23 janvier, 2012 | Viticulture | Talents |
 Cécile Dupuis
Agée seulement de 26 ans, Cécile Dupuis assure la direction technique des châteaux familiaux de la maison J.B. Audy, négociant à Libourne. Une fonction dont elle s’acquitte avec brio tout en affirmant ses capacités à cristalliser les compétences.
Originaire d’Auvergne, d’un père éleveur, Cécile Dupuis effectue ses études supérieures à Clermont-Ferrand avant d’intégrer la filière de spécialisation à Bordeaux (ENITA, faculté d’œnologie). Promue ingénieur en viticulture-œnologie et œnologue, elle rejoint en 2009 les propriétés du négociant Audy, là où un stage significatif avait scellé sa vocation. D’emblée, elle se voit confier la direction technique des cinq châteaux (*) appartenant à la famille Bourotte, héritiers de Jean-Baptiste Audy, fondateur en 1906 du négoce portant son nom. Elle devient ainsi responsable de l’un des fleurons de Pomerol, Clos du Clocher, et de Château Bonalgue, une valeur émergente dans l’appellation.
Sa fonction est d’autant plus éminente que les vignobles familiaux sont gérés par une seule équipe. Dans cette organisation, la conduite des vignes lui revient entièrement, tandis qu’en cave, seuls l’assistent un maître de chai et son second. Dans ses attributions figurent évidemment les assemblages, phase cruciale où son expertise est prise compte au sein du cercle de décision. Il faut dire que sur la foi des 2009 et 2010, millésimes portant son empreinte, les prescripteurs les plus notoires n’ont pas manqué de relever les progrès qualitatifs des châteaux emblématiques de la maison J.B. Audy.
(*) Clos du Clocher (Pomerol), Château Bonalgue (Pomerol), Château Monregard La Croix (Pomerol), Château Les Hauts-Conseillants (Lalande de Pomerol), Château du Courlat (Lussac Saint-Emilion)
20 janvier, 2012 | Viticulture | Coopérative |
A Vincelles, depuis 2010, la coopérative H. Blin commercialise des cuvées de champagne en édition limitée. « Chaque année, nous identifions des cuves atypiques, et en 2002, nous avons pris la décision de séparer ce genre de vin pour le faire vieillir à part et ainsi créer des champagnes en petite quantité qui s’adressent aux œnophiles, » explique Tony Rasselet, le directeur.
Ainsi a vu le jour la gamme Blin’s, comprenant un millésime 2002 extra brut, un rosé (issu de la vendange 2004 avec une base de vin rouge de 2003) et un blanc de blanc. Pas plus de 5000 flacons pour chacune des cuvées.
« Ces champagnes bénéficient d’un look différent du reste de nos vins. Présentés lors de dégustations, ils ont reçu un bel accueil même si pour le moment les ventes restent modestes. Il est vrai que nous sommes, avec ces produits, à l’opposé des grandes tendances marketing dans l’univers du vin. Notre philosophie est de montrer l’originalité du vin de Champagne. »
La coopérative rassemble une centaine de vignerons pour 115 ha exploités principalement dans la vallée de la Marne (une dizaine de villages de la région de Dormans).
C’est en 2004 que la nouvelle cuverie a été implantée, suivie deux ans plus tard par un cellier de 1500 m2. Depuis 2007, le champagne H. Blin a initié un programme de modernisation qui se poursuit encore. Les années normales, ce sont 500 à 800 hectolitres qui sont produits. Les ventes représentent 500.000 bouteilles chaque année, dont plus de 40% à l’export.
18 janvier, 2012 | Viticulture | Agitation en Bourgogne |
 Godet concasseur
Il est comme cela des serpents de mer qui a un moment refont surface avant, bien souvent, de s’en retourner dans les profondeurs abyssales. Depuis quelques mois, un sujet agite les vignerons bourguignons qui par ailleurs sont loin d’être tous d’accord sur la réponse à apporter à la question suivante : jusqu’où l’homme peut-il intervenir pour modeler un terroir selon sa volonté ?
C’est l’intervention en fin d’année 2011 de concasseuses sur certains premiers crus de Bourgogne : Gevrey-Chambertin Bel Air, Puligny-Montrachet Folatières et Beaune Montée Rouge qui a mis le feu aux poudres. Les présidents des vignerons de Gevrey-Chambertin ont même imposé au propriétaire de la parcelle d’arrêter les travaux et de remettre les lieux en état.
Le principe du concassage est simple : retirer la couche de terre de surface, concasser la roche calcaire (sur 40 cm environ) puis remettre la terre en place. La Bourgogne est un univers géologique où le calcaire dur est très présent sur les coteaux, parfois à quelques dizaines de centimètres seulement de la surface et dans beaucoup d’endroits l’homme a dû se battre pour implanter la vigne et la maintenir. Certaines parcelles devenues célèbres ont même été défrichées et plantées à l’aide de barre à mine ou d’explosifs. L’objectif de ces travaux est donc de faciliter la replantation de vignes dans des terroirs où les racines avaient du mal à entrer en profondeur. Mais la lourdeur des moyens mis en œuvre dans les cas cités ci-dessus interpelle. Les engins de travaux modernes semblent ne plus avoir de limite et Il est en effet impressionnant de voir la roche «mère» d’un blanc immaculé mise à nue, avec sur un côté de la parcelle un tas de terre volumineux qui n’attend plus que d’être remis en place une fois le concassage effectué.
Que dit la réglementation ? Le cahier des charges des appellations d’origine en Bourgogne précise : « Toute modification substantielle de la morphologie, du sous-sol, de la couche arable ou des éléments permettant de garantir l’intégrité et la pérennité des sols d’une parcelle destinée à la production de l’appellation d’origine contrôlée est interdite, à l’exclusion des travaux de défonçage classique ». Voilà en tout cas qui a le mérite d’être clair !
