7 novembre, 2011 | Viticulture | Save the date |
Le Challenge Millésime Bio, concours international réservé aux vins issus de l’agriculture biologique, aura lieu le 22 novembre prochain, au Mas de Saporta, à Lattes, dans l’Hérault. Il est organisé par l’association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc Roussillon. Ce sera la cinquième édition de ce concours, où l’on devrait déguster près de 800 échantillons, venus de France et de toute l’Europe.
Les lauréats pourront être dégustés à l’occasion du Salon Millésime Bio, 19ème édition du Salon Mondial des Vins Biologiques, qui aura lieu du 23 au 25 janvier 2012 au Parc des Expositions de Montpellier. Cette manifestation rencontre un vif succès, et a pris une ampleur spectaculaire depuis quelques années, grâce à la vogue des vins bio, sur plusieurs marchés.
4 novembre, 2011 | Viticulture | Le bio, un état d'esprit |
A la demande de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), plusieurs chais ont été sélectionnés à travers la France, pour tester des protocoles spécifiques à la vinification biologique.
La cave des Vignobles Gilles Louvet, située à Brouzet les Alès dans le Gard, a été choisie comme l’une des bases test pour le futur cahier des charges. Elle est dédiée à 100% au bio.
Les essais porteront sur les modalités d’acidification lactique et tartrique, dont le but est d’améliorer la qualité en utilisant des produits naturels. Des tests ont déjà été faits sur des micro -vinifications, et ils vont être désormais réalisés en grandeur nature sur des vins blancs et rosés. L’association Interprofessionnelle des Vins Biologiques et l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO), ont décidé par ailleurs que cette cave de Gilles Louvet serait un site pilote pour que les organismes certificateurs puissent tester les nouveaux points de contrôle liés à la vinification biologique (R.F.).
3 novembre, 2011 | Viticulture | la France en tête |
Selon des chiffres officiels, et désormais pratiquement définitifs, la France a produit cinquante millions d’hectolitres de vins aux vendanges 2011, soit une hausse sensible de 11% sur le millésime précédent, qui était déficitaire par rapport à la moyenne.
Ce volume place la France à la première place des pays producteurs de vins, devant l’Italie (42 millions d’hectolitres) et l’Espagne (36 millions d’hectolitres). Ainsi, l’Europe demeure largement en tête de la viticulture mondiale. Il faut toutefois noter que l’Espagne et l’Italie affichent des volumes en baisse très nette de -9% et -17%, respectivement. Même chose pour le Portugal, qui a vinifié six millions d’hectolitres seulement, soit 17% de moins que l’an passé. En revanche l’Allemagne a produit 9,2 millions d’hectolitres, soit une hausse majeure de +33%.
On ne sait pas encore si ces différences de production auront des répercussions sur le prix de vente des vins en France, notamment sur le marché du vrac, toujours assez bas. L’incertitude économique en Europe pèse aussi sur le marché du vin, et les observateurs se gardent de toutes prévisions….
2 novembre, 2011 | Viticulture | le combat continue |
Suite à la fronde des professionnels français de la viticulture contre le projet européen de libéraliser les droits de plantation de la vigne dans l’Union Européenne, à partir de 2016, la confédération nationale des appellations d’origine poursuit un lobbying intense à Paris comme à Bruxelles, pour combattre ce projet.
Le gouvernement français s’y est officiellement opposé. Huit autres pays producteurs ont suivi et appuyé cette démarche, notamment l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie, Le Portugal ou l’Autriche. Et le président Sarkozy s’est personnellement engagé dans ce sens.
Plus récemment, la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, qui regroupe tous les syndicats viticoles de la Gironde, a pu mobiliser les parlementaires du département, et les convaincre des risques importants d’une telle libéralisation. Ces élus ont parfaitement compris le message. Il reste maintenant, selon les producteurs très inquiets, à convaincre plusieurs pays d’Europe encore rétifs à la nécessité de maintenir les droits de plantation en l’état, et de former une majorité suffisante à Bruxelles, pour faire reculer le conseil des ministres de l’agriculture de l’Union Européenne. Le combat continue ….
24 octobre, 2011 | Viticulture | ampélographie |
Les amateurs d’ampélographie vont être servis : pendant deux jours, les premières « Rencontres des cépages modestes » vont avoir lieu à Saint Côme d’Olt, un village de l’Aveyron proche d’Espalion.
Au cours du week end des 29 et 30 octobre, on pourra débattre de l’intérêt de ces cépages un peu oubliés, souvent minoritaires, que quelques passionnés veulent remettre au goût du jour, histoire d’échapper à la standardisation envahissante des grands cépages internationaux. Sous la conduite du chroniqueur Philippe Meyer, du journaliste André Deyrieux, du chercheur Jean Rosen, et de plusieurs spécialistes on dégustera et appréciera les vertus du prunelard, de l’ondenc, du verdanel, du chouchillon, de la counoise, du pointou et du mauzac, sans compter le braucol, le persan et tous les autres…. Tous renseignements sur le blog des Cépages Modestes.
12 octobre, 2011 | Viticulture | conditions délicates |
Encore une année très précoce !!! Comme beaucoup d’autres vignobles français, et même européens, celui de Bordeaux a vécu un millésime extrêmement précoce.
La plupart des propriétés avaient fini leurs vendanges fin septembre, notamment dans le Médoc où il est courant de ramasser les derniers cabernets à la mi-octobre. Cette précocité a aussi été celle des vendanges en blanc, commencées le 16 août à Haut Brion ! Un record.
Le millésime 2011 est par ailleurs celui d’une climatologie folle et inédite. Un printemps incroyablement chaud et sec, un juillet qui fut le plus arrosé depuis trente ans, aout normal, septembre d’abord pluvieux puis anormalement chaud : il fallait avoir le cœur bien accroché pour garder son calme à l’approche de vendanges difficiles, guettées en permanence par la présence de la pourriture.
