17 juillet, 2008 | Primeurs 2007 | Bilan |

Les châteaux qui ont souhaité mettre leur vin sur ce marché très particulier des primeurs ont été deux fois moins nombreux et encore, seule une cinquantaine de grands crus, de réputation mondiale, peuvent se targuer d’avoir vendu la totalité des volumes proposés.
Cette campagne en demi-teinte était attendue, en raison d’un environnement monétaire défavorable. La force de l’euro par rapport à la livre et surtout au dollar, pénalise les acheteurs britanniques et américains, qui sont traditionnellement en première ligne pour ces achats. En revanche, plusieurs pays d’Asie en ont profité pour entrer sur ce marché spécifique. Le Japon, la Corée, Hong Kong et Singapour, ont acquis des marques fortes, telles les premiers crus du Médoc et de Saint Emilion, mais aussi des crus de renom comme La Mission Haut Brion, Pontet Canet, Branaire Ducru, ou Lynch Bages. Les crus bourgeois et les vins moins cotés ont connu plus de difficultés pour séduire les acheteurs.
L’export n’a donc pas acquis, comme prévu, des volumes comparables à ceux des quatre années précédentes, mais le marché intérieur a, en revanche, pris position. C’est notamment la grande distribution qui a acheté ce millésime en primeur, sans espoir de spéculation lucrative, mais dans le but de constituer un stock attractif pour les futures foires aux vins, et pour garder leur place sur un marché qui devient très concurrentiel en cas de grand millésime.
On notera aussi que les particuliers, grâce au développement des achats par Internet, ont été nombreux à s’inscrire, et n’ont pas boudé leur plaisir, tant dans les crus de rouge que du Sauternais.
Enfin les prix ont diminué pour les premiers crus du Médoc avec une baisse remarquée de moins 26% par rapport au millésime 2006. Mais beaucoup d’autres châteaux se sont contentés d’une baisse symbolique de moins 5%, ou même d’essayer de vendre au même prix que l’an passé. Ce qui n’a pas toujours très bien marché. Ceci explique peut-être cela…
23 juin, 2008 | Primeurs 2007 | Bilan |

Elle pourrait trouver son épilogue à la fin juin, et l’on attend cette semaine la mise sur le marché des quelques vins qui n’ont pas encore été proposés. A ce jour, deux cents étiquettes ont été mis en vente en primeur, et encore y avait-il parmi elles des vins blancs et rosés, ainsi que des seconds vins. Sur le plan des volumes, c’est donc une campagne très moyenne, inférieure de moitié à celle du millésime 2005. En outre, les grands marchés de l’exportation n’ont pas répondu avec enthousiasme aux offres du négoce bordelais, et la commercialisation de ces vins correspond à une ambiance générale, plombée par la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, la crise bancaire internationale et le choc pétrolier. Toutes choses qui n’incitent pas à des achats de vins massifs.
D’autant que le millésime 2007 n’a pas su séduire les acheteurs ni les grands dégustateurs internationaux, comme avaient pu le faire les quatre années précédentes, beaucoup mieux réussies dans les vignobles bordelais.
C’est donc une fois encore le marché intérieur, et notamment les grandes enseignes de la grande distribution, qui sont les principaux acheteurs de ces vins, à condition qu’ils soient proposés à des prix nettement plus bas que le millésime 2006, ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là. On notera aussi que les particuliers, attirés par les offres en primeur que des maisons spécialisées font sur Internet, deviennent des clients de plus en plus nombreux de cette campagne.
Il reste que les grands vins, dont le nom est une marque solide, ont, comme d’habitude, trouvé preneur malgré une conjoncture défavorable.
C’est principalement le cas des plus grands crus du Médoc, dont le nom est mondialement connu, et pour lesquels la demande faiblit rarement.
Cependant, c’est seulement en juillet que l’on pourra faire un bilan définitif de cette campagne qui apparaît à ce jour en demi-teinte.
3 juin, 2008 | Primeurs 2007 | C'est parti! |

En effet, après plusieurs semaines où ce marché semblait fort attentiste, des propriétaires d’étiquettes emblématiques du vignoble ont sauté le pas, et proposé leur récolte aux négociants de la place de Bordeaux. C’est principalement le cas de crus très connus comme Lynch Bages ou Carbonnieux, mais aussi Olivier, Meyney, Grand Puy Ducasse, ou Les Ormes de Pez. Ces vins sont « sortis » sur le marché à des prix à peine inférieurs à ceux du millésime 2006. Cette première semaine de juin pourrait donc permettre de savoir enfin si le marché veut, ou non, payer ces vins au même prix que ceux de l’année précédente, où bien s’il préfère attendre un millésime plus porteur, c’est-à- dire plus qualitatif et donc plus spéculatif. D’ores et déjà, on croit savoir que les gros acheteurs de l’exportation ne vont pas effectuer des achats considérables, compte tenu de la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, qui les pénalise.
Mais il reste que l’achat en primeur est toujours intéressant pour l’acheteur qui veut fidéliser un approvisionnement, constituer un stock ou servir des clients qui recherchent des grands crus. Ceux-ci sont en effet terriblement contingentés, et leur prix en primeur est toujours inférieur à celui qui sera proposé deux ans plus tard, après la mise en bouteille
13 mai, 2008 | Primeurs 2007 | C'est parti |

