrobés, résultat d’un élevage soigné. Il mettra en valeur un Baron d’Agneau aux herbes.
La cave a développé de nombreuses activités oeno-touristiques ; sorties pédestres, cueillettes de plantes sauvages, dégustations autour de la truffe et des vins Terraventoux.
A vous de les découvrir lors d’une de vos prochaines balades.

Prix des vins :
- Viognier VDP du Vaucluse 2009 – 6 € ttc
- Côtes du Ventoux 2007 cuvée Terres de Truffes rouge – 9€ ttc
- Côtes du Ventoux 2008 cuvée la Cavée rouge – 10€ ttc

Cave Terraventoux
84570 Villes sur Auzon
T : 04 90 61 79 47

L’adresse à ne pas manquer :
Les Jardins du Ventoux, fruits et légumes, spécialités régionales – Rte de Carpentras à Mormoiron

16 juillet, 2011 | Zoom | champagnes de caractère |

La Maison Drappier en Champagne

Chais de vinification chez Drappier

De père en fils depuis bientôt deux siècles, les Drappier perpétuent la belle histoire d’une maison familiale, relativement discrète, qui met sur le marché, sans tapage, des champagnes de qualité. Leur ancêtre était bien drapier à Reims, et c’est en 1808 que François Drappier s’installe à Urville, dans la bien nommée rue des Vignes, pour produire et vendre du champagne. Ses descendants y sont toujours, fervents partisans des pinots de la Côte des Bar, dans l’Aube, l’autre grand terroir du champagne, dont on sait qu’il fut parfois sous-estimé à tort.
Les Drappier exploitent 95 hectares de vignes, en bien propre ou en contrats, principalement dans l’Aube, mais aussi dans la Marne, et produisent chaque année entre un et deux millions de bouteilles. Deux tiers partent à l’export, dans une quinzaine de pays, le reste chez les bons cavistes en France, les restaurants parisiens, et en vente directe, car les clients de Drappier sont fidèles. Plusieurs étiquettes se partagent la production, comme Grande Sendrée, Cuvée Collection, Brut Nature ou Millésime Exception, mais c’est la Carte d’Or la plus connue. C’est un vin dominé par le pinot noir issu du calcaire kimméridgien de la Côte des Bar, le même qu’à Chablis.
La maison Drappier s’est fait une spécialité des grands contenants, livrant ses champagnes en bouteilles, certes, mais aussi en gros flacons, allant de trois litres à 30 litres ! Onze tailles différentes de bouteilles, de la plus petite à la plus grande, cette dernière pesant 50 kilos une fois remplie ! Mais ce n’est pas sa seule singularité. Le champagne Drappier évite le pompage, le filtrage et le soufre, il est travaillé à l’ancienne, vieillit dans des caves du 19ème siècle, et fait l’objet d’un soin minutieux de remuage et de dégorgement. Les liqueurs de dosage sont élevées en barrique puis en bombonnes, et versées à dose homéopathique. Même chose pour les vins de presse.
Champagne bien connu des amateurs de « blancs de noir », Drappier poursuit sa route dans une sérieuse sérénité, sous la conduite de Michel Drappier. Dans le petit village lorrain d’Urville, il n’oublie pas que dans un autre village lorrain, appelé Colombey les deux Eglises, le Général de Gaulle fut pendant longtemps un client régulier de la famille. Aussi, depuis le 50ème anniversaire de l’appel du 18 juin, une cuvée millésimée porte son nom et son effigie. On est comme çà, chez les Drappier.

15 juillet, 2011 | Zoom | Quatre frères unis au service des Côtes de Provence |

Château de Brigue en Provence

Pour les oenophiles qui n’aiment pas se perdre sur les chemins viticoles cette adresse est idéale.
Au cœur du village du Luc en Provence, qui constitue un carrefour routier du centre Var, la tour hexagonale du 16ème siècle, haute de 27m, peut servir de repaire pour trouver le parking de la cave du Château de Brigue qui y est accolé.

