24 juillet, 2010 | Economie | Spéculation |

Enchères : les grands crus encore en hausse

La dernière vente de vins aux enchères chez Artcurial à Paris, les 7 et 8 juillet, a rapporté la somme de 381.000 euros hors frais. A nouveau, les grandes bouteilles ont été payées très cher, le plus souvent au dessus des estimations. Selon les commissaires priseurs « Ces résultats montrent une fois de plus une véritable concentration du marché sur les grandes marques ». Et ils confirment que les grands crus de Bordeaux sont les valeurs phares de ce marché.

Six bouteilles de Pétrus 2000 estimées 11.000 euros ont été adjugées 20.500 euros ! Douze bouteilles de Lafite 1989 estimées 3.000 euros ont été adjugées 7.200 euros. Une impériale de Château Climens 1997 (six litres), estimée 600 euros a été vendue 1.800 euros. Nombre de vins de Margaux, Palmer, Mouton, etc, ont carrément doublé leur estimation à l’achat.

Bons résultats aussi pour des vieilles bouteilles de Bourgogne, et pour certaines eaux de vie.  Une antique bouteille de cognac de 1811 (!) a été adjugée 2.400 euros, quatre fois plus que son estimation.

12 juillet, 2010 | Economie | Bonnes bulles |

Les bons comptes de la Champagne

Premier vignoble français en chiffre d’affaires, la Champagne renoue avec les profits après deux années difficiles. Quelques chiffres permettent de mieux mesurer l’importance et l’impact économique de cette région.

Vignoble de 33.000 hectares, la Champagne est composée de 5.000 expéditeurs de champagne, où l’on trouve 329 maisons, 42 coopératives et 4.718 vignerons ; en fait on dénombre au total 15.594 vignerons, mais 10.876 d’entre eux vendent leurs raisins au négoce.

En 2009, la Champagne a vendu 293 millions de bouteilles, dont 180 millions en France. Le chiffre d’affaires total a été évalué à 4,4 milliards d’euros pour l’année 2008. Il est intéressant de noter que la part des champagnes de vignerons (hors maisons de négoce et grandes marques) est plus importante qu’on ne croit. Ces « petits » producteurs indépendants ou coopérateurs, souvent très qualitatifs, représentent un tiers des ventes totales, et 47% des ventes en France, soit 84 millions de bouteilles !

Les Champagnes de Vinerons sont ainsi devenus une marque collective, dont le poids économique est avéré, à côté de celui des « grandes maisons ». Les producteurs multiplient les salons en France et à l’étranger, et devraient terminer l’année 2010 en franchissant la barre symbolique des 100 millions de bouteilles vendues en France et dans le monde.

3 juillet, 2010 | Economie | Grand succès |

Bordeaux : le vin fêté avec fastes

La grande manifestation « Bordeaux fête le vin » a connu cette année une ampleur inaccoutumée. Pendant quatre jours, du 24 au 27 juin, près de 500.000 personnes auraient arpenté les quais de Bordeaux, selon les chiffres des organisateurs. Ces derniers annoncent également qu’au total, 52.000 bouteilles de vins de Bordeaux et d’Aquitaine ont été ouvertes, ce qui représente environ 600.000 dégustations.

Sur un plan économique, cette fête unique en son genre représente, comme Vinexpo et Vinitech, des retombées importantes pour le Bordelais. Elles sont estimées à 20 millions d’euros, pour un budget d’organisation de 2,5 millions d’euros. On notera la participation officielle de la ville de Québec, jumelée avec Bordeaux, qui étudie très sérieusement, comme Hong Kong, la possibilité d’organiser une fête similaire au Canada.

Cette manifestation reste extrêmement populaire aves des concerts multiples, des feux d’artifices et des animations. Mais d’année en année, un pan plus professionnel se greffe sur la manifestation. Ce fut le cas en juin avec la création d’un concours mondial du sauvignon, le congrès national des œnologues, le symposium des masters of wine, la Fête de la Fleur sur les Quinconces, et les opérations parrainées par les grands crus classés.