Tout cela a créé des conditions délicates, et il est évident que ce millésime ne saurait se comparer à ses deux glorieux prédécesseurs. Pour autant, sous réserve d’avoir bien trié leurs raisins, les viticulteurs consciencieux ont du bon vin dans leurs chais. Ceux du Médoc, dont les cabernets ont bénéficié des journées de grand soleil de la mi-septembre, et qui ont pris le risque d’attendre un peu malgré une pourriture menaçante, ont des cuves de très belles qualités. Idem à Saint Emilion.
Le travail au chai, les sélections et les assemblages seront décisifs pour mettre sur le marché un millésime hétérogène et compliqué, mais qui réserve à l’évidence de très belles surprises. Mais on en saura davantage après les écoulages et les dernières macérations. C’est-à-dire dans un mois.
12 octobre, 2011 | Viticulture | recherche |
L’Inra travaille actuellement à un programme de recherches d’envergure s’il débouche sur des résultats tangibles, car il pourrait bouleverser la pratique même de la viticulture dans certaines régions.
Le défi : trouver de nouvelles variétés de vignes résistantes au mildiou et à l’oïdium. Dans le cadre d’un programme national mené à Bordeaux, Colmar, Montpellier et Montreuil-Bellay (près de Saumur), des vignes sont plantées à partir de croisements réalisés à partir de régent, un cépage allemand, et de muscadine. “C’est une espèce voisine de la vigne qu’on trouve aux Etats-Unis”, indique Gérard Barbeau, chargé du programme à l‘Inra d’Angers depuis 2004.
Sur les 450 croisements opérés, 111 nouvelles variétés ont été reproduites dans un premier temps et plantées sur un porte-greffe Fercal. La réaction de chaque pied est étudiée sur feuille et sur grappe à différents stades de la vigne, afin de sélectionner rapidement les plus intéressants. Certains résistent bien au mildiou mais moins bien à l’oïdium, d’autres se comportent à l’inverse. Des mini-vinifications ont été réalisées en blanc, rosé et rouge, et dégustées par des techniciens et des vignerons.
L’Inra d’Angers en a conservé cinq, à la fois pour leur résistance aux maladies et pour leur qualité de raisins, et de vins. Elles ont été multipliées et seront plantées en expérimentation en 2012 avec une centaine de ceps chacune. “Si ça marche, on peut imaginer une inscription au catalogue vers 2016-2017”, conclut Gérard Barbeau.
10 octobre, 2011 | Viticulture | à la recherche de l'équilibre |
Face à des hausses de stocks provoquées par deux millésimes généreux, qui pèsent sur les cours, les vignerons d’Anjou-Saumur ont décidé pour ce millésime 2011 de raisonner les rendements. En rosé d’anjou, cabernet d’anjou, saumur rouge, saumur mousseux et cabernet de saumur, les producteurs ont ainsi voté une baisse de volume autorisé par rapport aux années précédentes. Selon les appellations, le volume baissera de 2 à 5 hectolitres par hectare, soit en revenant au niveau inscrit dans les cahiers des charges, alors qu’ils demandaient un peu plus chaque année, soit en se positionnant sous le rendement de base. L’objectif est de se rapprocher au plus près de l’équilibre entre l’offre et la demande.
4 octobre, 2011 | Viticulture | récolte généreuse |
Les vendanges se terminent. Les professionnels de la Vallée du Rhône sont satisfaits et sereins. Le très beau temps qui a régné sur la Vallée du Rhône pendant toute la période des vendanges a permis de ramasser les raisins dans des conditions idéales. La récolte s’annonce prometteuse et abondante. Après plusieurs années de baisse, elle devrait être supérieure de 15 à 20 % à celle de l’année dernière, soit plus de 1,5 millions d’hectolitres pour les Côtes du Rhône Régionaux. 2011 va donc renouer avec des rendements conformes à la production moyenne décennale des appellations rhodaniennes. Le millésime 2011 sera favorable à certains cépages notamment le Grenache et la Syrah dont les volumes sont satisfaisants. Les quantités pourraient être plus limitées pour les cépages secondaires. Très saine, la situation actuelle est propice à une grande qualité. Le millésime 2011 se rapproche aujourd’hui des millésimes 2000 et 2009 qui ont été largement reconnus.
Elégance, souplesse et fraîcheur pour le Sud :
Pour Nicolas Constantin, responsable du service conseil œnologie à Inter-Rhône, « Dans les Côtes du Rhône méridionales, la finesse des tanins est très remarquée sur la Syrah : le millésime 2011 offre déjà de belles promesses avec une fraîcheur due à de belles acidités. »
Finesse et générosité pour le Nord : Dans les Côtes du Rhône septentrionales, les vendanges sont très étalées. « On constate de belles intensités colorantes pour Cornas et Saint-Joseph, une récolte généreuse pour l’appellation Côte-Rôtie » indique l’œnologue Fabien Ozanne, œnologue.
15 septembre, 2011 | Viticulture | spectaculaire |
L’agriculture biologique connait un incontestable succès auprès des viticulteurs. Selon les derniers chiffres publiés par la profession, la viticulture en mode de production biologique a dépassé en France les 50.000 hectares, contre 39.000 en 2009. Le nombre d’exploitations est passé de 3.000 à 4.000, ce qui est une progression spectaculaire. Le Languedoc, la Provence et l’Aquitaine sont en tête des régions françaises pour la vigne bio. Quant au marché de ces vins, il s’élevait à 322 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, avec une progression de 8% par an.
