18 avril, 2013 | Viticulture | Les Bordeaux Primeurs |

Le millésime 2012 à la loupe

Pendant quinze jours, des dégustateurs du monde entier sont venus en Gironde, pour découvrir, en primeur, les vins du millésime 2012 dans toutes les appellations du Bordelais. Importateurs, courtiers, distributeurs, négociants, journalistes, sommeliers, cavistes, grands amateurs, grossistes et autres professionnels du vin ont parcouru les chais le verre à la main.

Au prix d’un marathon de dégustations parfois épuisant pour certains, on connait mieux ce millésime, qui fut incontestablement difficile et compliqué pour les viticulteurs girondins. La faute à une météo un peu chaotique, alternant froid et chaud, pluies et sécheresse, pas toujours comme il aurait fallu. A cela s’est ajoutée une forte pression des maladies et des champignons sur la vigne, conséquence du mauvais temps. Heureusement, le grand soleil d’août et de septembre a envoyé dans les raisins le sucre nécessaire à l’élaboration du bon vin.

Pour toutes ces raisons, le millésime 2012 ne peut pas être regardé comme une grande année à Bordeaux, mais il ne faut surtout pas en conclure qu’il s’agit d’une petite année, loin de là. 2012 n’est ni grand ni petit, c’est un bon millésime. Et encore faut-il ajouter que c’est un très bon millésime pour les vins blancs secs du Bordelais, qui sont vifs et fruités, pleins d’arômes et bien équilibrés. La récolte est beaucoup plus hétérogène dans les liquoreux, avec des caprices de style d’un terroir à l’autre, et de toutes façons, des volumes très faibles.

Les vins rouges sont d’abord marqués par une très bonne maturité du cépage merlot, aussi réussi à Saint Emilion qu’à Pauillac. Mais c’est à Pomerol, semble-t-il, que ces merlots ont le mieux bénéficié du terroir chaud et précoce. Bonnes réussites aussi, mais plus inégales, à Saint Emilion, si l’on excepte les grands terroirs, notamment ceux des premiers crus. Mais il faudra se méfier des vins mal boisés ou trop extraits, dont la vinification et l’élevage ont sottement dénaturé le fruit.

Dans le Médoc, exception faite des stars qui ont opéré des sélections parfois drastiques, on trouve un peu de tout : des crus bourgeois succulents ou médiocres, des crus classés décevants ou épatants, des « petits » vins réussis et d’une qualité inattendue, quand des marques établies ne dépassent pas la moyenne. La main de l’homme, la date de vendange, les soins à la vigne, la nature du terroir, tout concourt, là encore, à une hétérogénéité, ce qui n’exclut pas les bonnes surprises.

On en trouvera à Listrac comme à Castillon, à Saint Estèphe comme dans les Graves, et particulièrement dans ces quatre appellations, où les vins ne sont pas forcément les plus chers. En tout état de cause, il s’agit d’un millésime finalement assez classique, avec des vins qui seront assez vite prêts à boire, et qui seront d’autant plus attrayants qu’on attend une baisse de prix par rapport aux années antérieures.

Les différences de qualité et de nature des vins de ce millésime imposent à l’amateur de faire son marché en lieu sûr. On rappellera que le site CHATEAUPRIMEUR, spécialisé dans la vente en primeur et en ligne des grands vins de Bordeaux, et notamment des crus classés, apporte cette année, plus que jamais, son expertise dans la sélection des bouteilles les plus recommandables.

12 avril, 2013 | Viticulture | Pessac-Léognan |

Le prix de certains terroirs s’envole

Pessac-Léognan

Pessac-Léognan

Le marché du foncier viticole, dans le département de la Gironde, ne connait pas d’évolution spectaculaire au cours des dernières années, dans la plupart des appellations régionales. Les achats importants effectués par les investisseurs Chinois, qui ont acquis au total 500 hectares de vignes en 2012, ont permis de maintenir les cours des vignes de bordeaux rouge autour de 15.000 euros l’hectare, sans grand changement depuis 2010.

En revanche, certaines appellations, parmi les plus réputées et les plus qualitatives, ont connu une véritable envolée de leur prix. C’est le cas de Pessac-Léognan, qui a plus que doublé, passant en trois ans de 170.000 euros l’hectare en moyenne, à plus de 400.000 euros aujourd’hui. Même chose à Pauillac, célèbre terroirs de premiers crus classés, où il faut désormais débourser deux millions d’euros pour un hectare de vignes bien plantées et en bon état. Ce prix tournait autour d’un million en 2010….

Selon les estimations et le bilan annuel de la SAFER, Saint Julien et Margaux sont stabilisés autour d’un million d’euros l’hectare, Saint Estèphe à 350.000 euros, Pomerol à 900.000, Fronsac à 60.000 et Sauternes à 50.000. Mais il s’agit d’une moyenne, et chaque transaction apporte son lot de singularités, en fonction du classement de la propriété, son image, son terroir, l’état et l’âge de la vigne, la nature et la commercialisation des vins.

11 avril, 2013 | Viticulture | Une première à Bordeaux |

Les amphores reviennent à Pontet Canet

Les amphores reviennent à Pontet Canet

Les amphores reviennent à Pontet Canet

Désormais, le vin de Pontet Canet, cru classé de Pauillac dans le Médoc,  vieillit en partie dans des grandes amphores de béton, qui ont pris partiellement la place des barriques dans le chai d’élevage. Il s’agit de petites cuves, contenant 900 litres de vin, c’est-à-dire le volume de quatre barriques bordelaises, soit l’équivalent de 1.200 bouteilles de 75 cl. Actuellement, et après des essais menés à Pontet Canet depuis 2005, un tiers environ de la récolte est élevé dans ces amphores, un autre tiers dans du bois neuf, et le dernier tiers dans des barriques d’un an.

Il est à noter que Pontet Canet, un des rares crus classés du Bordelais dont la vigne est conduite en biodynamie, ne cesse faire des recherches pour améliorer la nature et la qualité du vin. Ces amphores, créées sur mesure, contiennent des graviers issus du terroir de la propriété, mélangés au béton, pour l’élevage des vins de cabernet sauvignon, et du calcaire et de l’argile, pour les vins des autres cépages. Ainsi, le vieillissement en chai de ces vins se fait au contact des éléments du terroir qui ont donné aux raisins les éléments de la personnalité du vin. C’est une première à Bordeaux.