Cette septième édition de « Bordeaux fête le vin » marque une étape importante ; la manifestation fait maintenant partie des dates majeures de la vie bordelaise, et semble appelée à un fort rayonnement international.

2 juillet, 2010 | Economie | Etude |

Sondage : le tourisme viticole en Aquitaine

Une étude a été menée dans les cinq départements d’Aquitaine pour mieux connaitre le tourisme viticole. Elle résulte du dépouillement de 3.600 questionnaires, adressés en six langues aux visiteurs, destinés à mieux cibler les clients de cette filière et à connaitre leurs motivations.

Pour l’Aquitaine, au sein de laquelle la Gironde prend une part prépondérante, il ressort que l’oenotouriste a en moyenne 45 ans, qu’il voyage en voiture, en famille ou avec des amis, et qu’il cherche d’abord à acheter et à déguster des vins. Ses autres objectifs sont : visiter des villages et des châteaux, s’informer sur les crus de la région, profiter de la gastronomie du sud ouest.

Ces oenotouristes sont pour les deux tiers français, principalement parisiens, franciliens et bretons, et pour le troisième tiers, des voisins anglais, belges et allemands. Ils ont été classés et quatre catégories : les épicuriens, qui sont des habitués des visites de vignobles et cherchent à bien déguster et bien manger ; les explorateurs, qui veulent percer les secrets du vin, et rencontrer les vignerons ; les classiques, sensibles à la culture et au patrimoine ; enfin les experts, qui veulent entrer dans le cercle des initiés et de ses codes.

Dans l’ensemble, les oenotouristes en Aquitaine trouvent que le vin fait partie de l’image de la France ; ils apprécient la gamme large et complète des vins, le prestige des châteaux, la sympathie des chambres d’hôtes. Parallèlement, ils déplorent que le vin et le restaurant soient chers et que les repérages soient compliqués. Un sur deux annonce son désir de revenir, et un sur quatre, son souhait de garder contact avec les vignerons visités.

NOTA Cette étude a été menée dans huit régions viticoles françaises, mais avec un quota de réponses parfois insuffisantes pour servir valablement de base de travail.

12 juin, 2010 | Economie | Mobilisation |

Val de Loire : les producteurs d’appellation lancent “l’appel d’Angers”

Réunis en Congrès en Anjou du 7 au 9 juin, les vignerons d’appellations, membres de la Cnaoc, ont fortement interpellé les pouvoirs publics français et européens pour que soient maintenus les droits de plantation. Ce système de régulation de la production a été mis en place en France en 1936, puis élargi à l’Union européenne en 1972 ; mais il est question qu’il soit supprimé dans le cadre de la nouvelle OCM en 2015.

A travers “l’appel d’Angers”, alliés aux producteurs d’appellations fromagères, les vignerons “expriment leurs très vives inquiétudes face à la disparition annoncée des instruments de régulation de la production. Ils dénoncent les effets négatifs sur les marchés d’une trop grande dérégulation et dérèglementation de la politique agricole”.

Après avoir obtenu le soutien allemand d’Angela Merkel, puis du ministre français de l’agriculture Bruno Le Maire, les vignerons d’appellation attendent que tous les pays producteurs de l’Union européenne se mobilisent sur ce dossier. Ils espèrent notamment que la crise financière et l’absence de régulation dans ce secteur, servent de leçons et leur offrent des arguments pour que soient maintenus les outils permettant de gérer l’offre. “La priorité, c’est de constituer une minorité de blocage pour que la Commission ne parvienne pas à imposer son texte”, a souligné Pierre Aguilas en clôture du congrès à Angers. Ensuite, le travail de conviction doit porter sur le parlement européen et sur chaque ministre de l’Agriculture des 27 pays.