9 janvier, 2012 | Viticulture | Convivialité |
La coopérative des Vignerons de Saint Pourçain, dans l’Allier, cultive un petit vignoble qui produit des vins rouges à base de gamay et pinot noir, et des blancs secs, issus du chardonnay et du rare cépage tressalier. Les vins de Saint Pourçain ont acquis une certaine notoriété grâce au lancement en primeur de leur populaire Ficelle, vin rouge léger et sympa, à boire dans l’année sans se poser de questions.
Cette Ficelle a été lancée il y a juste 25 ans, avec l’idée de proposer sur la bouteille, à chaque millésime nouveau, le dessin d’un humoriste. Avoine, Trez, Piem, Laville, Bridenne, Dubouillon, Mose et bien d’autres, ont ainsi illustré la Ficelle d’un trait d’humour. La Ficelle 2011 est ainsi «croquée » par Lerouge.
Une légende raconte qu’au 15ème siècle, un tavernier de Saint Pourçain mesurait avec une ficelle la consommation des vins servis dans des pichets en terre, faute de bouteille transparente, ou de verre gravée. D’où l’origine de cette amusante Ficelle, réhabilitée par les vignerons en 1987.
On trouve les vins de Saint Pourçain chez des cavistes et dans plusieurs bistrots parisiens, notamment ceux qui sont fréquents par des Auvergnats….
6 janvier, 2012 | Viticulture | Tout est dans le terroir |
Déjà propriétaire dans l’Aude du domaine de Villemajou, du Château L’Hospitalet, du domaine de l’Aigle, du domaine Cigalus, du Château Aigues Vives et, dans l’Hérault, du Château Laville Bertrou, Gérard Bertrand vient d’acheter le Château La Sauvageonne, à Saint-Jean-de-la-Blaquière, au pied du Larzac, dans le département de l’Hérault.
Cette nouvelle acquisition représente 40 hectares de vignes composées de grenache, syrah, mourvèdre, carignan, exposés plein sud à 300 d’altitude, ainsi que des chais rénovés récemment, et une production de 200.000 bouteilles par an. Elle pourrait constituer la première pierre d’une réorganisation vers le sud-est de la France.
En effet, Gérard Bertrand est toujours dans l’attente de pouvoir concrétiser son projet de cave viticole à l’entrée du massif de la Clape, projet qui a fait l’objet d’un recours de la part du Syndicat des vins de la Clape. « Si d’ici fin juin 2012, nous n’avons pas solutionné le problème, nous étudierons toutes les possibilités d’investissements à l’est de Montpellier, en direction de la Provence » souligne Gérard Bertrand.
Le groupe Gérard Bertrand représente 170 employés, 12 millions de bouteilles vendues, et 37 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié à l’export.
5 janvier, 2012 | Viticulture | Reconnaissance |
L’association des producteurs de ratafia de Champagne œuvre à nouveau afin de déposer une IGP (indication géographique protégée). « Toutes les appellations doivent déposer en janvier un cahier des charges pour un examen et un enregistrement notamment au niveau de Bruxelles. », explique Claude Giraud, le président de l’association. « Pour l’heure, le ratafia est reconnu dans les « annexes » du champagne et jouit jusqu’en 2015 d’une mention officielle. Mais si nous ne parvenons pas à réaliser un cahier des charges précis pour réajuster les choses afin d’obtenir une réelle appellation pour le ratafia de champagne, il pourrait y avoir des complications. L’IGP ou même l’AOC sont à notre portée. » L’enjeu se situe clairement en terme de reconnaissance du produit et de sa protection afin d’éviter que le terme ne tombe dans le domaine privé.
Rappelons que le ratafia de champagne trouve son origine vers le XIIIe siècle comme un mode de conservation des jus de fruits et de raisins dont on bloque la fermentation par l’ajout d’alcool. Il est classé parmi les vins de liqueur.
27 décembre, 2011 | Viticulture | Fusion des personnalités |
Créée en 1997, cette structure assure l’entière commercialisation de vignerons indépendants du Beaujolais et du Mâconnais. Au-delà de sa vocation, elle constitue un point de ralliement pour leur activité et en fait rejaillir un estimable bénéfice.
Né sur l’initiative de quelques vignerons, ce groupement baptisé Terroirs Originels, compte aujourd’hui 16 membres dont il commercialise quasiment toute la production (98 %.) Dotée d’un statut de SARL, la structure laisse toute son autonomie à la production et se plie à ce principe jusqu’à la mise en bouteilles, toujours faite à la propriété. Cependant, ce mode de fonctionnement n’exclut pas un esprit coopératif, effectif dans le partage d’équipements ou lors d’achats groupés.
Au-delà de sa vocation officielle, Terroirs Originels est aussi un lieu d’affinités et de concordances sur une conception artisanale du métier. Dans ces préoccupations, le bio gagne du terrain et concerne 4 domaines (22 ha certifiés, 11 ha en dernière année de conversion.) Le groupement peut se prévaloir d’un vignoble où les Crus dominent largement, qu’ils soient du Beaujolais ou du Mâconnais. L’ensemble représente 400 ha (dont 55 en Mâconnais) et dégage un chiffre d’affaires moyen de 3,5 millions d’euros, en progression de 18% pour le 1er trimestre 2011, une dynamique remarquable dans le contexte que l’on sait. Sur le plan de la distribution, la France reste de loin son premier marché (85 %) tandis que le secteur traditionnel constitue son principal débouché (60%.)
Les vignerons membres de l’association Terroirs Originels sont : Pascal Aufranc – Pascal Berthier – Régis Champier – Gérard Charvet – Jean-Michel Dupré – Emmanuel Fellot – Laurent Gauthier – Lucien Lardy – Emmanuel Mandrillon – Pierre Desroches (Domaine de la Crouze) – Jean-Pierre Dutron – Pierre Gondard – Jean-Christophe Geugnon-Rémond – Robert Marin – Roger Perroud – Pierre Vessigaud (M. B.).