23 juillet, 2011 | Viticulture | découverte |
 Le Vignoble Corse (source Wikipedia)
Le vignoble corse est important, et tout chargé d’histoire ; cependant, il reste encore relativement méconnu. La vigne y pousse depuis des millénaires, et successivement les Grecs, les Romains, les Génois, les Italiens et enfin les Français, ont goûté ses vins, souvent classés parmi les meilleures productions de la Méditerranée. Le climat, les terroirs et la ventilation naturelle de l’ile, sont des facteurs de qualité pour la vigne, du moins pour les cépages locaux adaptés aux chaleurs estivales.
Après des hauts et des bas, le vignoble corse représente aujourd’hui 7.200 hectares, que cultivent 420 producteurs, éparpillés sur tout le pourtour de l’ile, du nord au sud. Ils produisent près de 400.000 hectolitres de vins, dont 150.000 hectolitres en appellations, le reste en vins de pays. La production se partage entre 50% de rosés, 30% de rouges et 20% de blancs.
Sur le plan économique, il n’est pas interdit de savoir que le vignoble corse va générer cette année près de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, faisant vivre 400 familles de vignerons qui emploient mille salariés. Grâce à quoi, la vigne est bel et bien devenue la première activité agricole de l’ile. C’est un renouveau spectaculaire depuis une dizaine d’années, ce que confirme le président du comité interprofessionnel des vins corses, Jean-Marc Venturi : « Aujourd’hui, nous manquons de vins. On pourrait vendre 600.000 hectolitres sans problème !…. »
Avec trois millions de touristes par an, Français, Italiens et Allemands pour l’essentiel, la Corse n’a pas de mal à écouler ses vins, dont les progrès qualitatifs sont avérés. De Patrimonio à Figari, en passant par Ajaccio, Calvi ou Sartène, plusieurs appellations communales ont entériné un renouveau, basé sur la reconnaissance de cépages ancestraux, le vermetino en blanc, les niellucciu et sciaccarellu en rouges. Les fameux muscats du Cap Corse, avec près de 2.000 hectolitres de production, complètent une gamme de vins fins, connus désormais au-delà de la mer, à Paris comme à New York. Les trois caves coopératives de l’ile ont une politique exportatrice majeure dans ce domaine, alors que les vignerons indépendants sont plutôt enclins à vendre leurs vins en direct, à des restaurants ou des clients insulaires.
Pour le président Venturi, le vignoble corse est une sorte de nouveau monde viticole pour la France, signifiant par-là que ses spécificités, ses progrès et ses cépages singuliers, l’éloignent de la banalisation standardisée des vins de l’autre Nouveau Monde. De ce point de vue, on savait que la Corse n’a pas l’habitude de faire les choses comme tout le monde. Mais en matière vinicole, cette confirmation vaut la peine d’être vérifiée le verre à la main. On y fera de belles découvertes.
18 juillet, 2011 | Viticulture | élégance retrouvée |
 Une belle expression du terroir typique de Chateauneuf du Pape
Le Domaine des Sénéchaux est l’une des plus anciennes propriétés du vignoble de Chateauneuf du Pape. Les vignes s’étendent sur 24 hectares de cépages noirs, où l’on trouve le grenache pour deux tiers, la syrah et le mourvèdre, sur un terroir typique de gros galets roulés, avec sous-sol d’argiles et de sables ; et puis deux hectares de vignes blanches, plantées de roussanne, bourboulenc, clairette et grenache blanc.
Ce vignoble a été parfaitement conduit et exploité par M. Roux, qui l’a vendu en 2006 à Jean-Michel. Personnalité bien connue du monde du vin, Jean-Michel Cazes et sa famille sont propriétaires du château Lynch Bages, cru classé de Pauillac, et de plusieurs autres vignobles en Gironde, en Languedoc et dans le monde. Avec l’arrivée d’un nouveau propriétaire, et de son équipe de vinificateurs, le vin des Sénéchaux a gagné en consistance et surtout en élégance. C’est ainsi que les grenaches sont élevés en cuves et en foudres, et surtout pas dans le bois neuf, qui est inconnu dans ce chai.
Depuis quelques millésimes, tout se passe comme si une belle endormie était en train de se réveiller, plus belle encore. Le vin se fait progressivement connaitre, et gagne des places dans les dégustations. On le trouve autour de 30 euros la bouteille, chez les cavistes et à l’export ; il est également vendu en restauration. Le blanc des Sénéchaux, assemblage classique de quatre cépages traditionnels de Chateauneuf, échappe à la lourdeur de certains de ses voisins. Issu d’une parcelle rafraichie par son exposition au nord, il montre une souplesse aussi agréable qu’inhabituelle en ce lieu. Mais c’est évidemment le rouge dont les progrès, à partir de 2007, recueillent des suffrages mérités.
7 juillet, 2011 | Viticulture | complexe |
La question du maintien ou de la suppression des droits de plantation de la vigne continue à diviser les pays de l’Europe et la Commission de Bruxelles. On sait que celle-ci a décidé en 2008 de supprimer les droits de plantation de la vigne dans les pays de l’Union, à partir du 1er janvier 2016. Depuis que cette proposition a été votée, plusieurs professionnels ont réalisé les dangers d’une telle décision, et font campagne pour le maintien des droits de plantation.
A ce jour, onze pays se sont finalement élevés contre la suppression des droits, parmi lesquels les plus importants producteurs, c’est-à-dire la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie. Plus récemment, le parlement européen de Strasbourg a lui aussi pris position pour le maintien des droits, demandant à la commission de revoir sa copie. Mais plusieurs pays, comme la République Tchèque, exigent la suppression, et chacun déploie un lobbying forcené dans les couloirs de la Commission….
Le syndicat général des Vignerons de Champagne a voté à son tour une ferme délibération pour le maintien des droits de plantation, dont le président Sarkozy s’est fait clairement le défenseur. Les Champenois ont convié les élus européens à en débattre, et « s’inquiètent des conséquences dramatiques de cette libéralisation, tant sur l’économie viticole, que sur l’aménagement du territoire, le tourisme ou les paysages ».