11 avril, 2013 | Viticulture | Premier millésime pour le Clos de l’Abbaye |

Doyard très à cheval sur les traitements….

Champagne Doyard

Champagne Doyard

Premier millésime pour le Clos de l’Abbaye du champagne Doyard. Le vigneron de Vertus a su magnifier le chardonnay afin de proposer une nouvelle cuvée d’exception. Les premières bouteilles commencent à faire parler d’elles !

« La parcelle du Clos date de 1956. C’est en 2006 que mon père (Yannick) a constaté le caractère exceptionnel de ces raisins situés juste derrière notre exploitation. Sur environ un hectare et demi, avec un état sanitaire irréprochable, les vignes ont tendance à être rapidement mâtures », explique Charles Doyard. En 2007, le principe du Clos de l’Abbaye est lancé, avec un système cultural différent que celui appliqué au reste du vignoble Doyard. Cela implique un travail complet du sol, et dernièrement, un cheval est venu compléter les soins spécifiques apportés à la parcelle. Pour les traitements,  la famille se limite au cuivre et au soufre, sans pour autant revendiquer une étiquette « biologique ».

La production de la cuvée est limitée, d’une part en raison de la surface, mais également parce ce que le vin ne résulte que des jus de la première presse. Résultat : guère plus de mille bouteilles. Charles Doyard a noté une petite hausse de la production depuis 2008, pour arriver à 1.600 bouteilles par an, mais avec le travail particulier du cheval, qui influence le rendement de la vigne, il estime que le rendement va légèrement baisser. De toute manière, la quantité n’est pas souhaitée, seule compte la qualité du Clos de l’Abbaye !

« Elaboré sans fermentation malolactique, ce vin est vinifié dans le bois. Le vieillissement est de 3 ans minimum en cave, avec un dosage à 7g. Alors que nous pensions que 2008 serait « jeune », nous avons été surpris par l’ampleur », confie Charles Doyard. Le nez séduit et fait montre de promesses qui ne sont pas trahies une fois le vin en bouche. Ce premier millésime se révèle charnu, avec du gras. Un grand champagne aux accents gastronomiques, qui devrait ravir les épicuriens déjà adeptes des productions du vigneron de Vertus (A. V.)

11 avril, 2013 | Viticulture | Clos des Lunes |

Un nouveau cru s’habille en blanc

Clos des Lunes

Clos des Lunes

Il y a quelque chose qui est en train de changer dans les vignes du Sauternais. Voici qu’un nouveau cru vient de naitre : un cru qui produit exclusivement du vin blanc sec ! Exit le liquoreux. Ainsi l’a voulu Olivier Bernard, orfèvre en la matière, qui élabore dans le vignoble familial du Domaine de Chevalier, à Léognan dans les Graves, un des plus grands blancs secs de Bordeaux. Rompu aux exigences de cette production, l’homme a acquis 33 hectares de vignes blanches, sur les communes de Sauternes et de Bommes, vignes qui produisaient du vin liquoreux. Mais depuis le millésime 2012, sous la houlette des Bernard père et fils, c’est-à-dire Olivier et Hugo, est né le Clos des Lunes.

Il s’agit pour l’essentiel des vignes du Château Haut Caplane rebaptisées, auxquelles se sont ajoutées d’autres parcelles, naguère vouées au liquoreux. Mais le sec a remplacé le doux, et d’un encépagement classique de sauvignon (30%) et sémillon, trois cuvées viennent de naitre : Lune Blanche, Lune d’Argent et Lune d’or ; total : 150.000 bouteilles de blancs nouveaux, appellation Bordeaux, qui attaquent le marché cette année.

Olivier Bernard est actionnaire du Château Guiraud, premier cru classé de Sauternes, et proche voisin du Clos des Lunes. On ne peut donc pas dire qu’il ne croit pas à l’avenir du vin liquoreux. Mais la transformation radicale de 33 hectares en blanc sec est un signe qui ne trompe pas : les vins blancs doux et sucées du Bordelais sont presqu’en crise, et se posent des questions sur leur avenir. Olivier Bernard, avec toute l’équipe de Chevalier, a trouvé une réponse.

11 avril, 2013 | Viticulture | Une commission Inao est venue en Champagne |

Des critères parcellaires pour la révision de l’aire d’appellation

La deuxième phase de la révision de l’aire d’appellation de la champagne a commencé, c’est la détermination de la zone parcellaire. Pour y parvenir, des critères généraux doivent être définis. « Il y a une quinzaine de jours, une commission Inao est venue en Champagne. », souligne Pascal Ferrat, le président du syndicat général des vignerons. « D’autres échanges auront encore lieu et après validations, notamment par le Comité national Vins de l’Inao, je pense que les experts qui auront été nommés, pourront commencer leur travail d’évaluation des terrains à porter de la vigne AOC à l’automne 2013. » La sécurisation juridique de l’appellation constitue l ‘élément majeur qui doit guider cette révision de l’aire, « et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a été lancée », rappelait le président. Il convient également de prendre en compte la préservation de l’excellence des terroirs champenois par la maitrise de la délimitation. « Ce sont des points incontournables si nous voulons rester crédibles en tant que leader, dans le monde des effervescents ». Estimant à environ quatre années, le temps nécessaire à ces experts pour effectuer les visites de terrain dans toute la zone de production, mais aussi pour étudier et répondre à toutes les réclamations, on peut imaginer que cette révision pourrait aboutir vers 2018-2020.

9 avril, 2013 | Viticulture | Jean-Claude Albert |

La renaissance des Bugadelles

Les Bugadelles 2009 rouge

Les Bugadelles 2009 rouge

Voilà bientôt dix ans que M. Jean-Claude Albert s’est attelé à la rude tâche de redonner vie à un domaine complètement abandonné : les Bugadelles. Il est situé au cœur du massif de La Clape, entre Narbonne et la Méditerranée, et s’étend au total sur 400 hectares, dont les seuls habitants furent longtemps les sangliers.