30 novembre, 2011 | Viticulture | Médoc |
Le vin blanc du Château Palmer, à Cantenac dans l’appellation Margaux, fait partie de la petite production de vin blanc sec que l’on trouve, çà et là, dans les vignobles du Médoc.
On ne compte pas plus de vingt producteurs et cent hectares de vignes blanches dans le Médoc, mais certains ont su développer une commercialisation de ces vins qui sont connus, comme ceux des châteaux Talbot, Fonréaud, Margaux ou Mouton Rothschild.
Le vin blanc de Château Palmer diffère de tous les autres. Il représente un volume d’à peine deux mille bouteilles, qui sont réservées aux réceptions du château et à la consommation des propriétaires. Il n’est donc vendu nulle part. Par ailleurs, il est fort insolite dans son encépagement. Le vin est en effet issu de deux cépages : la muscadelle pour 60% et le lauzet !
Le lauzet est un vieux cépage blanc de Jurançon, pratiquement disparu ou en voie de l’être, plutôt tardif, et qui pourrait être un proche parent du tannat, auquel il ressemble. Ses raisins de petite taille produisent « un vin sec, assez riche en alcool, aux arômes fruités et épicés » dixit Pierre Galet. Associé à la muscadelle, et planté sur des terres assez fortes, l’inattendu lauzet donne à Palmer un excellent vin blanc … probablement unique au monde.
28 novembre, 2011 | Viticulture | Cépages |
Sacrifié après le phylloxéra, le cépage rouge prunelard fait néanmoins parti de l’encépagement très singulier des rouges de Gaillac.
Ce père du côt connaît une renaissance significative dans le vignoble, même si son impact reste plutôt marginal. Validé par l’appellation, son usage l’est aussi dans celle de Marcillac, autre foyer où il a survécu.
Le prunelard constituait probablement une part importante du vignoble du Tarn avant le phylloxéra. On le trouvait également en Aveyron, sous le nom de menu (ou menut.) Variété peu productive du fait de sa propension à la coulure, il n’a pas été replanté pour cela après le fléau. On sait depuis peu, par analyse génétique, qu’il a engendré le côt (ou malbec) par croisement avec la magdeleine noire des Charentes. Subsistant à l’état résiduel, il n’a pas échappé à la sagacité de Robert Plageoles, lequel le fit multiplier pour en planter une parcelle en 1992 sur son Domaine de Très Cantous.
En 1997, une cuvée naîtra de cette plantation. Son initiative sera suivie par un autre vigneron épris d’authenticité, Michel Issaly (Domaine de la Ramaye.)
Ces deux artisans ont alors mis en valeur des caractères proches de ceux du côt, suscitant un engouement certain auprès de leurs pairs. Ce phénomène, en nette expansion ces toutes dernières années, fait que le vignoble de Gaillac en compte environ 30 hectares, dont la moitié en production. La reproduction du matériel végétal est assurée par l’Institut français de la Vigne et du Vin, lequel fournit les greffons à partir d’un conservatoire intra-variétal constitué d’une vingtaine de souches exemptes de maladies du bois. A ce jour, aucun clone n’a été agréé même si des travaux de sélection sont en cours (M. B.).
Nota Bene. Il existe aussi un prunelard blanc, cépage jadis connu en Aveyron, mais à peu près disparu aujourd’hui.
14 novembre, 2011 | Viticulture | Grandes Marques et Vignerons |
Le syndicat des vignerons de Champagne est l’un des plus anciens de France, puisqu’il est né en 1904, et peut donc s’enorgueillir de plus d’un siècle de bons et loyaux services.
Au regard de la situation du champagne, sur le plan économique et social, on doit présumer qu’il a fait du bon travail, car le vignoble champenois est de loin le premier de France, avec 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, des marges confortables, des progressions de commercialisation partout, et un produit qui dispose d’une image internationale exceptionnelle.
La réussite du champagne doit beaucoup aux grandes marques qui sont reconnues dans toute la planète, et sont à juste titre les icônes de la profession; mais elle doit de plus en plus à la vitalité des vignerons, petits ou grands, dont les étiquettes sont moins connues que les stars (Roederer, Taittinger, Dom Pérignon, Laurent Perrier, Veuve Clicquot et vingt autres), mais dont les profits grandissent au même rythme que leur importance.
Si la production de la Champagne est aujourd’hui de l’ordre de 300 millions de bouteilles en moyenne, les champagnes de vignerons représentent désormais le tiers des ventes, soit 100 millions de bouteilles. On compte en effet 4.700 vignerons indépendants, aussi appelés récoltants manipulant, et 40 coopératives, qui constituent l’armée un peu anonyme mais dynamique de ces « champagnes de vignerons », à côté des « grandes maisons » aux marques établies et au prestige souverain.
Ces producteurs et sociétés de producteurs ont su s’ouvrir des débouchés intéressants, notamment à l’export, mais c’est surtout en France qu’ils se sont imposés, au point d’y représenter aujourd’hui 44% des ventes de champagnes dans l’hexagone. Le phénomène est assez récent, puisque c’est seulement dans la deuxième moitié du 20ème siècle que le vigneron indépendant, qui vinifie et commercialise « son » champagne, a pris progressivement sa place sur le marché. Grâce à quoi, les restaurateurs n’ont plus peur de proposer à leurs clients des champagnes à l’étiquette inconnue, mais dont ils peuvent venter le bon rapport prix/plaisir. Et sortir ainsi des sentiers battus….
Ainsi la marque collective « Champagne de Vigneron », qui chapeaute comme une ombrelle des crus par ailleurs bien individualisés, tend à s’imposer comme un label de produit du terroir, issu d’une propriété familiale, qui pratique la vente directe, et reçoit le visiteur. Et cela aux quatre coins de la Côte des Blancs, de la Vallée de la Marne, de Côte des Bar et de la Montagne de Reims, c’est-à-dire dans toute l’appellation.