18 mai, 2010 | Economie | Val de Loire |

Muscadet : la promotion face à la crise

La crise que vit l’appellation nantaise a été provoquée par une hausse des cours massive, consécutive  à un gel au printemps 2008 qui a anéanti la moitié de la récolte. Cette augmentation de prix dans les linéaires, ajoutée à la crise mondiale, n’ont pas permis de vendre la demie récolte 2008. Sur les 600 000 hl produits en 2009, seuls 380 000 seront commercialisés à l’issue de la campagne. Pour certains vignerons, deux millésimes sont encore en cave et ne trouvent aucun débouché.

La situation est dont très tendue, et on estime à 200 (sur 600), le nombre de vignerons en grande difficulté. Des appels ont été lancés aux pouvoirs publics pour obtenir des aides (distillation, déclassement de vins, arrachage…), mais les réponses n’arrivent pas. En attendant,  700 000 euros  vont être investis dans des actions de communication pour relancer la commercialisation du muscadet.

En France, l’opération “Planète Muscadet menée en juin va permettre d’animer quelque 4000 points de vente (grandes surfaces, cavistes et restauration), pour un montant de 500 000 €. Parallèlement, quelque 200 000 € vont être débloqués pour travailler sur les marchés belge et britannique, pour référencer à nouveau le muscadet dans ces pays où il a perdu de nombreuses positions.  

Le site de l’opération Planète Muscadet

5 mai, 2010 | Economie | Gourmandise |

Le printemps des liqueurs

Spécialiste traditionnel de la fabrication de liqueurs, la France produit chaque année 80 millions de litres de ces nectars sucrés et alcoolisés. Elle en exporte la moitié, et ses meilleurs clients à l’étranger sont les Américains, loin devant les Allemands et les Japonais. Il semble que partout, la liqueur soit représentative d’un certain art de vivre à la française. Résultat, le chiffre d’affaires des liquoristes a atteint l’an dernier 490 millions d’euros.
Pour autant, ces producteurs sont restés souvent des petites maisons artisanales, provinciales et familiales. A côté de groupes importants comme ceux de Marie Brizard, Cointreau, Bénédictine ou Grand Marnier, on trouve à Sarlat comme à Dijon, Fougerolles ou Saumur des petites distilleries, qui témoignent d’un savoir faire ancestrale.
L’occasion est donnée de les connaitre et de les visiter avec l’opération « Le printemps des liqueurs », organisée le samedi 29 mai, dans toute la France. Plus de trente liquoristes ouvrent aux amateurs les portes de leurs chais, de leurs alambics et de leurs magasins. Tous renseignements sur le site www.printempsdesliqueurs.com.
3 mai, 2010 | Economie | Export |

La Chine au programme

Ce mois de mai 2010 est à l’évidence le mois de la Chine. L’ouverture de l’exposition universelle de Shanghaï le 1er mai, et le salon Vinexpo Asia à Hong Kong, constituent deux évènements majeurs pour l’exportation des produits français, et principalement le vin dont les Chinois sont de plus en plus friands.
La consommation de vins en Asie augmente dix fois plus vite que dans le reste du monde, et dans le même temps, la Chine est devenue le deuxième marché d’exportation pour le cognac, considéré comme un élément culturel de l’art de vivre à la française.
En ce qui concerne Vinexpo, le salon a fait le plein avec 800 exposants, qui s’installeront à Hong Kong du 25 au 27 mai. Tous les grands pays producteurs de vins y seront représentés, ainsi que la plupart des principaux négociants, tant en vins qu’en spiritueux. Ce salon biennal pour la zone Asie Pacifique confirme la bonne idée qu’a eue Vinexpo d’exporter son savoir-faire sur les grands marchés internationaux, à la rencontre des importateurs et des professionnels.
Quant à l’exposition universelle de Shanghaï, elle va durer six mois, et pourrait attirer cent millions de visiteurs, selon les organisateurs. Le Pavillon de la France, qui fait partie des 240 exposants, en escompte dix millions, ce qui est déjà considérable. On notera que parallèlement, le SIAL China, Salon International de l’Alimentation, se tient à Shanghaï, également, du 19 au 21 mai, au nouveau centre d’expositions international de la ville.
28 avril, 2010 | Economie | Stratégie |