5 juillet, 2011 | Viticulture | management environnemental |
Le Système de Management Environnemental du vin de Bordeaux, lancé par l’interprofession, vient de connaitre son premier succès. L’association qui regroupe 27 entreprises viticoles engagées dans une démarche de protection, a été certifiée ISO 14 001. Cette association regroupe des grands noms de la viticulture bordelaise (Dubourdieu, Lurton, Ducourt, Cathiard) aussi bien que des négociants (Rothschild, Castel), des châteaux (Chauvin, Poupille, Pressac) ou des coopératives (Saint Emilion). Soit plus de deux mille hectares de vignes et un groupe parfaitement représentatif de la filière viticole girondine.
Ils sont engagés dans ce « management environnemental », visant à préserver les terroirs et à installer une gestion durable. De nouveaux groupes se constituent déjà dans le Bordelais, ce qui conforte la politique interprofessionnelle en matière d’environnement, politique qui a aussi lancé avec le Bilan Carbone et le Plan Climat.
De leur côté, les vignerons de la Coopérative de Buzet, dans le Lot et Garonne, se lancent dans la sauvegarde de la biodiversité. Ils viennent de signer une convention avec la Sepanlog, société de protection de la nature du département, visant à faire du domaine de Gueyze un vignoble pilote en la matière. Gueze s’étend sur 78 hectares d’un seul tenant, et produit un des meilleurs vins de Buzet. C’est désormais un lieu d’étude de la faune, de la flore et des oiseaux, et un conservatoire la vie sauvage (tulipes, belette, insectes, faucon, etc), en parallèle avec l’exploitation viticole pilotée par la coopérative. Cette convention est une première, dont il sera intéressant de faire le bilan dans un an ou deux.
27 juin, 2011 | Viticulture | architecture viticole |
 Château Cheval Blanc - Le nouveau chais La création du chai du château Cheval Blanc, premier cru de Saint Emilion, écrit un nouveau chapitre du livre spectaculaire ouvert à Bordeaux sur le thème de l’architecture viticole. Ce grand et beau bâtiment est l’œuvre de l’architecte français bien connu Christian de Portzamparc, et vient d’être inauguré à l’occasion du Salon Vinexpo. Les propriétaires du cru, Albert Frère et Bernard Arnault, ont reçu des centaines d’invités, principalement des professionnels du vin et de l’architecture, à l’occasion de multiples réceptions, déjeuners et dîners, en compagnie de Pierre Lurton, directeur du domaine et de Christian de Portzamparc.
L’occasion a donc été donnée d’admirer la qualité de cet ouvrage qui frappe l’esprit par son originalité et son esthétique. Il abrite un vaste cuvier où sont installées 52 cuves en béton, fabriquées sur mesure à Padoue en Italie, et contenant de 40 à 80 hectolitres de vins; elles sont destinées à la vinification de chacune des 52 parcelles du vignoble, qui donnent un premier vin, très cher, en quantité limitée, et un second vin bien coté, le Petit Cheval. Sous ce cuvier unique, qui rassemble tous les instruments de l’oenologie les plus perfectionnés, se trouve un chai à barriques, en briques de terre cuite ajourées, qui laissent passer une ventilation adaptée, et une climatisation sophistiquée. Tout est en rondeur, sans angle apparent, et dégage une sereine majesté. Le bâtiment est coiffé d’un jardin suspendu où l’on accède par ascenseur ou par un large escalier extérieur en bois. Un tapis de bleuets pousse sous des arbustes, et de là-haut, la vue embrasse les vignes de Pomerol et de Saint Emilion, de Pétrus à Figeac, et au-delà.
La plupart des visiteurs sont bluffés par ce qui s’installe d’emblée parmi les plus beaux chais du monde. Le béton s’allie avec suffisamment de bois et de verre, pour faire entrer la lumière naturelle, et laisser une impression de douceur, où la modernité ne heurte pas. Ce bâtiment a coûté treize millions d’euros tout compris, soit un peu plus que son voisin de Soutard, cru classé de Saint Emilion, qui prend place parmi les plus belles réalisations de l’année, mais n’a coûté « que » dix millions d’euros. On attend maintenant le futur chai du château La Dominique, mitoyen de Cheval Blanc, dont la réalisation a été confiée à Jean Nouvel, autre star de l’architecture française. Il va s’élever à quelques dizaines de mètres de celui de Portzamparc. Après le chai de Mario Botta au Château Faugères, et avant celui d’Alberto Pinto à Pavie, c’est une véritable compétition architecturale qui s’installe à Saint Emilion.
22 juin, 2011 | Viticulture | Techniloire |
C’est l’un des sujets qui agite de temps à autre la filière. Entre la demande des consommateurs, et les choix de vinificateurs, la gestion du SO2 occupe beaucoup d’esprits. La réduction des doses de sulfites est un enjeu pour la filière et un défi œnologique. Mais cette réduction demande plus de rigueur, de vigilance et de maîtrise pour lutter contre l’oxydation et les micro-organismes. C’est le thème retenu cette année pour la matinée Techniloire qui se déroulera le 7 juillet, à compter de 9 heures, au Lycée Edgard Pisani de Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire. Les différents intervenants aborderont les aspects clés et les moyens pour réduire de façon optimisée les doses de SO2. Le programme complet est disponible sur www.techniloire.com. Inscription obligatoire : d.bonnaud@vinsdeloire.fr.