Aujourd’hui, on y dénombre 250 moutons, des chevaux et des ânes, cinq hectares de chênes truffiers et d’arbres fruitiers, 25 hectares d’oliviers, et 40 hectares de vignes conduites en agriculture biologique. Une bergerie en ruine du 19ème siècle a été réhabilitée, et un gigantesque chantier de rénovation a été mené. Résultat : L’agro- pastoralisme a été réintroduit dans la Clape, ainsi que le souligne le directeur du vignoble, Dominique Laux, naguère en poste dans le Médoc. Et d’ajouter : « Le bétail fournit cent tonnes de fumier par an, qui engraissent dix hectares de vignes. Les brebis broutent dans les oliveraies, ainsi le couvert végétal est entretenu, et il y a moins de risque d’incendie…. ».

Le vignoble des Bugadelles fournit des vins de pays d’oc rouges, blancs et rosés, avec les vieux cépages du pays, mais aussi des plus nouveaux comme le peu connu marselan noir. Le terroir est celui de la garrigue calcaire de la Clape, en assemblage avec des schistes, grès, marnes ou argiles, selon le cas. Le chai est, lui, un outil résolument moderne, qui respecte le côté nature de la propriété, mais sans ignorer les innovations de la technologie et de l’œnologie. Bref, tout porte à croire qu’avec une volonté de pionnier, une nouvelle marque de vins est en train de naitre dans l’Hérault.

4 avril, 2013 | Viticulture | Famille Cathiard |

Le Thil Comte Clary change de mains

Château Le Thil Comte Clary

Château Le Thil Comte Clary

La famille Cathiard vient d’augmenter son emprise viticole dans les Graves avec l’acquisition d’une propriété voisine de Smith Haut Lafitte : le Château Le Thil Comte Clary. Il s’agit d’un bel ensemble de vignes, parc et chartreuse, qui appartenait à la famille de Laitre, dans l’indivision. Une partie du vignoble (5,5 hectares) a été achetée par M. Pichet, propriétaire du petit château des Carmes Haut Brion à Pessac. L’autre partie, constituée de 3 hectares de blancs et 8 hectares de rouges, rentre dans l’escarcelle des Cathiard, qui nourrissent plusieurs projets pour relancer et faire vivre ce beau domaine, mitoyen du leur.

3 avril, 2013 | Viticulture | 500 millions d’euros de CA |

Les coopératives gardent leur place dans l’économie régionale

Bernard Solans

Bernard Solans

Dans le vignoble bordelais, terre de châteaux par excellence, on parle peu des coopératives vinicoles. Elles sont nées pour la plupart au milieu du siècle dernier, voire pendant la grande dépression des années trente, à cause d’une mévente qui touchait tout le monde. Souvent effacées par le prestige des grands crus, elles restent dans l’ombre, mais n’en représentent pas moins un acteur important de l’économie viticole régionale.

On compte 53 caves coopératives en Aquitaine, dont 40 pour le seul département de la Gironde. Elles rassemblent 5.500 vignerons, qui cultivent 36.000 hectares de vignes, et assurent un millier d’emplois. Leur chiffre d’affaires est évalué à 500 millions d’euros. Pour le Bordelais, on estime à une bouteille sur cinq le poids de la coopération, mais dans les appellations du Bergeracois, du Lot et Garonne et des Pyrénées Atlantiques, elles pèsent bien plus lourd, et ont parfois assumé seules la promotion d’un vignoble, comme à Buzet (47).

Pour autant, au cours des dernières décennies, plusieurs petites unités ont été absorbées par de plus grandes, par ce que l’union fait la force. En dix ans, vingt caves ont ainsi disparu, et la question se pose encore aujourd’hui, pour la survie de certaines unités comme celles de Pauillac ou de Saint Estèphe, dont les surfaces en production se réduisent à quelques parcelles. Il faut dire qu’à un million d’euros l’hectare de vignes dans certaines appellations où dominent les crus classés, les coopérateurs ne résistent pas longtemps à l’attrait d’une bonne cession….

Mais cela ne suffit pas à entamer le moral du président de la fédération régionale des coopératives vinicoles, Bernard Solans, viticulteur clame et droit, issu de l’Entre deux mers, dont le bons sens est apprécié de longue date dans les sphères professionnelles. « Il faut remettre l’humain au centre des débats. Le vin est quelque chose de vivant. Nous avons été les filles de la misère, nous devons devenir des entreprises qui font du cousu main. Et être à la pointe de la technique ».

S’il manque encore à la coopération vinicole bordelaise quelques marques phare pour valoriser les meilleurs terroirs, comme le fait le Grand Listrac dans le Médoc, les caves restent un approvisionnement majeur pour les grandes maisons de négoce. C’est là qu’elles font leur marché et trouvent des volumes conséquents pour leurs étiquettes, genre Malesan ou Mouton Cadet.

En raison de la place qu’occupe la coopération en Gironde, Bernard Solans a demandé d’avoir un siège de membre consultatif au Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux. Il devrait avoir bientôt satisfaction, car le prochain président du CIVB, Bernard Farges, qui sera élu sauf accident en juillet, est issu d’une coopérative de l’Entre deux Mers. Et c’est la première fois qu’un vigneron coopérateur va présider l’interprofession bordelaise.

2 avril, 2013 | Economie | 500 millions d’euros de CA |

Les coopératives gardent leur place dans l’économie régionale

Bernard Solans

Bernard Solans

Dans le vignoble bordelais, terre de châteaux par excellence, on parle peu des coopératives vinicoles. Elles sont nées pour la plupart au milieu du siècle dernier, voire pendant la grande dépression des années trente, à cause d’une mévente qui touchait tout le monde. Souvent effacées par le prestige des grands crus, elles restent dans l’ombre, mais n’en représentent pas moins un acteur important de l’économie viticole régionale.