A peine arrivé, coté cour, un défilé de médailles vous accompagne vers l’entrée du caveau.
Vous serez surement accueilli par Olivier Brun, l’un des quatre frères, unis au service de la Provence, responsables des ventes.
Le Château de Brigue tire son nom de la première parcelle plantée par leur grand-père au Cannet des Maures. Cette exploitation viticole compte parmi les plus importants domaines familiaux des Côtes de Provence avec ses 112 ha et la chance d’être implantée sur quatre terroirs bien distincts ; ceux du Luc en Provence, de Cabasse, du Cannet des Maures et de Gonfaron.
Deux gammes de vins m’ont été proposées.
Les cuvées Signatures au tempérament de fruits, joli souvenir d’une longueur inoubliables pour le rosé 2010 à dominante fruits rouges issu de 50% de grenache, 40% syrah et 10% cinsault.
Le blanc 2010 à 65% sémillon assorti de 20% clairette et 15% rolle n’est pas en reste avec ses saveurs d’infusions…
Abordable pour beaucoup de palais le rouge 2009 Signature dégage une sensation d’équilibre et de fraicheur. Réunis autour du mourvèdre (30%), syrah (30%), grenache (20%) et carignan (20%).
Toute aussi complète la gamme Prestige offre des vins de gastronomie.
Quatre cépage entrent dans la composition du Rosé Brigue Prestige 2010 (cinsault 50%, Cabernet sauvignon 30%, syrah 10% et grenache 10%). Un rosé aromatique à la structure dynamique de type fruité et exotique.
Le Blanc, 100% rolle est plus marqué au palais. Il se caractérise par un style agrumé, relevé d’arômes grillés et de noisettes. Une révélation pour moi sur ce millésime 2010.
Le duo intéressant 50% grenache, 50% cabernet à l’origine de la cuvée prestige rouge millésimée 2007 Côtes de Provence, permet d’apprécier son coté sauvage mais civilisé. A carafer une heure avant pour profiter de la finesse du fruit.
Depuis deux ans le Château propose à sa clientèle Bulle de Brique, un effervescent haut de gamme, méthode traditionnelle, à la robe, orangé pâle. Issu d’un subtil assemblage de grenache et de cabernet sauvignon. Ses fines et abondantes bulles ont de la tenue en bouche. Une nouvelle manière d’apprécier un rosé de cette région dans des coupes préalablement rafraichies.

Un quatuor qui fourmille d’idées pour mettre en avant leurs vins et faire parler de cette plaine viticole du Luc en Provence.

Prix des vins :
-       Signature blanc 2010 – 5,60€ ttc
-       Signature rouge 2009 – rosé 2010 – 7,90€ ttc
-       Prestige blanc 2010 – 7,20€ ttc
-       Prestige rouge 2007 – rosé 2010 – 9,90€ ttc
-       Bulles de Brigues – 24€ ttc

GAEC Brigue
2 place pasteur
Le Luc en Provence (83)
T : 04 94 60 74 38

www.domainedebrigue.com
L’adresse à ne pas manquer : Restaurant « La Pièce de Bœuf » au Cannet des Maures.

13 juillet, 2011 | Zoom | des terroirs et des hommes |

Château d’Arricau Bordes à Madiran

Château d'Arricau Bordes

Les seigneurs d’Arricau s’établirent dans le Béarn au cours du Moyen Age, et restèrent fidèles à leur terres jusqu’à l’extinction de la famille en 1751. Le beau château d’Arricau Bordes, perpétue leur nom, et élève une élégante architecture de style Renaissance, dans le village du même nom. Il est situé au nord de Pau, dans le département des Pyrénées Atlantiques, aux confins du Gers et des Hautes Pyrénées. Ce pays-là, surnommé le Vic Bilh, c’est-à-dire le Vieux Pays, est celui du Madiran et du Pacherenc, ces vins gascons qui ont la solidité d’un pilier de rugby, et la singularité attachante des cépages, des terroirs et des hommes, dont l’authenticité demeure la règle.
Au Château d’Arricau Bordes, un homme courageux est venu à la fin du vingtième siècle et replanta, rénova, remembra, bref créa un vignoble digne de ce nom et relança une étiquette oubliée. Après les investissements de M. Terradot, pendant l’An 2.000, la Cave de Crouseilles, appuyée par sa maison mère, le puissant groupe coopératif Plaimont, acheta le vignoble qui s’étend aujourd’hui sur 14 hectares de rouges, et un hectare de blanc.
Les vignes sont plantées à 5.000 pieds par hectare, en exposition plein ouest, sur les terroirs composites du Madiran, où l’on trouve des éboulis pyrénéens, des sables fauves, des galets roulés et de l’argilo-calcaire, mais pas au même endroit… Il suffit de prendre la jolie petite route de crêtes qui va de Lembeye à Aire sur l’Adour, pour découvrir le château et son vignoble, nichés sur des pentes de coteaux souvent abruptes, mais propices à un heureux développement du tannat. C’est le cépage roi des vins rouges du Madiran, qu’on associe souvent à des cabernets, ou à quelques vieux cépages locaux, ainsi conservés. Le tannat donne au vin sa corpulence, ses arômes de fruits noirs, de réglisse, de pruneau, et une enviable longévité.
A force de progrès, le vin d’Arricau Bordes est devenu l’une des fiertés du groupe Plaimont, qui n’a plus peur de le présenter comme l’un des « grands crus » de l’appellation Madiran. Il est vrai qu’il en donne désormais une très bonne image, et le château lui-même, encore plus.