Languedoc : Le Minervois veut faire mieux

Le syndicat viticole de l’appellation Minervois va déménager. Il quittera prochainement le Château de Siran pour s’installer à Port Minervois, à Homps dans l’Aude. Lors de sa dernière assemblée générale, le président Philippe Coste a annoncé une baisse des volumes de l’ordre de 20% au cours de la dernière campagne, et constater un prix de vrac toujours trop bas. Mais il a souligné que « Le Minervois vend la moitié de sa production à l’export, et la part de la mise en bouteille augmente de plus en plus, jusqu’à atteindre les 50% ». La production actuelle du Minervois est de 120.000 hectolitres, et le président Coste plaide pour « un positionnement en tant qu’appellation village », avec l’objectif de quitter le marché du vrac, pour se recentrer sur une production génératrice de valeur ajoutée.

22 avril, 2010 | Economie | Val de Loire |

Le Muscadet entre en crise

Deux ans après, le terrible gel d’avril qui a anéanti la moitié de la récolte 2008, plonge le vignoble dans la crise. Face à cette petite récolte, certains vignerons ont joué la spéculation, provoquant une multiplication par deux, des cours. Conséquence, les vins se sont retrouvés dans les linéaires à 1 € de plus par bouteille, abandonnant les bas de rayons et le discount. Les consommateurs n’ont pas suivi cette hausse et les ventes n’ont pas été à la hauteur. Sans parler de la crise mondiale qui perturbé les marchés export.

En 2009, la volumineuse récolte de 600 000 hl a provoqué rapidement une baisse des cours, et une montée des stocks. Si la vente directe semble encore résister, les vendeurs au négoce sont en difficulté. Certains vignerons n’ont pas fini de vendre le 2008, et déborde d’un 2009 généreux. Au total, on estime à 150 000 hl, le volume qui pèse sur les marchés.

Face à cette crise, et aux risques réels de voir des vignerons mettre la clé sous la porte, le Syndicat de Muscadet en a appelé aux pouvoirs publics. Une réunion a été organisée en préfecture mi avril avec tous les intervenants de la filière viticole régionale. Une idée serait étudiée par la profession. Il s’agirait de déclasser en vins sans indication géographique, les milliers d’hectolitres qui encombrent le marché. Sur quels marchés ? A quel prix ? Avec des aides ?
Ces questions doivent être abordées lors d’une grande réunion des producteurs qui se déroulera le 6 mai dans le vignoble

18 avril, 2010 | Economie | Distribution |

Le linéaire vins en progression en 2009

Sur l’année 2009, les ventes de vins tranquilles en grande distribution ont enregistré une hausse de 1,2 % en volumes, à 9,5 millions d’hectolitres, et de 2,9 % en valeur à 3,4 milliards d’euros.

Les rouges qui représentent près de 60 % du volume, ont gagné 1,2 % en volume, mais régressé de 1 % en valeur.

A l’inverse, les blancs ont perdu 1 % en volume, mais gagné 3,5 % en valeur.

En pleine forme, les rosés ont gagné sur les deux tableaux : près de 10 % en volume et de 14,6 % en valeur. Du côté des bulles, les ventes ont progressé sur cette même période de 5,4 % en volume (185 millions de cols) et de 6,9 % en valeur, à 1,32 milliard d’euros. Toutes les catégories de vins  sont en hausse : champagnes, crémants, mousseux, etc

9 avril, 2010 | Economie | Distribution |

Les foires aux vins toujours actives

La société IRI France a réalisé pour le conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux un bilan des dernières foires aux vins. 89% des hypermarchés et supermarchés français ont réalisé une foire aux vins en septembre et octobre 2009. 57 millions de bouteilles de vins d’appellations ont été vendue à cette occasion, représentant un chiffre d’affaires total de 293 millions d’euros. Ce chiffre est en baisse de 4% par rapport à 2008.