On compte 53 caves coopératives en Aquitaine, dont 40 pour le seul département de la Gironde. Elles rassemblent 5.500 vignerons, qui cultivent 36.000 hectares de vignes, et assurent un millier d’emplois. Leur chiffre d’affaires est évalué à 500 millions d’euros. Pour le Bordelais, on estime à une bouteille sur cinq le poids de la coopération, mais dans les appellations du Bergeracois, du Lot et Garonne et des Pyrénées Atlantiques, elles pèsent bien plus lourd, et ont parfois assumé seules la promotion d’un vignoble, comme à Buzet (47).

Pour autant, au cours des dernières décennies, plusieurs petites unités ont été absorbées par de plus grandes, par ce que l’union fait la force. En dix ans, vingt caves ont ainsi disparu, et la question se pose encore aujourd’hui, pour la survie de certaines unités comme celles de Pauillac ou de Saint Estèphe, dont les surfaces en production se réduisent à quelques parcelles. Il faut dire qu’à un million d’euros l’hectare de vignes dans certaines appellations où dominent les crus classés, les coopérateurs ne résistent pas longtemps à l’attrait d’une bonne cession….

Mais cela ne suffit pas à entamer le moral du président de la fédération régionale des coopératives vinicoles, Bernard Solans, viticulteur clame et droit, issu de l’Entre deux mers, dont le bons sens est apprécié de longue date dans les sphères professionnelles. « Il faut remettre l’humain au centre des débats. Le vin est quelque chose de vivant. Nous avons été les filles de la misère, nous devons devenir des entreprises qui font du cousu main. Et être à la pointe de la technique ».

S’il manque encore à la coopération vinicole bordelaise quelques marques phare pour valoriser les meilleurs terroirs, comme le fait le Grand Listrac dans le Médoc, les caves restent un approvisionnement majeur pour les grandes maisons de négoce. C’est là qu’elles font leur marché et trouvent des volumes conséquents pour leurs étiquettes, genre Malesan ou Mouton Cadet.

En raison de la place qu’occupe la coopération en Gironde, Bernard Solans a demandé d’avoir un siège de membre consultatif au Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux. Il devrait avoir bientôt satisfaction, car le prochain président du CIVB, Bernard Farges, qui sera élu sauf accident en juillet, est issu d’une coopérative de l’Entre deux Mers. Et c’est la première fois qu’un vigneron coopérateur va présider l’interprofession bordelaise.

29 mars, 2013 | Viticulture | Audrey Chauvin |

Passion de femme, dans la Drôme

Audrey Chauvin

Audrey Chauvin

Audrey Chauvin est une jeune vigneronne du Sud de la Drôme. Son domaine est situé dans le petit village de la Roche St-Secret au pied de la Lance, la montagne qui sert de repère à toute la région. Le domaine est niché à flanc de  coteaux et en sus de ses 11 hectares de vignes, il possède 6 hectares de lavande. La répartition est de 3 hectares de cépages blancs (Viognier, Roussanne, Marsanne et grenache blanc) et le reste en Syrah et Grenache. Il bénéficie d’un microclimat tardif et d’altitude qui lui permet d’obtenir tard des raisins à maturité.

Audrey Chauvin a commencé ses premières vinifications au domaine en 2005 à la suite de son père. Mais c’est une femme de caractère qui a voulu, avant de se lancer,  penser globalement ce qu’elle voulait faire de ses vins, de son domaine, de l’image qu’elle voulait en donner. «  Je souhaitais qu’à travers mon vin, on puisse voir la vigneronne, et voir même sa façon de travailler» confie-t-elle. Du choix des vins au logo, de l’aménagement du caveau à la forme des bouteilles tout respire  la personnalité authentique  d’une vigneronne passionnée, qui cherche à explorer des chemins inconnus, et respecte la nature au plus haut point. C’est pourquoi elle  a fait sa   première vendange en 2012 avec des vins 100% bio. Ces vins sont aussi ses enfants, chaque cuvée à un nom bien défini qui la caractérise et l’identifie. Dont une au prénom de sa fille, Léa.

Les Vins du Domaine

Le Domaine propose en bouteilles 6 vins différents, rouges, rosés et blancs et notamment :

-  Un rouge fruité : cuvée « Passion d’Une femme ». C’est le vin représentatif du Domaine, un vin qui a obtenu, dès sa première vinification (2005)  une étoile au Guide Hachette. C’est un vin composé de 55 % Syrah, 45 % Grenache.  Un choix d’assemblage qui favorise les arômes de fruits comme le cassis, la myrtille, avec des notes épicées. Un vin à garder 5 ans. Millésime 2010 – 5,50€ au domaine.

-   Un rouge élevé en fût «Cuvée Léa », 70 % Syrah, et 30 % Grenache.  Millésime 2010 à 7,50€. Un rosé 100% grenache, obtenu par pressurage direct et par saignée. Millésime 2011 à 5,50€ Enfin en blanc la cuvée « Nuit Blanche » avec 50% de Viognier, 25% de Roussanne et 25% de Grenache blanc. Millésime 2011 à 6,50 euros la bouteille.

-  Le domaine produit aussi des vins de pays, et deux cuvées baptisées « extraordinaires », en bouteilles de 50 cl, à base de récoltes très tardives, Perle Noire et Vendanges de novembre.

-  Domaine Passion d’une Femme, chemin des Plaines Sud, - 26770 Roche Saint Secret Tél. 04 75 53 56 37 ; site http://www.passiondunefemme.fr/

28 mars, 2013 | Viticulture | Certification Haute Valeur Environnementale |

Eric Rodez, défenseur du terroir

Le vigneron champenois Eric Rodez a obtenu l’an passé la première certification Haute Valeur Environnementale décernée en France pour une exploitation viticole. Il a ainsi illustré sa démarche en faveur d’une production de qualité.

Il fait partie des élaborateurs mieux connus à l’étranger qu’en France avec ses 6 hectares de vignes et ses 45000 bouteilles par an, vendues à 80% à l’export. Il a débuté son parcours sur les terres familiales d’Ambonnay en 1984, une année catastrophique qui a provoqué chez lui une prise de conscience : inutile de cherche à surproduire, mieux vaut produire en suivant des méthodes qualitatives.