22 juin, 2011 | Viticulture | Val de Loire |
Mauvaise surprise pour les producteurs de savennières roche aux moines et savennières coulée de serrant, au dernier Comité national de l’Inao. Leur cahier des charges était présenté pour une ultime validation, et un vote devait entériner ainsi la reconnaissance et la protection juridique de ces deux petites appellations, qui ne sont jusqu’à présent que des mentions complémentaires de l’AOC savennières. Mais un point a fait tiquer les services des Fraudes suivis par les représentants du négoce à l’Inao. Les deux ont refusé que soit inscrite l’obligation d’embouteillage à la propriété que souhaitaient les producteurs. Même si sur ces deux appellations, il n’y a pas de marché de vrac, dans la mesure où le seul producteur de savennières coulée de serrant et les huit producteurs de savennières roche aux moines embouteillent leur vin dans leur domaine, et pratiquent la vente directe. Pour autant, le texte a été refusé et devra être présenté sous une nouvelle mouture. Les producteurs de ces deux appellations réfléchissent à la meilleure stratégie pour défendre leur position sans pour autant bloquer la reconnaissance de leurs appellations. Le dossier devrait être réétudié en septembre.
17 juin, 2011 | Viticulture | tradition viticole |
C’est en 1971 qu’est décrétée l’appellation d’origine Coteaux d’Ajaccio, une dénomination qui sera remplacée par celle d’Ajaccio en 1984. Son identité doit beaucoup au sciaccarellu, un cépage noir véritablement autochtone et qui a trouvé-là sa terre d’élection.
Après celle de Patrimonio, obtenue en 1968, l’appellation qui a consacré le vignoble de la région d’Ajaccio n’a pas manqué de prendre en compte sa spécificité majeure, le sciaccarellu, au point de rendre ce constituant obligatoire à plus de 60% dans les assemblages de rouge ou de rosé. Capable de donner des rouges de garde, ce cépage trouve donc dans le rosé un nouveau faire-valoir, un atout pour une couleur qui représente désormais une part substantielle de la production locale (38%.) Bien que largement répandus sur l’île, les sols granitiques constituent un autre facteur d’identification du terroir, jouant ici en faveur de la finesse et de la suavité des expressions, et accentuant leur personnalité minérale avec le temps. L’aire délimitée compte 242 ha, partagés entre quatorze domaines, avec de solides ambassadeurs de l’Ile de Beauté (Clos Capitoro, Domaine Comte Péraldi) et des valeurs montantes, inspirées par la biodynamie, comme le Domaine Comte Abbatucci, ou le Domaine U Stiliccionu.
15 juin, 2011 | Viticulture | on vous doit plus que la lumière... |
La coopérative des Vignerons de Tutiac, située à Marcillac de Blaye, dans le nord de la Gironde, est l’une des premières de France pour la production de vins d’appellation. Elle pilote six sites de vinification et sept magasins de vente directe. Mais elle constitue surtout une entité économique et sociale de premier ordre, avec 550 viticulteurs adhérents, qui cultivent 4.000 hectares, produisent 30 millions de bouteilles de vins chaque année, et font vivre au total, avec une centaine de salariés, un millier de familles dans le Blayais.
Engagée dans une politique de gestion durable, la cave des Vignerons de Tutiac a pu s’étonner de payer de fortes notes d’électricité sur certains de ses sites de production, et s’est confiée à EDF pour en connaitre la cause. EDF a aussitôt pratiqué un audit général de la coopérative, et a détecté des fonctionnements anormaux d’appareils électriques, que ce soit pour l’éclairage, la thermorégulation des cuves, les chaudières, les compresseurs d’air, ainsi que des fuites de mauvaises isolations, etc… Et cela dans tous les bâtiments et sites du groupe. Des mesures ont donc été prises aussitôt.
Le résultat a fait apparaitre un gain de 9.000 euros dès la première année, puis, désormais, un potentiel d’économie garanti par EDF de 35.000 euros, une fois revus entièrement les matériels, les procédés et les habitudes de consommation de la coopérative. Nul doute que cet argent sera mieux employé dans la qualité, la commercialisation et la promotion des vins rouges, blancs et rosés qui font des Vignerons de Tutiac une des plus importantes entreprises viticoles de Bordeaux, et le premier producteur en volume pour les vins des appellations Côtes de Bordeaux.
4 juin, 2011 | Viticulture | vin d'été |
Le clairet de Bordeaux est une production singulière, une appellation unique qui recouvre des vins pas tout à fait rosés, mais pas tout à fait rouges non plus, et qui se situent exactement entre les deux. On pourrait dire aussi que ce sont des rosés très corsés, ou bien des rouges très légers. Ce sont en tout cas des vins d’été, à consommer frais, dans les deux années qui suivent les vendanges. Ils affichent une couleur plus foncée que les rosés, et des arômes de fruits rouges traditionnels des cépages dont ils sont issus, c’est-à-dire merlot et cabernets.
Aux vendanges du millésime 2010, on a compté 230 producteurs de clairet en Gironde, pour 688 hectares, et un volume de production de 35.600 hectolitres. Par comparaison les producteurs de rosés étaient alors plus de mille, cultivant 4.400 hectares, et produisant 226.300 hectolitres. Ceci montre que le clairet est une niche dans la production totale des vins de Bordeaux, qui dépasse couramment les cinq millions d’hectolitres. Mais c’est une vieille tradition qui se maintient, et qui conserve un fidèle club d’amateurs. Pour certains, le clairet serait même l’ancêtre des vins rouges du Bordelais, le fameux « claret » cher aux Anglais, qui était un rouge léger et fruité à boire dans l’année. Le clairet de Bordeaux est produit principalement sur les coteaux qui bordent la Garonne, en amont de la ville, ainsi que dans l’Entre deux Mers. La cave coopérative de Quinsac s’en est fait une spécialité.
25 mai, 2011 | Viticulture | chaleur |
En raison du temps estival qui règne sur la France depuis plus d’un mois, la vigne avance à pas de géant. Elle a fleuri dans de nombreuses appellations avec trois semaines d’avance. Cette précocité est surtout spectaculaire dans les vignobles de la moitié nord du pays, et du Bordelais. Les Champenois, notamment, envisagent de vendanger à la fin du mois d’août, si cette vague de chaleur se maintenait.