NOTA BENE. L’actrice Marylin Monroe fut en son temps une bonne ambassadrice du champagne aux Etats Unis, puisqu’il fallut 350 bouteilles pour remplir la baignoire, où elle prit son fameux bain de champagne, copié depuis par d’autres stars plus ou moins célèbres…
7 novembre, 2011 | Viticulture | Save the date |
Le Challenge Millésime Bio, concours international réservé aux vins issus de l’agriculture biologique, aura lieu le 22 novembre prochain, au Mas de Saporta, à Lattes, dans l’Hérault. Il est organisé par l’association interprofessionnelle des vins biologiques du Languedoc Roussillon. Ce sera la cinquième édition de ce concours, où l’on devrait déguster près de 800 échantillons, venus de France et de toute l’Europe.
Les lauréats pourront être dégustés à l’occasion du Salon Millésime Bio, 19ème édition du Salon Mondial des Vins Biologiques, qui aura lieu du 23 au 25 janvier 2012 au Parc des Expositions de Montpellier. Cette manifestation rencontre un vif succès, et a pris une ampleur spectaculaire depuis quelques années, grâce à la vogue des vins bio, sur plusieurs marchés.
4 novembre, 2011 | Viticulture | Le bio, un état d'esprit |
A la demande de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), plusieurs chais ont été sélectionnés à travers la France, pour tester des protocoles spécifiques à la vinification biologique.
La cave des Vignobles Gilles Louvet, située à Brouzet les Alès dans le Gard, a été choisie comme l’une des bases test pour le futur cahier des charges. Elle est dédiée à 100% au bio.
Les essais porteront sur les modalités d’acidification lactique et tartrique, dont le but est d’améliorer la qualité en utilisant des produits naturels. Des tests ont déjà été faits sur des micro -vinifications, et ils vont être désormais réalisés en grandeur nature sur des vins blancs et rosés. L’association Interprofessionnelle des Vins Biologiques et l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO), ont décidé par ailleurs que cette cave de Gilles Louvet serait un site pilote pour que les organismes certificateurs puissent tester les nouveaux points de contrôle liés à la vinification biologique (R.F.).
3 novembre, 2011 | Viticulture | la France en tête |
Selon des chiffres officiels, et désormais pratiquement définitifs, la France a produit cinquante millions d’hectolitres de vins aux vendanges 2011, soit une hausse sensible de 11% sur le millésime précédent, qui était déficitaire par rapport à la moyenne.
Ce volume place la France à la première place des pays producteurs de vins, devant l’Italie (42 millions d’hectolitres) et l’Espagne (36 millions d’hectolitres). Ainsi, l’Europe demeure largement en tête de la viticulture mondiale. Il faut toutefois noter que l’Espagne et l’Italie affichent des volumes en baisse très nette de -9% et -17%, respectivement. Même chose pour le Portugal, qui a vinifié six millions d’hectolitres seulement, soit 17% de moins que l’an passé. En revanche l’Allemagne a produit 9,2 millions d’hectolitres, soit une hausse majeure de +33%.
On ne sait pas encore si ces différences de production auront des répercussions sur le prix de vente des vins en France, notamment sur le marché du vrac, toujours assez bas. L’incertitude économique en Europe pèse aussi sur le marché du vin, et les observateurs se gardent de toutes prévisions….
2 novembre, 2011 | Viticulture | le combat continue |
Suite à la fronde des professionnels français de la viticulture contre le projet européen de libéraliser les droits de plantation de la vigne dans l’Union Européenne, à partir de 2016, la confédération nationale des appellations d’origine poursuit un lobbying intense à Paris comme à Bruxelles, pour combattre ce projet.
Le gouvernement français s’y est officiellement opposé. Huit autres pays producteurs ont suivi et appuyé cette démarche, notamment l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie, Le Portugal ou l’Autriche. Et le président Sarkozy s’est personnellement engagé dans ce sens.
Plus récemment, la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, qui regroupe tous les syndicats viticoles de la Gironde, a pu mobiliser les parlementaires du département, et les convaincre des risques importants d’une telle libéralisation. Ces élus ont parfaitement compris le message. Il reste maintenant, selon les producteurs très inquiets, à convaincre plusieurs pays d’Europe encore rétifs à la nécessité de maintenir les droits de plantation en l’état, et de former une majorité suffisante à Bruxelles, pour faire reculer le conseil des ministres de l’agriculture de l’Union Européenne. Le combat continue ….
24 octobre, 2011 | Viticulture | ampélographie |
Les amateurs d’ampélographie vont être servis : pendant deux jours, les premières « Rencontres des cépages modestes » vont avoir lieu à Saint Côme d’Olt, un village de l’Aveyron proche d’Espalion.
Au cours du week end des 29 et 30 octobre, on pourra débattre de l’intérêt de ces cépages un peu oubliés, souvent minoritaires, que quelques passionnés veulent remettre au goût du jour, histoire d’échapper à la standardisation envahissante des grands cépages internationaux. Sous la conduite du chroniqueur Philippe Meyer, du journaliste André Deyrieux, du chercheur Jean Rosen, et de plusieurs spécialistes on dégustera et appréciera les vertus du prunelard, de l’ondenc, du verdanel, du chouchillon, de la counoise, du pointou et du mauzac, sans compter le braucol, le persan et tous les autres…. Tous renseignements sur le blog des Cépages Modestes.
12 octobre, 2011 | Viticulture | conditions délicates |
Encore une année très précoce !!! Comme beaucoup d’autres vignobles français, et même européens, celui de Bordeaux a vécu un millésime extrêmement précoce.