24 juin, 2011 | Zoom | ballades en calèche |

Château Lanessan à Cussac dans le Médoc

Château Lanessan 2009

C’est une belle propriété que l’on ne peut pas rater sur la route dite des châteaux, qui amène de Bordeaux à Pauillac en passant par Margaux et Saint Julien. Sur la commune de Cussac, au cœur de l’appellation Haut Médoc, le château Lanessan dresse son architecture composite, mêlant les styles Renaissance et gothique. Il a été construit par André Delbos en 1878, selon les plans de l’architecte Abel Duphot. Il est toujours dans la même famille aujourd’hui, puisque ce sont les héritiers des Delbos, la famille Bouteiller, qui possède Lanessan, ainsi que les châteaux voisins de Sainte Gemme et Lachesnaie.
Lanessan représente un vignoble de 45 hectares, plantés de cabernet sauvignon (60%), petit verdot et merlot. Un tiers environ de la récolte est commercialisé sous la marque Les Calèches de Lanessan, second vin du domaine. Ces calèches évoquent ces voitures hippomobiles centenaires, que l’on peut admirer dans l’étonnant Musée du Cheval de Lanessan. Ce musée est ouvert tous les jours, et vaut aussi par la qualité des écuries et de la sellerie. C’est ouvert tous les jours. La visite permet de découvrir les vins du cru, qui affichent une personnalité plus affirmée depuis quelques années.
C’est surtout vrai que depuis que Mme Paz Espejo, oenologue bordelaise, a repris en mains la gestion de Lanessan. On retrouve la finesse et la densité des vins de cabernet sur un terroir bien médocain de graves garonnaises, tels qu’ils avaient fait la réputation de Lanessan dès le 19ème siècle, mais aussi dans les années 1950 et 1960.
Les millésimes 2009 et 2010, bien servis par d’excellentes conditions climatiques, ont amené des vins soyeux et profonds, dont l’élégance et la pureté ont aussitôt séduit les amateurs. Vendus à une vingtaine de négociants de la place de Bordeaux, ces vins ont vite trouvé en primeur le chemin de l’export. Ce renouveau semble le résultat de vendanges un peu plus tardives, d’un gros travail des sols à la vigne, et d’une rigueur accrue au chai. Mais déjà la route était tracée avec les excellents millésimes 2000 et 2001, prêts à boire aujourd’hui ; ce sont des vins au bouquet bien typé, aromatiques et persistants, qui illustrent parfaitement l’appellation Haut Médoc. Lanessan est bien un cru bourgeois, mais aussi un bourgeois gentilhomme.

20 juin, 2011 | Zoom | valeur sûre |

Château Vieux Robin en Médoc

Avec son ancrage ancestral dans cette vieille terre viticole du Médoc, la famille Roba ne fait pas douter de la pérennité et de la vitalité de la propriété familiale. Maryse et Didier Roba, avec leur fils Olivier, sont installés à Bégadan, la première commune de l’appellation Médoc, à l’enseigne du Château Vieux Robin, cru bourgeois de vingt hectares. Il s’agit d’un ancien domaine, longtemps appelé les Anguilleys, déjà constitué en 1840. Longtemps, le vin s’est vendu en vrac, pour le plus grand bonheur du négoce bordelais qui achetait toute la récolte. Puis Maryse et Didier Roba ont su dynamiser leur terroir, et c’est maintenant en bouteilles que le vin prend la route des négociants de la place.
Trois étiquettes sont proposées pour la production : Château Vieux Robin, grand classique de la propriété, la cuvée Bois de Lunier, issue des plus vieilles vignes, et la Cuvée Collection, qui passe 24 mois en barriques. Il faut en ajouter une quatrième, celle du vin blanc sec, baptisé Blanc de Lunier, élaboré avec le cépage sauvignon, pour 1.500 bouteilles à peine. Ces sauvignons plantés sur la partie la plus calcaire du terroir, sont vinifiés entièrement en barrique, et donnent en bouche un bouquet floral et beaucoup de finesse.
Mais ce sont bien évidemment les rouges qui retiendront l’attention de l’amateur, avec 55% de cabernet, 5% de petit verdot et 40% de merlot. Ce sont des vins corsés et bien charpentés, mais où perce toujours une belle expression aromatique, avec des notes de cassis et de fumée. Par-dessus tout, le vin étonne par sa capacité de vieillissement, qui défie le temps. Il est courant de déguster à la propriété des 1989 ahurissants de jeunesse, des millésimes 1970 et 1975 qui n’ont pas une ride, mais une virilité qui n’exclut pas la finesse. On appréciera aujourd’hui les vins des années 1990 tel le parfait 1998, et on aura soin de décanter deux heures avant de servir les vins jeunes, qui ont besoin d’un peu d’aération pour exprimer leur beau potentiel. C’est une valeur sûre dans une cave.
Le château Vieux Robin est distribué par une vingtaine de négociants bordelais, mais les particuliers peuvent acheter sur place ; on visite sur rendez-vous au 05 56 41 50 64 et tous les renseignements sont sur le site internet du Château Vieux Robin.