A Bordeaux, cependant, les professionnels font remarquer que la forte sècheresse qui sévit actuellement, pourrait entrainer un « stress hydrique » suffisant pour bloquer l’évolution de la maturité de la vigne. Et qu’ainsi privée d’eau, la plante ne pourrait plus fournir de sucres au raisin. En attendant, il apparait d’ores et déjà que les conditions climatiques du millésime 2011 sont inédites, avec un printemps hors norme, et des températures jamais vues, dont on ne mesure pas encore complètement les conséquences sur la physiologie de la vigne.
17 mai, 2011 | Viticulture | mobilisation |
Neuf pays membres de l’Union Européenne ont concrétisé leur opposition au projet de suppression des droits de plantation de la vigne au plan communautaire, en adressant début mai une lettre au Commissaire européen chargé de l’agriculture, Dacian Ciolos. Dans ce texte signé conjointement par les ministres de l’Agriculture de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, de Chypre, du Luxembourg, de Hongrie, d’Autriche, du Portugal, et de Roumanie, les Etats expriment leurs vives inquiétudes pour l’avenir de la filière viticole si aucune maîtrise de la production n’est organisée.
Dans leur missive, les neuf Etats, rejoints à la mi-mai par l’Espagne, un allié de poids, demandent de “réviser les mesures applicables au vin lors des prochaines échéances communautaires” et rappellent leur demande d’un maintien de l’encadrement des plantations après 2015.
Face à cette mobilisation, Pierre Aguilas, le président de la Confédération Nationale des Appellations (CNAOC), reste néanmoins prudent : “Cette position commune est importante, mais pas suffisante. Elle ne donne pas aux dix pays producteurs une majorité de vote au sein de l’Union européenne. Par contre, elle permet de dégager une minorité de blocage. Ce qui veut dire que ces gouvernements pourront s’opposer à une mesure prise par la Commission dans le secteur viticole qui irait à l’encontre, ou qui ne tiendrait pas suffisamment compte, de cette lettre”.
6 mai, 2011 | Viticulture | grande année |
Les nombreuses dégustations de vins, organisées le mois dernier à Bordeaux pour le millésime 2010, ont permis aux professionnels de toute la filière de se faire une opinion plus précise de la nature et de la qualité des grands crus dans ce millésime. On savait qu’il s’agissait d’une très bonne année, et cela a été largement confirmé. D’ailleurs, les récentes notes du dégustateur américain Robert Parker le disent assez nettement. Ce critique a, en effet, donné la note maximum de 100 points sur 100 à dix grands crus, considérés comme les stars du millésime 2010. Ce sont, par ordre de publication : Pétrus, Ausone, Haut Brion, Lafite, Latour, La Mission, Mouton, Beauséjour-Duffau, Eglise Clinet et Pontet Canet. On notera que Pichon Baron et Montrose suivent de près avec la note de 99+…
Il est donc désormais admis que c’est à nouveau une grande année qui est dans les chais des châteaux bordelais, venant après le millésime 2009, jugé également de très grande qualité, et d’ailleurs acheté fort cher en primeur. Pour autant, chacun s’accorde à trouver les 2010 différents des 2009 : plus classiques, un peu plus fermés à ce stade de leur évolution, parfois un peu plus durs, mais aussi avec une pointe de vivacité bienvenue. Ce sont des vins qui sont pour ces raisons bien bordelais, avec un gros potentiel aromatique, beaucoup de puissance et de matière, et une aptitude réelle à une longue garde.
Le millésime 2010 apparait en outre comme un millésime complet à Bordeaux, dans le sens où toutes les appellations ont également profité des bienfaits de la météo. De Pauillac à Castillon, en passant par Pomerol, Listrac, Léognan, Blaye ou Saint Emilion, tous les vins rouges sont appréciables et réussis. La particulière maturité du cépage cabernet-sauvignon laisse augurer de très bonnes affaires dans la catégorie des crus bourgeois, réservoir de rapports prix / qualité très attractif. Tous les vins blancs sont également à la fête, qu’ils soient secs ou liquoreux. Les amateurs de bonnes bouteilles de Graves et de Sauternes seront donc excellemment servis.
Il faut espérer que la belle image de ce millésime, considéré comme un grand classique bordelais, permettra aux grands crus de tirer les petits, toujours pénalisés par des prix de vente très bas, et souvent dans une situation économique très précaire.
3 mai, 2011 | Viticulture | écologie |
Certains papillons s’avèrent indésirables dans la vigne, lorsqu’ils pondent dans les grappes, et que leurs larves dévorent les raisins. Pour y remédier, il y a évidemment des traitements insecticides, mais il y a aussi la méthode de la confusion sexuelle. Elle consiste à installer dans les rangs de vignes des petites capsules qui libèrent dans l’air des phéronomes sexuelles, c’est-à-dire des odeurs spécifiques de femelles, qui attirent les mâles. Mais ceux-ci s’épuisent à voler de capsules en capsules, et ne fécondent plus les femelles.
De nombreux vignobles en France pratiquent cette méthode, jugée plus écologique que les traitements chimiques, même si elle est plus chère. Tout récemment, onze châteaux de Pomerol se sont associés pour mettre en place cette confusion sexuelle à grande échelle, c’est-à-dire sur une centaine d’hectares. En supprimant les traitements conventionnels, les viticulteurs limitent les passages de tracteurs dans la vigne, toujours préjudiciables à la vie des sols. Et donc à la bonne santé du terroir.
29 avril, 2011 | Viticulture | passion d'entreprendre |
Clément Fayat est un chef d’entreprise d’origine corrézienne qui a bâti un empire en Gironde puis en France, qui l’a conduit à diriger un des premiers groupes français de travaux publics. Il est aussi très attaché à la vigne et possède plusieurs crus en Gironde. Tout récemment, il a créé une nouvelle étiquette et une nouvelle entité de production avec le Château Fayat, qui porte tout naturellement son nom et celui de ses enfants et petits-enfants.