C’est aujourd’hui un défenseur de la logique de terroir, en faveur de vins qui ont une âme. Eric Rodez réfléchit en permanence aux moyens d’améliorer les choses. Il pratique la culture biologique, l’enherbement maîtrisé, et la confusion sexuelle. Il est lutte pour la mise en œuvre d’un référentiel de bonnes pratiques environnementales avec obligation de moyens et de traçabilité, comme la préservation de la ressource en eau, la réduction des produits phytosanitaires, la maîtrise de la fertilisation, et le respect de la biodiversité sur l’exploitation

10 mars, 2013 | Viticulture | Corbières et Saint Chinian |

Chez les Miquel, la passion des cépages

Les Miquel sont issus d’une longue lignée de vignerons qui possédaient déjà des vignes dans le Languedoc au 18ème siècle. Ils sont installés au Domaine de Cazal Vieil, à Cessenon au nord de Béziers, dans la belle vallée de l’Orb, sous la tutelle de l’appellation Saint Chinian. Là, ils développent une gamme de vins à vase de cépages uniques ou en assemblage, tels que le viognier et le chardonnay pour les blancs, la syrah, le grenache et le cinsaut pour les rouges et les rosés.

Récemment, Laurent Miquel a fait l’acquisition du Domaine des Auzimes, à Lagrasse au cœur des Corbières viticoles, dont les trente hectares de vignes sont conduits en agriculture biologique. C’est là que, passionné de cépages et d’ampélographie, Laurent Miquel a eu l’idée de planter un cépage blanc très rare en France, l’albarino.

L’albarino, connu aussi sous le nom d’alvarinho, est répandu au nord du Portugal et en Galice. Il aurait été amené en Espagne par les moines de Cluny au moment de la Renaissance. Laurent Miquel suppose que son étymologie « alba-rino » pourrait indiquer qu’il s’agit d’un très ancien vin blanc du Rhin, mais sa véritable origine se perd un peu dans la nuit des temps….

Reste qu’avec quatorze hectares plantés, les Miquel sont les premiers producteurs d’albarino en France. Ils lui trouvent un cousinage avec d’autres cépages blancs comme le petit manseng ou le riesling, et des arômes nobles, qu’un beau terroir calcaire, avec un micro-climat de légère altitude ne peuvent qu’amplifier.

3 mars, 2013 | Viticulture | Environnement |

Développement durable : un label de l’engagement coopératif

Sous la vigilance de l’Institut Coopératif du Vin (ICV), des coopératives parmi les plus dynamiques ont adhéré à « Vignerons Développement Durable », une association où elles s’engagent à satisfaire un ensemble de critères dont l’axe majeur est le respect de l’environnement.

Fortement inscrites sur leur territoire, les coopératives se trouvent largement impliquées dans les considérations sur le développement durable. C’est ainsi que des structures émergentes dans leur vignoble respectif (*) se sont impliquées dans un projet lancé en 2007 par l’Institut Coopératif du Vin, conciliant viabilité économique avec respect de l’environnement. Sa concrétisation a pris la forme d’une charte, développée sur des principes du développement durable et garantie par les compétences de l’ICV. Elle s’inscrit dans une démarche globale qui prend également en compte la gestion de l’entreprise, son économie et les facteurs humains. La satisfaction à 37 critères donne ainsi droit au label « Vignerons Développement Durable », lequel ne bénéficie pas pour autant de reconnaissance officielle, même s’il s’est vu décerner le Trophée de l’Agriculture Durable en 2011 par le Ministère de l’Agriculture. Malgré tout, il continue de sensibiliser le milieu coopératif et gagne progressivement des caves de régions plus septentrionales, comme celles du Val de Loire et de Bourgogne.

(*) Les détenteurs de la marque collective « Vignerons Développement Durables » sont : Vignerons de Caractère, Cave du Razès, Jaillance, Vignobles Dom Brial, Mont Tauch, Moulin de la Roque, Cave de Tain, Sieur d’Arques, Cave La Malepère, Vignerons du Mont Ventoux (M. B.). Voir le site internet : www.v-dd.com

2 mars, 2013 | Viticulture | Cépage |

Pas si folle que cela …

Le gros plant se cherche une nouvelle jeunesse. Le vin blanc sec du pays nantais a subi lui aussi la crise du vignoble, derrière le muscadet. Sans positionnement propre, ni commercial, ni d’image, il a trop souvent vécu dans l’ombre du muscadet, proposé par les vignerons, comme l’entrée de gamme. Avec un volume en perte de vitesse à 40.000 hectolitres, divisé par 4 en 20 ans, le gros plant se concentre sur un marché régional. Désormais, il veut rajeunir ses consommateurs, et donc changer d’image. Pour cela, les producteurs entendent désormais capitaliser sur le cépage : la folle blanche. Une marque “folle blanche de Nantes” va être déposée par les producteurs, et sera apposée sur les étiquettes. A long terme, l’appellation pourrait même demander à l’INAO de changer de nom.

27 février, 2013 | Viticulture | Viticulture durable |

Terra Vitis bien implanté dans l’Aube

En Champagne, un premier groupe de 16 viticulteurs de la Côtes des Bar, dans le département de l’Aube, a opté pour la labellisation Terra Vitis. Il leur a fallu répondre au cahier des charges qui porte à la fois sur la culture de la vigne et sur la vinification, associant une démarche qui sait faire appel au pragmatisme, aux réalités du terrain et au bon sens.

A travers 16 exploitations, ce sont 180 hectares qui sont désormais certifiés Terra Vitis, et d’autres sont déjà inscrits dans la même dynamique. Un élan qui a une vocation régionale, et les 16 producteurs se disent prêts à accueillir d’autres professionnels de la zone d’appellation champagne.

Rappelons que Terra Vitis permet de donner plus de visibilité, en France et à l’export, aux vins français produit dans un esprit de développement durable, de qualité et de transparence. Le label, une fois obtenu, est apposé sur les étiquettes des cuvées.

23 février, 2013 | Viticulture | Association |

Des Grains Galets pas gringalets….

Sept vignerons des Côtes du Rhône, issus chacun d’une appellation différente, ont décidé de se regroupe dans une amicale association, qu’ils ont joliment baptisés les Grains Galets… Ce trait d’humour révèle leur jeunesse, leur esprit d’équipe, leur volonté de partage avec un clin d’œil pour certains terroirs de la vallée du Rhône ou les galets sont prédominants.