La plupart des propriétés avaient fini leurs vendanges fin septembre, notamment dans le Médoc où il est courant de ramasser les derniers cabernets à la mi-octobre. Cette précocité a aussi été celle des vendanges en blanc, commencées le 16 août à Haut Brion ! Un record.
Le millésime 2011 est par ailleurs celui d’une climatologie folle et inédite. Un printemps incroyablement chaud et sec, un juillet qui fut le plus arrosé depuis trente ans, aout normal, septembre d’abord pluvieux puis anormalement chaud : il fallait avoir le cœur bien accroché pour garder son calme à l’approche de vendanges difficiles, guettées en permanence par la présence de la pourriture.
Tout cela a créé des conditions délicates, et il est évident que ce millésime ne saurait se comparer à ses deux glorieux prédécesseurs. Pour autant, sous réserve d’avoir bien trié leurs raisins, les viticulteurs consciencieux ont du bon vin dans leurs chais. Ceux du Médoc, dont les cabernets ont bénéficié des journées de grand soleil de la mi-septembre, et qui ont pris le risque d’attendre un peu malgré une pourriture menaçante, ont des cuves de très belles qualités. Idem à Saint Emilion.
Le travail au chai, les sélections et les assemblages seront décisifs pour mettre sur le marché un millésime hétérogène et compliqué, mais qui réserve à l’évidence de très belles surprises. Mais on en saura davantage après les écoulages et les dernières macérations. C’est-à-dire dans un mois.
12 octobre, 2011 | Viticulture | recherche |
L’Inra travaille actuellement à un programme de recherches d’envergure s’il débouche sur des résultats tangibles, car il pourrait bouleverser la pratique même de la viticulture dans certaines régions.
Le défi : trouver de nouvelles variétés de vignes résistantes au mildiou et à l’oïdium. Dans le cadre d’un programme national mené à Bordeaux, Colmar, Montpellier et Montreuil-Bellay (près de Saumur), des vignes sont plantées à partir de croisements réalisés à partir de régent, un cépage allemand, et de muscadine. “C’est une espèce voisine de la vigne qu’on trouve aux Etats-Unis”, indique Gérard Barbeau, chargé du programme à l‘Inra d’Angers depuis 2004.
Sur les 450 croisements opérés, 111 nouvelles variétés ont été reproduites dans un premier temps et plantées sur un porte-greffe Fercal. La réaction de chaque pied est étudiée sur feuille et sur grappe à différents stades de la vigne, afin de sélectionner rapidement les plus intéressants. Certains résistent bien au mildiou mais moins bien à l’oïdium, d’autres se comportent à l’inverse. Des mini-vinifications ont été réalisées en blanc, rosé et rouge, et dégustées par des techniciens et des vignerons.
L’Inra d’Angers en a conservé cinq, à la fois pour leur résistance aux maladies et pour leur qualité de raisins, et de vins. Elles ont été multipliées et seront plantées en expérimentation en 2012 avec une centaine de ceps chacune. “Si ça marche, on peut imaginer une inscription au catalogue vers 2016-2017”, conclut Gérard Barbeau.
10 octobre, 2011 | Viticulture | à la recherche de l'équilibre |
Face à des hausses de stocks provoquées par deux millésimes généreux, qui pèsent sur les cours, les vignerons d’Anjou-Saumur ont décidé pour ce millésime 2011 de raisonner les rendements. En rosé d’anjou, cabernet d’anjou, saumur rouge, saumur mousseux et cabernet de saumur, les producteurs ont ainsi voté une baisse de volume autorisé par rapport aux années précédentes. Selon les appellations, le volume baissera de 2 à 5 hectolitres par hectare, soit en revenant au niveau inscrit dans les cahiers des charges, alors qu’ils demandaient un peu plus chaque année, soit en se positionnant sous le rendement de base. L’objectif est de se rapprocher au plus près de l’équilibre entre l’offre et la demande.
4 octobre, 2011 | Viticulture | récolte généreuse |
Les vendanges se terminent. Les professionnels de la Vallée du Rhône sont satisfaits et sereins. Le très beau temps qui a régné sur la Vallée du Rhône pendant toute la période des vendanges a permis de ramasser les raisins dans des conditions idéales. La récolte s’annonce prometteuse et abondante. Après plusieurs années de baisse, elle devrait être supérieure de 15 à 20 % à celle de l’année dernière, soit plus de 1,5 millions d’hectolitres pour les Côtes du Rhône Régionaux. 2011 va donc renouer avec des rendements conformes à la production moyenne décennale des appellations rhodaniennes. Le millésime 2011 sera favorable à certains cépages notamment le Grenache et la Syrah dont les volumes sont satisfaisants. Les quantités pourraient être plus limitées pour les cépages secondaires. Très saine, la situation actuelle est propice à une grande qualité. Le millésime 2011 se rapproche aujourd’hui des millésimes 2000 et 2009 qui ont été largement reconnus.
Elégance, souplesse et fraîcheur pour le Sud :
Pour Nicolas Constantin, responsable du service conseil œnologie à Inter-Rhône, « Dans les Côtes du Rhône méridionales, la finesse des tanins est très remarquée sur la Syrah : le millésime 2011 offre déjà de belles promesses avec une fraîcheur due à de belles acidités. »
Finesse et générosité pour le Nord : Dans les Côtes du Rhône septentrionales, les vendanges sont très étalées. « On constate de belles intensités colorantes pour Cornas et Saint-Joseph, une récolte généreuse pour l’appellation Côte-Rôtie » indique l’œnologue Fabien Ozanne, œnologue.
15 septembre, 2011 | Viticulture | spectaculaire |
L’agriculture biologique connait un incontestable succès auprès des viticulteurs. Selon les derniers chiffres publiés par la profession, la viticulture en mode de production biologique a dépassé en France les 50.000 hectares, contre 39.000 en 2009. Le nombre d’exploitations est passé de 3.000 à 4.000, ce qui est une progression spectaculaire. Le Languedoc, la Provence et l’Aquitaine sont en tête des régions françaises pour la vigne bio. Quant au marché de ces vins, il s’élevait à 322 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, avec une progression de 8% par an.