Les vins de Bordeaux ont représenté 39% des volumes vendues, avec 22,4 millions de bouteilles, et la moitié du chiffre d’affaires, à 146,5 millions d’euros. Ce chiffre est en baisse de 7% par rapport à 2008. Ce sont les vins rouges de Bordeaux, avec près de 21 millions de bouteilles vendues, qui ont constitué le plus gros du marché, notamment celles issues des châteaux et grands crus du Médoc et du Libournais.

Les foires aux vins d’automne sont toujours un évènement, et ont une part importante dans l’économie de la filière. Cependant, elles montrent une baisse sensible d’intérêt par rapport aux fortes années 2005 et 2007. La crise est évidemment passée par là.

1 mars, 2010 | Economie | Conjoncture |

Export : les vins français en net repli

Le réseau UbiFrance, agence française pour le développement des entreprises à l’exportation, vient de publier les chiffres officiels de la campagne 2009. 12,5 millions d’hectolitres de vins français ont été expédiés à l’étranger dans l’année, soit 1,1 million de moins qu’en 2008. Cela représente aussi 1,2 milliard d’euros de moins en valeur, soit une réduction de –9% en volume et –19% en chiffre d’affaires.
Mise à part la Chine, explique UbiFrance, « la quasi-totalité de nos marchés sont en diminution, à commencer par le Royaume Uni , à -18% ». Cela s’explique par une baisse des ventes des grands crus de Bordeaux, notamment, et l’arrivée de gros stocks sur le marché international « qui auraient inévitablement entraîné un dévissage des prix ». Les grandes appellations sont les plus touchées, Champagne, Bordeaux et Bourgogne, alors que les vins de pays s’en sortent moins mal.
Sans nier que la conjoncture reste difficile, UbiFrance relève que « certains signaux sont repassés au vert fin 2009 », avec une petite reprise en décembre. Un plan d’envergure a été décidé pour accompagner les exportateurs de vins au cours de l’année 2010, avec le soutien de l’Etat, pour des actions sur des marchés prioritaires. Ce sont les clients traditionnels comme Allemagne, USA ou Belgique, et aussi les pays émergents (Brésil, Russie, Asie). Le but est d’y établir des relais de croissance durable.
Rappelons qu’UbiFrance est un établissement public placé sous la tutelle du Ministère du Commerce Extérieur; il dispose d’un réseau mondial dans 30 pays — bientôt 40– qui lui apporte une masse de renseignements utiles sur les filières exportatrices
25 février, 2010 | Economie | Distribution |

Et maintenant, le négoce bio...

L’abeille est son logo, et sa présence sur l’étiquette est un signe qui ne trompe pas : la gamme Biovidis, c’est évidemment du vin bio. Sa particularité est d’être commercialisée par le négociant du même nom, société petitement lancée en 1995, mais qui a pris du poids sous la houlette de son nouveau propriétaire, Philippe Gérard. Installée à Amboise, cette maison distribue des vins bio de toute la France dans toute la France, mais aussi à l’export. Total : 800.000 bouteilles commercialisées par an, de vins bios exclusivement.

Le développement de Biovidis est significatif d’une nouvelle tendance, qui n’est plus une mode, mais bien un mouvement de fond. Les grandes surfaces consacrent des rayons spécifiques aux  vins  bio, lesquels sont recherchés un peu partout en Europe, et sont très demandés dans la région parisienne. On peut rapprocher l’exemple de Biovidis de celui de Latitude Bio, autre négociant spécialisé, installé près de Bordeaux, à St Germain du Puch dans l’Entre deux mers.

Latitude Bio a été fondé par une poignée de viticulteurs bergeracois et girondins, qui ont confié à Pierre Otmani le soin de vendre leurs vins, et ceux d’autres producteurs bio. L’objectif est d’arriver à un million de bouteilles cette année, tant en France qu’à l’export. Pour l’heure, c’est surtout la grande distribution la plus intéressée, et l’espoir de conquérir des nouveaux marchés à terme parait à tous justifié.