Présents sur de nombreux salons, ils représentent ensemble une large gamme de vins rouges, blancs et rosés, répartis sur un million de bouteilles et quarante étiquettes. Respect du terroir, maintien de l’exploitation familial, volonté d’aller vers le consommateur, qualité du vin, tout cela est mis en commun. Bref, l’union fait la force.

23 février, 2013 | Viticulture | Cépages |

Le picpoul et le piquepoul

Le terroir de Picpoul de Pinet, qui vient d’obtenir son accession en Appellation d’Origine Protégée (AOP), fait partie de la grande famille des vins des Coteaux du Languedoc. Il s’étend sur six communes de l’Hérault, proches de Sète et de l’Etang de Thau. Le vignoble représente environ 2.400 hectares en production, sur des sols bien identifiés, mélanges de sables et de limons, sur un socle datant de l’ère tertiaire. C’est un terroir pauvre et chaud, mais rafraichi, dit-on, par l’entrée du vent marin de la Méditerranée toute proche.

L’appellation Picpoul de Pinet doit son nom au cépage piquepoul, réputé pour ses vins blancs vifs, aux arômes de fleurs et de tilleul. C’est un vieux cépage de la région qui fut longtemps affecté à l’élaboration des vermouths. Il est aujourd’hui le seul cépage autorisé pour l’appellation (presque) homonyme, sous réserve de conditions de production précises et plus contraignantes que naguère.

Le piquepoul est un cépage blanc peu connu dans le reste des vignobles français. Il est aussi planté en Espagne, au Portugal et dans les Côtes du Rhône. Son cousin le piquepoul noir est un cépage encore moins connu, qui ne subsiste que sur quelques dizaines d’hectares dans le Midi de la France et en Catalogne. Les vins rouges qui en sont issus affichent des qualités qui pourraient espérer une meilleure reconnaissance.

19 février, 2013 | Viticulture | Prévention |

Du goudron pour soigner la vigne

L’eutypiose est un champignon microscopique redoutable, qui peut être mortel pour la vigne. Il s’introduit dans la plante par les plaies de taille, c’est donc celles-ci qu’il faut obturer pour lui fermer la porte. Après deux années d’études, l’IFV, institut français de la vigne et du vin, recommande le goudron de pin comme le meilleur produit pour badigeonner les plaies de taille de la vigne, et la protéger ainsi de l’eutypiose.

Des essais comparatifs ont montré que ce goudron, produit naturel issu du pin maritime, était supérieur à d’autres, comme les lasures, les résines ou des huiles végétales, et plus résistant à la pluie. L’IFV recommande aussi de tailler la vigne le plus tard possible, en mars par exemple, quand la sève s’écoule par les plaies de la taille, et que l’on dit alors que la vigne pleure… Il conseille enfin d’éliminer et de brûler tout bois mort, cep ou sarment, qui sont autant de foyer d’infection de la vigne par l’eutypiose.

18 février, 2013 | Viticulture | Investissements |

Le vignoble des Carmes s’agrandit

Le Château Les Carmes Haut Brion est une petite pépite viticole, incluse dans la communauté urbaine de Bordeaux à Pessac et aussi dans l’appellation Pessac-Léognan. Dans la même famille des négociants Chantecaille depuis le 19ème siècle, ce vignoble urbain a été vendu en 2010 à Patrice Pichet, promoteur immobilier bordelais.

L’an dernier, le nouveau propriétaire a augmenté la surface de son domaine, passé de 4,7 à 10,3 hectares, avec l’acquisition de vignes appartenant au château Le Thil Comte Clary à Léognan. Dès lors, les installations situées à Pessac devenaient trop petites pour vinifier deux fois plus de vins, et Patrice Pichet se lance donc dans la construction d’un nouvel ensemble chai-cuvier. Ce chantier a été confié à l’architecte bordelais Luc Arsène-Henry, et au designer Philippe Starck.

17 février, 2013 | Viticulture | Recherche |

Comment s’adapter au changement climatique ?

La traditionnelle « Journée Technique du CIVB », organisée tous les ans à Bordeaux par l’Interprofession des Vins de Bordeaux, a rencontré son succès habituel (notre photo), et abordé plusieurs thèmes : innovations récentes en œnologie, qualité aromatique des vins, protection du vignoble et de l’environnement, et adaptation au changement climatique. Ce dernier point était très attendu…

En effet, selon les scénarios, l’accroissement de la température entre l’an 2000 et 2099, va évoluer dans une fourchette de 1,8 à 4 degrés !…. Cela signifie que dans cent ans, Paris aura peut-être le climat de Cordoue, Dublin celui de Rennes, Bruxelles celui de Lisbonne et Berlin celui de Rome. Tout cela fait réfléchir. En ce qui concerne la pluviométrie, les experts sont moins diserts, mais annoncent « une légère augmentation de la moyenne annuelle, avec une diminution en période estivale dans les zones tempérées ».

Le viticulteur doit donc adapter son exploitation pour faire face à ces changements, et imaginer que ses petits enfants, nés sous le ciel de la Gironde, auront à conduire une vigne comme en Andalousie…. Pour continuer à produire des vins de qualité, il faudra donc planter des cépages nouveaux sur des terroirs au climat plus chaud, trouver les clones qui conviennent, les techniques culturales adéquates, les modes de taille et de conduite de la vigne différents, avancer la date de vendanges, etc….

L’impact de ce changement climatique à venir est aussi important pour l’homme que pour la plante, il est donc pris très au sérieux par les professionnels. Aussi, pour élaborer une stratégie d’adaptation, pas moins de 23 laboratoires français se sont associés dans une structure scientifique baptisée Projet Laccave. Ils travaillent avec des instituts de recherche et des organismes existants partout en France. Il s’agit pour l’essentiel de produire et rassembler des connaissances sur l’évolution de la vigne face au phénomène, et de trouver des réponses aux questions légitimes que se pose le viticulteur. Un conseil scientifique composé d’experts d’Europe, d’Afrique et des Amériques participe aux travaux. Le but affiché est de construire des scénarios pour l’an 2050. C’est presque demain….