Le Château Fayat est situé à Pomerol, et s’étend sur 16,5 hectares ; il regroupe trois petits crus précédemment connus sous les noms de Commanderie de Mazeyres, Vieux Bourgneuf, et Prieurs de la Commanderie. Ces trois vignobles ont donc fusionné, et ne font désormais plus qu’un. Le cuvier tout neuf et les chais du Château Fayat ont été inaugurés en grandes pompes au cours d’une réception donnée par Clément et Jean Claude Fayat.
La famille Fayat possède également le Château La Dominique, cru classé de Saint Emilion, et le château Clément Pichon, cru bourgeois du Haut Médoc. Les Vignobles Fayat sont dirigés par Yannick Evenou.
21 avril, 2011 | Viticulture | rareté |
Rare et concentré sur le littoral varois, le tibouren fait mieux que survivre entre les mains d’habiles vignerons, ayant trouvé dans le rosé la seule expression à sa mesure. Originaire d’Asie Mineure et exclusif au département du Var, ce cépage ancestral a été supplanté par les variétés plus accommodantes au mode cultural dominant. Dans les Côtes de Provence, il en subsiste environ 300 hectares dont le produit sert l’assemblage des rosés, couleur à laquelle le prédisposent ses caractères physiques.
Traditionnellement planté sur les vignobles du littoral, on repère le tibouren dans les environs d’Hyères, de Saint-Tropez et de Fréjus. Son « épicentre » a d’ailleurs été un domaine situé au Pradet, entre Hyères et Toulon, appelé Clos Cibonne. En effet, c’est là qu’il a trouvé son protecteur et propagateur en la personne d’André Roux. Ancien propriétaire des lieux, ce dernier a, semble-t-il, été à l’origine de maintes plantations de tibouren sur des vignobles de la bordure maritime. Son successeur, Claude Deforges, en préserve actuellement 11,5 ha, perpétuant un style unique de rosé élevé en vieux foudre, tout en élaborant des cuvées « modernes », sans goût oxydatif. Dans ces vins, le cépage intervient à hauteur de 70 à 90%, le mono-cépage n’étant pas autorisé en AOC.
S’il est majoritairement implanté non loin de la mer, le tibouren s’avère également apte à des terroirs plus continentaux. Ainsi, à Château Roubine, dans le Centre Var, y trouve-t-on quelques 4ha dont 3 ont été plantés il y a 7 ans à partir d’une sélection de souches indigènes. L’ensemble pourvoit largement (90%) son rosé haut de gamme.
Issu jusqu’à peu des seules sélections massales, le tibouren connaît maintenant deux variétés clonales agréées, dont l’une va d’ailleurs entrer en production au Domaine de Curebéasse, qui pourtant n’a eu de cesse de valoriser ses tibourens « authentiques. » Dans cette double démarche, il faut voir une propriété bien dans la ligne du décret de son terroir de Fréjus, où le cépage figure parmi les composants obligatoires du rosé. Même s’il ne s’agit que d’une reconnaissance d’estime, cette mesure a le mérite de mettre au grand jour un plant historique, resté forcément accessoire dans l’appellation de tutelle, les Côtes de Provence.
30 mars, 2011 | Viticulture | observatoire |
L’Association interprofessionnelle des vins bio du Val de Loire a vu le jour en ce début d’année 2011, autour d’une trentaine d’opérateurs, majoritairement des vignerons, qui ont ensuite élu leur bureau en mars. Jacques Carroget, producteur à mi-chemin entre le pays nantais et l’Anjou, a été élu à la présidence. Cette nouvelle structure qui se veut “légère”, est composée de trois collèges : producteurs, metteurs en marché (qui commercialisent au moins 50 % de vins bio) et distributeurs. Deux entreprises de négoce spécialisées ont d’ores et déjà rejoint l’association : Biovidis et Abionysos.
La première mission que s’est donnée cette nouvelle interprofession est de créer un observatoire de la filière des vins bio du Val de Loire. Elle souhaite ainsi recenser les producteurs (certifiés ou en conversion), les surfaces, les volumes… “Il faut qu’on sache précisément ce que pèse la viticulture bio dans le Val de Loire”, indique le président. Elle attend également qu’Interloire, l’interprofession des vins de Loire, lui fournisse des statistiques sur les contrats signés en bio sur cinq AOC de volume : muscadet, cabernet d’anjou, crémant de loire, touraine sauvignon et chinon. Pour cela, il faudrait qu’une case “bio” soit ajoutée au contrat interprofessionnel existant. “L’objectif est de bien informer les vignerons, avec de vrais prix pour les vins bios”, estime Jacques Carroget.
29 mars, 2011 | Viticulture | prestige provençal |
Promulgué en 1955, le statut des Crus Classés de Provence n’entérine pas une hiérarchie ayant le marché pour critère fondateur, à l’instar de son homologue bordelais de 1855, mais consacre un long processus de qualification d’une élite vigneronne provençale. La genèse des Crus Classés de Provence prend racine à la toute fin du XIXe siècle (1895), lorsque des vignerons varois décident de se fédérer autour de valeurs culturelles et patrimoniales. Cet esprit continuera d’imprégner leurs démarches lorsqu’il s’agira de se démarquer du tout-venant qui caractérisait la production dominante de l’époque. Cette volonté de distinction aboutit finalement à sa prise en compte par l’INAO en 1955, lorsque cette voix officielle désigne 23 d’entre eux dans un classement des « Côtes de Provence », homologué bien avant que l’AOC du même nom ne voie le jour.