L’une des réussites les plus illustratives de cette tendance est celle de Gilles Louvet. Premier négociant à réaliser un bilan carbone, utilisateur de bouchon en liège certifié « gestion forestière durable », vigneron bio dans l’Hérault et le Gard, il est installé à Narbonne, à l’enseigne de CLVD, Celliers du Languedoc Vins Distribution. Négociant bio depuis 18 ans, il écoule 2,5 millions de bouteilles par an : vins d’appellations, vins de pays et vins de cépage ; avec 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, il est devenu le premier fournisseur de vins bio en France, et constate un taux de croissance à deux chiffres depuis trois ans ….

C’est le résultat d’un fort développement à l’export (60% de ses ventes), notamment en Europe et aux USA. Mais aussi de la largeur de sa gamme : vins de cru, vins de marque, bag-in-box, capsules à vis, Gilles Louvet s’adapte à tous les marchés. Pionnier du bio, il est aussi pionnier du négoce moderne.

19 février, 2010 | Economie | conjoncture |

Le printemps des salons

En France, en Europe, dans le monde on ne compte plus les salons, ouverts au public ou seulement aux professionnels, qui sont consacrés aux vins. C’est une tendance lourde, qui ne fait que s’accentuer au fil des années. Nous tentons de donner ici un aperçu (seulement) de ce qui attend l’amateur, à supposé qu’il veuille les fréquenter tous, ce qui est évidemment impensable.

Les Américains sont gâtés : du 17 au 22 février, une Semaine Gasconne est organisée à New York avec bandas, cuisiniers, rugbymen et vignerons du cru (Madiran, Pacherenc, Colombelle, Saint Mont, etc). A peine finie cette fête, le festival « Wine and Food » de Miami prend le relai jusqu’au 28 février. De très grandes marques françaises y sont attendues (Rémy Pannier, Duboeuf, Henriot, Roederer, etc), ainsi que diverses personnalités du vin français, pour accompagner l’ambassadeur au milieu des stands.
En France, on ne chôme pas non plus. Après Millésime Bio, Vinisud, et les Vins de Loire, voici que se prépare l’inévitable Salon des Vins de Mâcon (16-18 avril), avec son célèbre concours, ainsi qu’un nombre important d’autres manifestations du genre dans la région : Grands Jours de Bourgogne (22-27 mars), Fête du Crémant à Châtillon sur Seine (20 mars), Le Printemps de Monthélie les 3 et 4 avril, suivi du Printemps de Viré Clessé les 17 et 18 avril, avec, entre les deux, la Fête du Bouzeron le 11 avril.
Le mois d’avril sera un peu partout consacré à la dégustation des grands crus en primeur, notamment en Gironde ; notons auparavant le grand Salon Prowein à Dusseldorf du 21 au 23 mars, puis le traditionnel Vinitaly, à Vérone, du 8 au 12 avril. Déjà mai se pointe à l’horizon avec la  Wine Fair de Londres (18-20 mai) suivi par Vinexpo Asie, du 25 au 27 à Hong Kong. La revue du Vin de France organisera son 4ème salon les 8 et 9 mais, au Palais Brongniart à Paris. Le calendrier est décidément chargé.
12 février, 2010 | Economie | Coup de gueule |

L’AREV se fâche contre Bruxelles

« Appliquée en 2009, la très controversée réforme de l’OCM Vin révèle déjà toute son absurdité, sur le point fondamental de la définition des catégories de vins, et de leur étiquetage, qu’elle a alignés sur l’usage des concurrents de l’hémisphère sud », écrivent  les responsables de l’AREV. Et de poursuivre : « A force de simplification, de refontes, de regroupements et de fusions, la Commission a ouvert des brèches où vont s’engouffrer les marques commerciales, et qui vont saper le système d’appellation européen.

(…) Le plus affligeant est que la Commission ait engagée la viticulture européenne dans cette voie, au moment où les pays tiers sont en passe de se convertir au terroir et à ses mentions d’origine. Comme si les vignobles du Nouveau Monde, en accédant à plus de maturité, découvraient toute l’importance des paramètres naturels et humains. C’est en effet la seule conception qui s’inscrive dans la durée. »

Le texte est signé Jean-Paul Angers et Dominique Janin, secrétaires généraux de l’AREV.