15 février, 2013 | Viticulture | Provence |

Millésime 2012 : année difficile mais bilan rassurant

Affecté par des épisodes climatiques sévères, la production des grandes appellations provençales affiche une baisse globale de 10 % par rapport à celle de 2011. Malgré tout, la qualité est au rendez-vous et profite aux rosés, vocation toujours très affirmée de la région.

En Provence, la climatologie de l’année 2012 a été tumultueuse et marquée par un hiver rigoureux et atypique par son intensité. Le gel a ainsi sévit pendant une dizaine de jours au mois de février, avec des températures descendues jusqu’à – 12° C. Les pertes consécutives à ce phénomène ont surtout concerné le secteur de la Montagne Sainte-Victoire. La grêle a ensuite causé de sérieux dégâts, essentiellement celle survenue le 27 mai dans le vignoble du centre Var, en plein cycle de floraison. Un été sec n’a pas aidé à compenser la faible sortie des raisins, de sorte que les Côtes de Provence annoncent un volume en baisse de 12,5 % par rapport à la récolte précédente.

Comparativement, les Coteaux d’Aix-en-Provence et les Coteaux Varois en Provence n’ont perdu respectivement que 3,5 % et 3 % de leur production. Fort heureusement, les vins du millésime ne se ressentent pas des difficultés de leur naissance et présentent un équilibre alcool/acide très satisfaisant, propre à leur procurer de la fraîcheur. Ce dernier caractère a naturellement profité aux rosés dont la relative pénurie a fait grimper les prix sur le marché du vrac. Ainsi, le cours moyen du Côtes de Provence rosé a connu une hausse d’environ 17 %, avec 174 euros l’hectolitre, contre 149 euros en 2011.)

Une même progression s’observe dans les Coteaux Varois dont la cote surprend puisqu’elle atteint pratiquement celle des Coteaux d’Aix, c’est-à-dire environ 130 euros l’hectolitre.

12 février, 2013 | Viticulture | Contrefaçons |

L’Hermitage n’est pas du champagne

Michel Chapoutier, figure de la viticulture et du négoce en Vallée du Rhône, a décidé de partir en guerre contre les utilisations abusives des appellations françaises. C’est ainsi qu’il n’a pas apprécié que le président américain Obama fête sa réélection à la Maison Blanche avec un vin baptisé « champagne californien » alors qu’il s’agit d’un « sparkling », c’est-à-dire un vin mousseux américain, qui ne saurait se comparer aux grands vins des terroirs de Reims et d’Epernay.

Même chose avec la dénomination Ermitage, ou Hermitage, qui fleurit un peu partout sur des bouteilles du monde entier. La maison Chapoutier fait partir des leaders de l’appellation Hermitage, dans les Côtes du Rhône septentrionales; elle a décidé de poursuivre en justice les contrefaçons manifestes que constitue ce parasitisme.

8 février, 2013 | Viticulture | Dégustation |

L’étonnante Confrérie Saint Etienne ….

Dernièrement, 244 vins provenant du vignoble alsacien, millésimes 2011,  et antérieurs pour les appellations Alsace, Alsace grand cru et crémant d’Alsace, ont fait l’objet d’une grande dégustation. Chaque année depuis 1957, à l’issue de deux grands jurys organisés en janvier et juillet, la Confrérie Saint-Étienne délivre un label de qualité intitulé « Sigille des Vins d’Alsace ». Il récompense les meilleurs vins de l’ensemble des producteurs alsaciens en se basant sur la qualité et la typicité. Seuls les vins des confrères sont admis à cette dégustation.

Pour obtenir cette distinction, les vins doivent obligatoirement répondre à des normes très sévères, et sont susceptibles de subir des tests en laboratoire vérifiant leurs caractéristiques techniques. Ils sont bien entendu appréciés anonymement, et la confrérie ne dévoile jamais les producteurs des vins goûtés en ses murs.

Un vin ayant obtenu le Sigille figure à raison de 12 bouteilles dans l’œnothèque de la confrérie, qui en compte actuellement plus de 60000, conservant ainsi les meilleurs vins de chaque millésime depuis 1947. Lors des chapitres de l’association et des dégustations solennelles ou commentées, tenues au château de Kientzheim, seuls sont servis des vins sigillés…

7 février, 2013 | Viticulture | Oenologie |

Un nouveau poison pour les vins

Les recherches menées par le laboratoire Excell, et l’œnologue bordelais Pascal Chatonnet, qui le dirige, ont amené celui-ci à découvrir une substance préjudiciable au goût du vin. Il s’agit du tribromoanisole, composé volatil et malodorant d’une autre substance dont il est issu, le tribromophénol. Ce dernier est utilisé dans des peintures, vernis et produits de traitements du bois. Dans des zones de stockage du vin, il peut lui communiquer un goût de moisi désagréable.

D’abord révélé en Amérique du Sud, notamment dans les chais d’Argentine et du Chili, le tribromoanisole est maintenant repéré un peu partout dans le monde. Il occasionne une « pollution sensorielle » telle que le laboratoire Excell a inclus la recherche de ce nouveau poison dans son cahier des charges de contrôle.

7 février, 2013 | Viticulture | e-terroir |

Les terroirs sur la toile

Un nouvel outil vient de faire son apparition sur le site Techniloire. Cet espace dédié à la technique viti-vinicole en Val de Loire a intégré une nouvelle fonction : e-terroir. A partir des travaux de la Cellule des terroirs viticoles (association gérée entre Interloire et l’IFV du Val de Loire), les vignerons trouveront en libre accès, les caractéristiques des terroirs de 148 communes, à la parcelle ou au groupe de parcelles.

Concrètement, une fois sur le site en cliquant sur un lieu dit, le producteur verra dérouler les particularités de ses parcelles, avec détails des sols et sous-sol…et recommandations pour les plantations. A découvrir sur www.techniloire.com.