A ce jour, ce sont surtout les crus classés de Sauternes et Barsac qui se sont mis sur le marché. La plupart sont à des prix légèrement supérieurs à ceux de l’an passé, en raison de la qualité jugée unanimement exceptionnelle du millésime 2007, pour les blancs liquoreux. Mais cette hausse est relative car ces vins sont généralement peu chers en comparaison des crus classés de rouges. Ces derniers se font un peu attendre, et rares sont les grands crus qui ont dévoilé leurs «prix de sortie». On peut tout de même citer Beychevelle à 21 euros hors taxe, au lieu de 22 l’an passé, ou bien Quinault à 16 euros hors taxe au lieu de 18 l’an passé. La plupart des crus «sortis en primeur» sont plutôt des bourgeois ou assimilés, et leurs prix sont très proches de ceux de l’année dernière. Le négoce attend désormais avec impatience l’arrivée sur le marché bien spécifique des crus emblématiques, type premiers et seconds crus classés, ainsi que des marques fortes, habituées à être vendues en primeur
29 avril, 2008 | Primeurs 2007 | Bordeaux |

Les opérateurs spécialisés de la place de Bordeaux, courtiers et négociants principalement, ne cachent pas leurs incertitudes devant la réalité de cette campagne. D’une part, le dollar veut deux fois plus cher (par rapport à l’euro) qu’en 2001, quand les américains ont acheté massivement le millésime 2000; d’autre part, le millésime 2007 ne possède pas la qualité ni l’image des grands millésimes bordelais récents.
Ces deux raisons incitent les acheteurs à se montrer prudents. D’autres font remarquer que le marché international est toujours demandeur de très grands crus, et que les stars du vignoble bordelais trouveront toujours des clients dans un monde où la possession et la consommation des grands vins s’apparentent à celles des produits de luxe. Il reste que ces stars n’excèdent pas une trentaine de marques, et qu’il y a traditionnellement entre 300 et 400 crus de Bordeaux qui tentent leur chance, chaque année, sur le marché des primeurs. La plupart n’y vendent qu’une partie des volumes espérés, mais on se rappelle qu’au printemps 2006, la quasi totalité des volumes du millésime 2005, mis en marché à des prix en hausse, avait trouvé preneur. Devant un millésime 2007 qui n’offre pas de grands potentiels spéculatifs, la demande risque d’être limitée à celle du marché intérieur, et des acheteurs habituels de l’Union Européenne.
Quelques nouveaux venus pourraient aussi en profiter pour entrer sur ce marché, comme les importateurs de Hong Kong, débarrassés depuis deux mois des taxes douanières, ou ceux de Russie, de plus en plus friands de grands vins français. Quant aux prix de sortie de ces vins, attendus par le négoce avec une forte baisse, ils constituent encore une inconnue, et la propriété semble s’amuser à faire durer un drôle de suspense….
9 avril, 2008 | Primeurs 2007 | Bordeaux 2007 |