Dans cette promotion, les critères inhérents à cet organisme sont entrés en jeu, sauf que le décret ne considère pas des entités communales, comme c’est l’usage, mais des unités viticoles indépendantes. Cependant, dans une Provence qui tarde à se faire reconnaître collectivement (AOC obtenue en 1977 seulement) et loin d’être sur la voie salutaire du rosé, la conjoncture va faire que cinq Crus Classés disparaissent en tant que propriété. Par la suite, la région connaît des mutations plus positives et entreprend sa partition officielle en terroirs, tandis que sa couleur de prédilection absorbe progressivement sa production.
On assiste alors au bouleversement de tout un vignoble avec d’immanquables incidences sur la hiérarchie admise, ce dont certains membres des Crus Classés prennent conscience en décidant de s’associer en un groupement d’intérêt économique (G.I.E.) Créé en 2001, ce « Club des Crus Classés » voit sa dynamique renforcée en 2005, sous l’impulsion de sa présidente d’alors, Valérie Rousselle, propriétaire de Château Roubine. Cependant, les contraintes exprimées dans le nouveau cahier des charges, nommé « Charte d’Excellence », font naître des divergences et entraînent des défections au sein du groupe. C’est ainsi que seuls huit crus classés y adhèrent aujourd’hui, sous la conduite de Adeline de Barry, qui veille sur la destinée de son Château de Saint-Martin.
Malgré cette scission officieuse, les dix-huit domaines classés continuent de se rassembler derrière cette bannière avec un pragmatisme dicté par un contexte plus concurrentiel. En effet, les plus prestigieux d’entre eux s’appliquent à justifier leur rang dans l’absolu, tout en jouant cette carte de visite. Quant aux titulaires moins saisis par la notoriété, ils œuvrent pour se maintenir ou se hisser au niveau du cercle de qualité régional, motivés par la plus-value d’un label bien servi et loin d’être désuet.
Les dix-huit Crus Classés :
Domaine de l´Aumérade, Château de Brégançon, Domaine de la Clapière, Clos Cibonne, Domaine de la Croix*, Château du Galoupet*, Domaine du Jas d’Esclans*, Château Mauvanne*, Ch. Minuty, Clos Mireille (Domaine Ott), Domaine du Noyer, Domaine de Rimauresq, Château Roubine*, Château Sainte-Marguerite, Château de Saint-Martin*, Château de Saint-Maur*, Château Sainte-Roseline*, Château de Selle (Domaine Ott).
25 mars, 2011 | Viticulture | histoire et patrimoine |
La spécificité de la Bourgogne viticole réside dans ses climats. Le climat bourguignon est une parcelle de vignes soigneusement délimitée, connue depuis des siècles, constituant un assemblage géologique, hydrologique et géographique propre à produire un grand vin. C’est le mariage du terroir, de la tradition et du savoir-faire de l’homme, qui représente une rareté ; elle n’a pas d’équivalent dans aucun vignoble au monde. C’est pour cela que la Bourgogne souhaite que ses climats soient inscrits au patrimoine de l’humanité à l’Unesco, et qu’elle en a fait la demande officielle.
Une association s’est créée avec pour parrains Aubert de Villaine et Bernard Pivot, appuyée par les forces vives et politiques de toute la région. De multiples manifestations et expositions, notamment photographiques, vont avoir lieu pour porter et promouvoir cette candidature. L’une d’elles est promise à un certain retentissement, c’est la Marche des Climats le 8 avril à 19 heures. Il s’agit d’un spectacle son et lumières entre Chambolle-Musigny et le Clos Vougeot ; au même moment, sera signée la Charte territoriale, qui engage toute la région dans une dynamique et la reconnaissance internationale de l’Unesco.
Rappelons que depuis 1978, ce sont 890 sites qui ont été inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, tels que le Mont Saint Michel, les Pyramides d’Egypte ou le Cirque de Gavarnie. 33 de ces sites sont en France, et les Climats bourguignons pourraient bien être le 34ème.
21 mars, 2011 | Viticulture | le goût des vins d'autrefois |
Henry Marionnet est un cas à part dans la viticulture actuelle. Installé au Domaine de la Charmoise, à Soings (41) dans le Val de Loire, il s’est fait une spécialité de cépages oubliés, ou peu connus, dont il tire des vins de grande qualité. C’est le cas du gamay de Bouze, un gamay à jus rouge, qui est arrivé dans le val de Loire après le phylloxéra, et qui s’est implanté en Anjou et en Touraine au siècle dernier.
Henry Marionnet cultive 1,5 hectare de ce cépage pour faire un vin de pays délicieux et fuité. Il vinifie la grappe entière sans éraflage, et « après six jours de fermentation seulement, on décuve et on presse » dit-il pour résumer ce qui parait très simple. Les 8.000 bouteilles de son gamay de Bouze sont distribuées chez les cavistes et les brasseries de Paris depuis quinze ans avec succès. Ce vin épicé et tonique tient dix ans sans problème dans la cave.
Autre exemple : le romorantin. Encore un vieux cépage, mais blanc celui-là, dont il possède quelques arpents, plantés semble-t-il vers 1850. Cela pourrait être la plus vieille vigne de France, qui aurait miraculeusement échappé au phylloxéra. Le vin est appelé Provignage, et constitue une cuvée passionnante pour les amoureux de vins nettement personnalisés, sortant délibérément des sentiers battus, et de l’encépagement standard que l’on rencontre partout.
Il faut croire que cette tendance est partagée car la fédération des pépiniéristes viticoles de France annonce des avancées dans ce domaine. Les pépiniéristes viennent en effet de faire agréer de nouveaux clones, pour des cépages confidentiels comme le durif, le génovèse (connu en Corse), le béclan (en France Comté), le servanin (en Isère) ou le Rivairenc (En Languedoc). Ce sont des raretés de l’ampélographie, dont les nouveaux clones seront sur le marché dans cinq ans, et qui apporteront d’inévitables nouveautés à des consommateurs saturés de vins ressemblants. Place donc au castets, au ferradou, au mouyssaguès et au riminèse ….
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