23 juillet, 2011 | Viticulture | découverte |
 Le Vignoble Corse (source Wikipedia)
Le vignoble corse est important, et tout chargé d’histoire ; cependant, il reste encore relativement méconnu. La vigne y pousse depuis des millénaires, et successivement les Grecs, les Romains, les Génois, les Italiens et enfin les Français, ont goûté ses vins, souvent classés parmi les meilleures productions de la Méditerranée. Le climat, les terroirs et la ventilation naturelle de l’ile, sont des facteurs de qualité pour la vigne, du moins pour les cépages locaux adaptés aux chaleurs estivales.
Après des hauts et des bas, le vignoble corse représente aujourd’hui 7.200 hectares, que cultivent 420 producteurs, éparpillés sur tout le pourtour de l’ile, du nord au sud. Ils produisent près de 400.000 hectolitres de vins, dont 150.000 hectolitres en appellations, le reste en vins de pays. La production se partage entre 50% de rosés, 30% de rouges et 20% de blancs.
Sur le plan économique, il n’est pas interdit de savoir que le vignoble corse va générer cette année près de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, faisant vivre 400 familles de vignerons qui emploient mille salariés. Grâce à quoi, la vigne est bel et bien devenue la première activité agricole de l’ile. C’est un renouveau spectaculaire depuis une dizaine d’années, ce que confirme le président du comité interprofessionnel des vins corses, Jean-Marc Venturi : « Aujourd’hui, nous manquons de vins. On pourrait vendre 600.000 hectolitres sans problème !…. »
Avec trois millions de touristes par an, Français, Italiens et Allemands pour l’essentiel, la Corse n’a pas de mal à écouler ses vins, dont les progrès qualitatifs sont avérés. De Patrimonio à Figari, en passant par Ajaccio, Calvi ou Sartène, plusieurs appellations communales ont entériné un renouveau, basé sur la reconnaissance de cépages ancestraux, le vermetino en blanc, les niellucciu et sciaccarellu en rouges. Les fameux muscats du Cap Corse, avec près de 2.000 hectolitres de production, complètent une gamme de vins fins, connus désormais au-delà de la mer, à Paris comme à New York. Les trois caves coopératives de l’ile ont une politique exportatrice majeure dans ce domaine, alors que les vignerons indépendants sont plutôt enclins à vendre leurs vins en direct, à des restaurants ou des clients insulaires.
Pour le président Venturi, le vignoble corse est une sorte de nouveau monde viticole pour la France, signifiant par-là que ses spécificités, ses progrès et ses cépages singuliers, l’éloignent de la banalisation standardisée des vins de l’autre Nouveau Monde. De ce point de vue, on savait que la Corse n’a pas l’habitude de faire les choses comme tout le monde. Mais en matière vinicole, cette confirmation vaut la peine d’être vérifiée le verre à la main. On y fera de belles découvertes.
18 juillet, 2011 | Viticulture | élégance retrouvée |
 Une belle expression du terroir typique de Chateauneuf du Pape
Le Domaine des Sénéchaux est l’une des plus anciennes propriétés du vignoble de Chateauneuf du Pape. Les vignes s’étendent sur 24 hectares de cépages noirs, où l’on trouve le grenache pour deux tiers, la syrah et le mourvèdre, sur un terroir typique de gros galets roulés, avec sous-sol d’argiles et de sables ; et puis deux hectares de vignes blanches, plantées de roussanne, bourboulenc, clairette et grenache blanc.
Ce vignoble a été parfaitement conduit et exploité par M. Roux, qui l’a vendu en 2006 à Jean-Michel. Personnalité bien connue du monde du vin, Jean-Michel Cazes et sa famille sont propriétaires du château Lynch Bages, cru classé de Pauillac, et de plusieurs autres vignobles en Gironde, en Languedoc et dans le monde. Avec l’arrivée d’un nouveau propriétaire, et de son équipe de vinificateurs, le vin des Sénéchaux a gagné en consistance et surtout en élégance. C’est ainsi que les grenaches sont élevés en cuves et en foudres, et surtout pas dans le bois neuf, qui est inconnu dans ce chai.
Depuis quelques millésimes, tout se passe comme si une belle endormie était en train de se réveiller, plus belle encore. Le vin se fait progressivement connaitre, et gagne des places dans les dégustations. On le trouve autour de 30 euros la bouteille, chez les cavistes et à l’export ; il est également vendu en restauration. Le blanc des Sénéchaux, assemblage classique de quatre cépages traditionnels de Chateauneuf, échappe à la lourdeur de certains de ses voisins. Issu d’une parcelle rafraichie par son exposition au nord, il montre une souplesse aussi agréable qu’inhabituelle en ce lieu. Mais c’est évidemment le rouge dont les progrès, à partir de 2007, recueillent des suffrages mérités.
7 juillet, 2011 | Viticulture | complexe |
La question du maintien ou de la suppression des droits de plantation de la vigne continue à diviser les pays de l’Europe et la Commission de Bruxelles. On sait que celle-ci a décidé en 2008 de supprimer les droits de plantation de la vigne dans les pays de l’Union, à partir du 1er janvier 2016. Depuis que cette proposition a été votée, plusieurs professionnels ont réalisé les dangers d’une telle décision, et font campagne pour le maintien des droits de plantation.
A ce jour, onze pays se sont finalement élevés contre la suppression des droits, parmi lesquels les plus importants producteurs, c’est-à-dire la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie. Plus récemment, le parlement européen de Strasbourg a lui aussi pris position pour le maintien des droits, demandant à la commission de revoir sa copie. Mais plusieurs pays, comme la République Tchèque, exigent la suppression, et chacun déploie un lobbying forcené dans les couloirs de la Commission….