Celle-ci regroupe 130 châteaux parmi les plus fameux du Bordelais (Yquem, Cheval Blanc, Lynch Bages, Beychevelle, etc), et draine chaque année vers les chais 5.000 professionnels du vin, qui viennent découvrir le dernier millésime en cours d’élevage. Le millésime 2007 a été marqué par une climatologie singulière, un printemps humide et un été morose, faisant suite à une floraison capricieuse. Une forte pression du mildiou s’est abattue sur les vignes, encouragée par une pluviométrie excédentaire.
Fort heureusement, le soleil revenu au cours des mois de septembre et d’octobre a permis de sauver la qualité de ce millésime, à condition d’effectuer un travail minutieux et souvent coûteux à la vigne, puis une sélection sévère au chai. Les bons vignerons ont souvent attendu la maturité maximum pour vendanger des raisins bien mûrs ( jusqu’à fin octobre dans le Médoc) ; ils ont en outre évité de trop longues extractions, laissant à leurs vins la fraîcheur du fruit.
L’année 2007 restera à Bordeaux comme un très bon millésime de vins blancs secs et aussi de liquoreux, grâce à une arrière saison exceptionnelle.
Les rouges reflètent une météo bien difficile, et constituent un millésime de transition, avec des vins qui seront vite prêts à boire, et utiles pour un marché de consommation relativement rapide.
Ces vins constituent à leur manière une belle prouesse, et compte tenu des conditions climatiques, il n’est pas exagéré de considérer les plus réussis comme un défi lancé (et gagné) aux redoutables circonstances de leur naissance. Sur ce point, les viticulteurs girondins, dont les vins seront agréables à boire, ont manifesté un savoir faire et une compétence qui méritent d’être signalés.
Pour autant, ce n’est pas un cas général, et ce millésime demeure extrêmement hétérogène. Si l’on excepte les blancs, tous délicieux, il n’y a guère que l’appellation Pessac-Léognan qui affiche en rouge un niveau qualitatif homogène et général. Les grands terroirs ont parlé avec talent, et leur micro-climat a fait le reste. Ce sont des vins très bordelais, classiques, fins, avec un fruit net, où l’on retrouve ce petit goût fumé qui disparaissait naguère trop souvent sous le bois. Parmi les plus attractifs, on peut citer Carbonnieux, Haut Bailly, Latour Martillac, Fieuzal, Chevalier, Les Carmes Haut Brion, Smith Haut Lafite, Pape Clément. Ce millésime confirme aussi les progrès de Bouscaut et Olivier, qui font un retour remarqué depuis le début du siècle, parmi l’élite. La réussite globale de cette appellation, ajoutée à la qualité des vins blancs, fait penser que le millésime 2007 en Gironde est surtout l’année du Sud. L’appellation Pomerol a produit des vins agréables, parfois un peu simples a regard de millésimes plus complexes, moins denses que les années précédentes, mais pas moins plaisants, avec des tanins fins et fondus, et des arômes de fruits, doux et friands, s’ils ne sont pas masqués par un excès de barrique neuve. Ces vins seront sans doute assez vite bons à boire, et représentent à leurs façons une bonne expression de leur terroir dans un registre souple et fin, tels Petit Village, Gazin, Rouget ou Vieux Maillet.
Saint Emilion présente un cas d’école, très différent, avec des vins magnifiques, et d’autres médiocres, signe que la nature du terroir ou de l’encépagement, et l’intuition du vinificateur, ont eu à jouer cette année une forte partie. Parmi les premiers crus, on relève la qualité de Figeac, Canon, Clos Fourtet, Angelus et La Gaffelière, vins le plus souvent épicés, bien équilibrés, et conforme autant à leur sol qu’à ce millésime. De nombreux autres crus classés ont également joué une partition de terroir et de modestie, tels Corbin, Clos des Jacobins, Les Grandes Murailles, Franc Mayne ou Laroze. Dans cette catégorie, le Clos Saint Martin et Grand Corbin Despagne paraissent même au dessus du lot.
Mais s’il y a des victoires, il y a aussi des défaites, et l’amateur sera confronté au rude défi d’avoir à faire le tri parmi les très bons, les bons, et les moins bons. C’est aussi le cas de Médoc, où l’abondance des étiquettes impose une sévère sélection dans des qualités disparates. La maturité tardive des cabernets a autorisé des vendanges de bonne qualité en octobre, sous le soleil, et donné des vins de bon aloi, souvent harmonieux et consistants, mais pas tous. On y relève, comme sur la Rive Droite, des finales amères et des tanins rustiques. Beaucoup de vins sont classiques, fruités et seront rapidement bons à boire.
Le millésime 2007 a aussi révélé les progrès manifestes de crus bourgeois, dont l’image était un peu endormie à la fin du 20ème siècle, et qui se réveillent aujourd’hui pleins de promesses, tels Malleret, Villegeorges ou Larrivaux. Dans les grands crus classés et les appellations communales du Médoc, 2007 apporte de bonnes surprises, et les grands terroirs de Pauillac et de Saint Julien sont au rendez-vous de la qualité. Osons tout de même quelques coups de cœur: Monbrison, Armailhac, Angludet, Le Tertre, Pontet Canet, Saint Pierre, Kirwan, Giscours, Batailley, Belgrave.
Au total, il semble que l’on n’aurait pas pu faire beaucoup mieux, compte tenu des conditions climatiques. Et il parait à peu près certain que les soins importants apportés à la vigne, ainsi que les progrès constants de l’œnologie, ont contribué à sauver un millésime qui eût été sans nul doute infiniment plus médiocre il y a vingt ans.
3 mars, 2008 | Primeurs 2007 | Bonne nouvelle |
Elle s’établit à un peu plus de 1,5 million d’hectolitres, en hausse de 3,2%. Ce sont les crémants, avec une progression de près de 14%, qui tirent plus particulièrement la moyenne vers le haut. L’hétérogénéité du millésime a conduit certains producteurs de blancs à se tourner vers la production de vins effervescents. Blancs et rouges affichent des progressions modérées, qui sont respectivement de l’ordre de 2,7 et 1,7%.
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