6 février, 2013 | Viticulture | Analyse |

Millésime Bio à Montpellier : Le salon pas comme les autres

Le Salon Millésimes Bio de Montpellier (28-30 janvier) a fermé ses portes sur un bilan satisfaisant. 660 exposants et 3.600 visiteurs professionnels sont venus à cette manifestation annuelle, qui vient de fêter ses vingt ans. Exclusivement réservé aux vins issus de l’agriculture biologique, ce salon est bio jusque dans son organisation : tous les produits du restaurant sur place sont bio, les moquettes sont recyclables, le nettoiement est écologique, les bouteilles, les cartons, les bouchons sont récupérés et recyclés, etc …

Cette année encore, la plupart des viticulteurs présents étaient contents. « On a vu presque tous nos clients, qu’ils soient français ou importateurs, on a pris des commandes, pour nous c’est largement positif » résume cette vigneronne des Costières de Nîmes. Un autre avoue « avoir fait un carton », et vend désormais 90% de sa production de vins de Bordeaux à l’export. En vingt ans, ce salon n’a jamais cessé de progresser à tous les niveaux, et constitue aujourd’hui en France LA référence pour la filière des vins bio, en plein développement.

Il reste cependant que certaines interrogations se font jour. Au-delà du succès d’une manifestation qui allie avec brio le professionnalisme et la convivialité, il apparait que bientôt l’offre pourrait dépasser la demande. « Est-ce la fin de l’âge d’or ?» se demandait le journal Midi Libre, bien placé pour connaitre les soucis de la viticulture méridionale. Le vin bio est plutôt dépendant de marchés de niche, qui ne brassent pas encore des volumes énormes. Et il y en a de plus en plus. Ce sont souvent des petits domaines familiaux qui passent en bio, mais les coopératives s’y mettent aussi. Elles sont 180 en France à s’impliquer dans la viticulture biologique, signe des temps, certes, mais aussi signe avant-coureur d’un engorgement possible du marché.

En outre, l’élaboration de vin bio demande beaucoup de technicité, un cahier des charges très contraignant, et des protocoles de vinification fort pointus. Ce n’est pas à la portée de tout le monde. D’où des dérives parfois préjudiciables à son image, et parallèlement des excès inattendus avec des « cuvées » à 40 euros la bouteille, très loin des attentes du consommateur.

Nul doute que le bio va continuer à progresser en France et en Europe, car c’est dans l’air du temps. Mais il y a maintenant un risque que l’orchestre aille plus vite que la musique.

26 janvier, 2013 | Viticulture | Chiffres |

Manquera-t-on de vins blancs ?

Le marché des vins blancs secs est assez tendu depuis le début de la campagne, en raison d’une baisse de production autant en France qu’en Espagne et en Italie. Cela est dû aux aléas du millésime 2012, mais aussi aux arrachages de vignes, notamment dans le sud de la France, qui se sont souvent faits au détriment du blanc.

A titre d’exemple, on notera que les blancs secs ne représentent plus que 8% de la production totale bordelaise, et les blancs doux 3%…. Du coup, pour le millésime 2012, le prix du bordeaux blanc en vrac est monté autour de 1.120 euros le tonneau de 900 litres, quand le rouge se négocie plutôt aux alentours de 960 euros le tonneau. Et encore, pour les meilleurs lots de sauvignons blancs, certains contrats montent jusqu’à 1.300 euros. Donc, un différentiel important avec le rouge.

Il serait sans doute excessif de parler de pénurie pour l’instant, mais le négoce n’oublie pas de faire des achats de précaution bien utiles au cas où… ce qui fait immanquablement monter les cours. En Gascogne, qui est un réservoir traditionnel de bons vins blancs secs, les producteurs ont préféré cette année vendre leurs blancs plutôt que de les envoyer à la distillation pour l’armagnac, opération jugée bien moins rémunératrice.

Du coup, la production d’armagnac a chuté cette année à 20.000 hectolitres d’eau de vie, au lieu des 27.000 prévus. Rien de grave pour l’immédiat ; mais tout de même, c’est bien le signe qu’il y a quelque chose de nouveau au royaume du vin blanc.

26 janvier, 2013 | Viticulture | Nouvelle cuvée |

Sept cépages pour mieux pétiller

La maison Ackerman, spécialiste des vins effervescents depuis le 19ème siècle à Saumur, vient de lancer une cuvée originale, baptisée précisément « L’Origine ».

Elle doit son nom à un vin élaboré au 19ècle par Jean-Baptiste Ackerman, fondateur de la société, qui a assemblé sept cépages différents. La même recette préside à la présente cuvée, concoctée à base de sauvignon, chardonnay, chenin, cabernet franc, grolleau, pineau et cabernet sauvignon. Soit un assemblage de cépages blancs et noirs, issus de terroirs différents, mais tous récoltés en 2007. Le vin a donc vieilli cinq ans avant d’être mis sur le marché. Il s’agit d’un brut nature a fine bulles, en méthode traditionnel et sans dosage, réputé très digeste.

On trouvera ce vin insolite autour de 12-13 euros la bouteille.

26 janvier, 2013 | Viticulture | Immobilier |

L’Interprofession investit à Avignon

C’est jeudi 24 janvier que fut signé entre la Mairie d’Avignon et l’interprofession viticole Inter Rhône, représentée par son président Christian Paly, l’acte d’achat  d’une partie des anciens bâtiments de la Banque de France d’Avignon (Hôtel Calvet de la Palun). L’investissement est de 2,2 millions d’euros pour l’achat et l’aménagement de 349 m2.

Il faut dire que ces locaux sont placés au cœur de la ville donnant, d’un côté, sur la Place du Palais des Papes, de l’autre, sur la place de l’horloge, soit au centre de toute l’animation, été comme hiver, d’Avignon, capitale des Côtes du Rhône, avec son festival, et des millions de touristes annuels. Inter Rhône y installera à l’horizon 2015 son Ecole des Vins, un bar à vins et un restaurant gastronomique. Les 600 autres mètres carrés seront occupés par des boutiques de prestige.

Un peu plus loin, toujours sur la Place du Palais des Papes, un projet œnotouristique est en cours de finalisation. Le centre d’Avignon devient ainsi le cœur vivant de l’appellation des Côtes du Rhône.