Le syndicat général des Vignerons de Champagne a voté à son tour une ferme délibération pour le maintien des droits de plantation, dont le président Sarkozy s’est fait clairement le défenseur. Les Champenois ont convié les élus européens à en débattre, et « s’inquiètent des conséquences dramatiques de cette libéralisation, tant sur l’économie viticole, que sur l’aménagement du territoire, le tourisme ou les paysages ».
5 juillet, 2011 | Viticulture | management environnemental |
Le Système de Management Environnemental du vin de Bordeaux, lancé par l’interprofession, vient de connaitre son premier succès. L’association qui regroupe 27 entreprises viticoles engagées dans une démarche de protection, a été certifiée ISO 14 001. Cette association regroupe des grands noms de la viticulture bordelaise (Dubourdieu, Lurton, Ducourt, Cathiard) aussi bien que des négociants (Rothschild, Castel), des châteaux (Chauvin, Poupille, Pressac) ou des coopératives (Saint Emilion). Soit plus de deux mille hectares de vignes et un groupe parfaitement représentatif de la filière viticole girondine.
Ils sont engagés dans ce « management environnemental », visant à préserver les terroirs et à installer une gestion durable. De nouveaux groupes se constituent déjà dans le Bordelais, ce qui conforte la politique interprofessionnelle en matière d’environnement, politique qui a aussi lancé avec le Bilan Carbone et le Plan Climat.
De leur côté, les vignerons de la Coopérative de Buzet, dans le Lot et Garonne, se lancent dans la sauvegarde de la biodiversité. Ils viennent de signer une convention avec la Sepanlog, société de protection de la nature du département, visant à faire du domaine de Gueyze un vignoble pilote en la matière. Gueze s’étend sur 78 hectares d’un seul tenant, et produit un des meilleurs vins de Buzet. C’est désormais un lieu d’étude de la faune, de la flore et des oiseaux, et un conservatoire la vie sauvage (tulipes, belette, insectes, faucon, etc), en parallèle avec l’exploitation viticole pilotée par la coopérative. Cette convention est une première, dont il sera intéressant de faire le bilan dans un an ou deux.
27 juin, 2011 | Viticulture | architecture viticole |
 Château Cheval Blanc - Le nouveau chais La création du chai du château Cheval Blanc, premier cru de Saint Emilion, écrit un nouveau chapitre du livre spectaculaire ouvert à Bordeaux sur le thème de l’architecture viticole. Ce grand et beau bâtiment est l’œuvre de l’architecte français bien connu Christian de Portzamparc, et vient d’être inauguré à l’occasion du Salon Vinexpo. Les propriétaires du cru, Albert Frère et Bernard Arnault, ont reçu des centaines d’invités, principalement des professionnels du vin et de l’architecture, à l’occasion de multiples réceptions, déjeuners et dîners, en compagnie de Pierre Lurton, directeur du domaine et de Christian de Portzamparc.
L’occasion a donc été donnée d’admirer la qualité de cet ouvrage qui frappe l’esprit par son originalité et son esthétique. Il abrite un vaste cuvier où sont installées 52 cuves en béton, fabriquées sur mesure à Padoue en Italie, et contenant de 40 à 80 hectolitres de vins; elles sont destinées à la vinification de chacune des 52 parcelles du vignoble, qui donnent un premier vin, très cher, en quantité limitée, et un second vin bien coté, le Petit Cheval. Sous ce cuvier unique, qui rassemble tous les instruments de l’oenologie les plus perfectionnés, se trouve un chai à barriques, en briques de terre cuite ajourées, qui laissent passer une ventilation adaptée, et une climatisation sophistiquée. Tout est en rondeur, sans angle apparent, et dégage une sereine majesté. Le bâtiment est coiffé d’un jardin suspendu où l’on accède par ascenseur ou par un large escalier extérieur en bois. Un tapis de bleuets pousse sous des arbustes, et de là-haut, la vue embrasse les vignes de Pomerol et de Saint Emilion, de Pétrus à Figeac, et au-delà.
La plupart des visiteurs sont bluffés par ce qui s’installe d’emblée parmi les plus beaux chais du monde. Le béton s’allie avec suffisamment de bois et de verre, pour faire entrer la lumière naturelle, et laisser une impression de douceur, où la modernité ne heurte pas. Ce bâtiment a coûté treize millions d’euros tout compris, soit un peu plus que son voisin de Soutard, cru classé de Saint Emilion, qui prend place parmi les plus belles réalisations de l’année, mais n’a coûté « que » dix millions d’euros. On attend maintenant le futur chai du château La Dominique, mitoyen de Cheval Blanc, dont la réalisation a été confiée à Jean Nouvel, autre star de l’architecture française. Il va s’élever à quelques dizaines de mètres de celui de Portzamparc. Après le chai de Mario Botta au Château Faugères, et avant celui d’Alberto Pinto à Pavie, c’est une véritable compétition architecturale qui s’installe à Saint Emilion.
22 juin, 2011 | Viticulture | Techniloire |
C’est l’un des sujets qui agite de temps à autre la filière. Entre la demande des consommateurs, et les choix de vinificateurs, la gestion du SO2 occupe beaucoup d’esprits. La réduction des doses de sulfites est un enjeu pour la filière et un défi œnologique. Mais cette réduction demande plus de rigueur, de vigilance et de maîtrise pour lutter contre l’oxydation et les micro-organismes. C’est le thème retenu cette année pour la matinée Techniloire qui se déroulera le 7 juillet, à compter de 9 heures, au Lycée Edgard Pisani de Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire. Les différents intervenants aborderont les aspects clés et les moyens pour réduire de façon optimisée les doses de SO2. Le programme complet est disponible sur www.techniloire.com. Inscription obligatoire : d.bonnaud@vinsdeloire.fr.
22 juin, 2011 | Viticulture | Val de Loire |
Mauvaise surprise pour les producteurs de savennières roche aux moines et savennières coulée de serrant, au dernier Comité national de l’Inao. Leur cahier des charges était présenté pour une ultime validation, et un vote devait entériner ainsi la reconnaissance et la protection juridique de ces deux petites appellations, qui ne sont jusqu’à présent que des mentions complémentaires de l’AOC savennières. Mais un point a fait tiquer les services des Fraudes suivis par les représentants du négoce à l’Inao. Les deux ont refusé que soit inscrite l’obligation d’embouteillage à la propriété que souhaitaient les producteurs. Même si sur ces deux appellations, il n’y a pas de marché de vrac, dans la mesure où le seul producteur de savennières coulée de serrant et les huit producteurs de savennières roche aux moines embouteillent leur vin dans leur domaine, et pratiquent la vente directe. Pour autant, le texte a été refusé et devra être présenté sous une nouvelle mouture. Les producteurs de ces deux appellations réfléchissent à la meilleure stratégie pour défendre leur position sans pour autant bloquer la reconnaissance de leurs appellations. Le dossier devrait être réétudié en septembre.
17 juin, 2011 | Viticulture | tradition viticole |
C’est en 1971 qu’est décrétée l’appellation d’origine Coteaux d’Ajaccio, une dénomination qui sera remplacée par celle d’Ajaccio en 1984. Son identité doit beaucoup au sciaccarellu, un cépage noir véritablement autochtone et qui a trouvé-là sa terre d’élection.
Après celle de Patrimonio, obtenue en 1968, l’appellation qui a consacré le vignoble de la région d’Ajaccio n’a pas manqué de prendre en compte sa spécificité majeure, le sciaccarellu, au point de rendre ce constituant obligatoire à plus de 60% dans les assemblages de rouge ou de rosé. Capable de donner des rouges de garde, ce cépage trouve donc dans le rosé un nouveau faire-valoir, un atout pour une couleur qui représente désormais une part substantielle de la production locale (38%.) Bien que largement répandus sur l’île, les sols granitiques constituent un autre facteur d’identification du terroir, jouant ici en faveur de la finesse et de la suavité des expressions, et accentuant leur personnalité minérale avec le temps. L’aire délimitée compte 242 ha, partagés entre quatorze domaines, avec de solides ambassadeurs de l’Ile de Beauté (Clos Capitoro, Domaine Comte Péraldi) et des valeurs montantes, inspirées par la biodynamie, comme le Domaine Comte Abbatucci, ou le Domaine U Stiliccionu.
15 juin, 2011 | Viticulture | on vous doit plus que la lumière... |
La coopérative des Vignerons de Tutiac, située à Marcillac de Blaye, dans le nord de la Gironde, est l’une des premières de France pour la production de vins d’appellation. Elle pilote six sites de vinification et sept magasins de vente directe. Mais elle constitue surtout une entité économique et sociale de premier ordre, avec 550 viticulteurs adhérents, qui cultivent 4.000 hectares, produisent 30 millions de bouteilles de vins chaque année, et font vivre au total, avec une centaine de salariés, un millier de familles dans le Blayais.
Engagée dans une politique de gestion durable, la cave des Vignerons de Tutiac a pu s’étonner de payer de fortes notes d’électricité sur certains de ses sites de production, et s’est confiée à EDF pour en connaitre la cause. EDF a aussitôt pratiqué un audit général de la coopérative, et a détecté des fonctionnements anormaux d’appareils électriques, que ce soit pour l’éclairage, la thermorégulation des cuves, les chaudières, les compresseurs d’air, ainsi que des fuites de mauvaises isolations, etc… Et cela dans tous les bâtiments et sites du groupe. Des mesures ont donc été prises aussitôt.
Le résultat a fait apparaitre un gain de 9.000 euros dès la première année, puis, désormais, un potentiel d’économie garanti par EDF de 35.000 euros, une fois revus entièrement les matériels, les procédés et les habitudes de consommation de la coopérative. Nul doute que cet argent sera mieux employé dans la qualité, la commercialisation et la promotion des vins rouges, blancs et rosés qui font des Vignerons de Tutiac une des plus importantes entreprises viticoles de Bordeaux, et le premier producteur en volume pour les vins des appellations Côtes de Bordeaux.
4 juin, 2011 | Viticulture | vin d'été |
Le clairet de Bordeaux est une production singulière, une appellation unique qui recouvre des vins pas tout à fait rosés, mais pas tout à fait rouges non plus, et qui se situent exactement entre les deux. On pourrait dire aussi que ce sont des rosés très corsés, ou bien des rouges très légers. Ce sont en tout cas des vins d’été, à consommer frais, dans les deux années qui suivent les vendanges. Ils affichent une couleur plus foncée que les rosés, et des arômes de fruits rouges traditionnels des cépages dont ils sont issus, c’est-à-dire merlot et cabernets.
Aux vendanges du millésime 2010, on a compté 230 producteurs de clairet en Gironde, pour 688 hectares, et un volume de production de 35.600 hectolitres. Par comparaison les producteurs de rosés étaient alors plus de mille, cultivant 4.400 hectares, et produisant 226.300 hectolitres. Ceci montre que le clairet est une niche dans la production totale des vins de Bordeaux, qui dépasse couramment les cinq millions d’hectolitres. Mais c’est une vieille tradition qui se maintient, et qui conserve un fidèle club d’amateurs. Pour certains, le clairet serait même l’ancêtre des vins rouges du Bordelais, le fameux « claret » cher aux Anglais, qui était un rouge léger et fruité à boire dans l’année. Le clairet de Bordeaux est produit principalement sur les coteaux qui bordent la Garonne, en amont de la ville, ainsi que dans l’Entre deux Mers. La cave coopérative de Quinsac s’en est fait une spécialité.
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