8 février, 2010 | Economie | Distribution |

La place des bordeaux en GMS

Selon une étude publiée par l’interprofession des vins de Bordeaux, le rayon vins des grandes surfaces ne cesse de se développer. Il totalise 700 kms de linéaires et 38.000 références différentes. Cette étude nous apprend aussi que le vin représente 180 mètres de linéaires en moyenne par hypermarché, et 75 mètres en moyenne par supermarché, en France. Le poids des vins de Bordeaux est considérable : ils occupent 24% des rayons, les autres appellations 48%, et les autres vins (hors effervescents), 28%. Les champagnes et crémants ne sont pas compris dans cette étude.

En résumé, dans les magasins hypermarchés et supermarchés, Bordeaux se place au premier rang pour les vins rouges d’appellation, au second rang pour les vins blancs d’appellation à égalité avec les vins de Loire, et au troisième rang des vins rosés d’appellation, à égalité avec la vallée du Rhône, derrière les rosés de Provence et de Loire.  Soit au total 168 kms de linéaire, pour 11.000 références différentes de vins de Bordeaux.

3 février, 2010 | Economie | Conjoncture |

Les bordeaux chez le ministre

« Le vin n’est pas un produit de survie comme le lait ou le blé, estime Bruno le Maire. C’est un produit culturel. Il correspond  à un territoire contrôlé. Je suis très attaché au nom d’un territoire, et je suis favorable à l’approche par bassin, et à la création d’un bassin bordelais. Cela me parait très cohérent. (…) Bordeaux a fait un gros effort de restructuration. Je crois en la filière vin, car les marchés export existent. Il faut que nous changions les règles de la concurrence en Europe. J’ai la volonté de mettre en place des outils de régulation, notamment de ne pas aller vers la libéralisation des plantations.

Une interprofession doit donner les références du marché, a encore ajouté le ministre. Le producteur est aujourd’hui en position de faiblesse, car c’est le distributeur qui fixe son prix. Ce sont les syndicats qui doivent prendre la main sur ce point, et donner la vraie tendance du marché. (…) Le vin de Bordeaux a une vraie carte à jouer, un véritable atout : il est beaucoup plus subtil, s’exprime dans la finesse, l’élégance, et propose une palette de saveurs beaucoup plus variée et accessible à tous les palais. (…)

Il va falloir se battre pour défendre le modèle français, a conclu M. Le Maire. Le lait, la viande, le vin, sont attaqués de toutes parts aujourd’hui. La solution réside dans l’éducation et la culture. Il faut que les filières professionnelles aillent voir les consommateur en direct et fassent de la pédagogie… »

18 janvier, 2010 | Economie | Mariage |

Naissance d’un nouveau groupe tonnelier

Ils fusionnent leurs activités, qui sont complémentaires, dans un seul groupe, dont le président Sylvain Charlois est aussi le principal actionnaire, avec 51% des parts. Axa en possède 31%, BNP 7%, le directeur général Fabrice Gautier a 4%, Unigrains 4%, et le reste est détenu par quatre petits porteurs.

Basé à Murlin dans la Nièvre, Charlois est considéré comme le premier merrandier de France, avec un parc de 10 hectares, voué au vieillissement du merrain de chêne. Il possède aussi les tonnelleries Berthomieu et Ermitage. De son côté, Saury, est une des plus vieilles tonnelleries de France, fondée en 1873 à Brive en Corrèze . Ses filiales Leroi et Erable, en Charente, en font un des premiers acteurs français du secteur. Le nouveau groupe contrôle aussi la scierie Malviche, spécialisée dans les palettes et les traverses de chemin de fer, et l’entreprise Normandie Merrain.

Selon les prévisions des deux partenaires, Charlois-Saury devrait générer cette année un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros, pour 280 employés, et fabriquer 75.000 barriques, réparties sur cinq marques, et vendues majoritairement à l’export. La constitution de ce groupe illustre la nécessaire adaptation de certains tonneliers aux difficultés du temps présent, suite à la baisse des prix des derniers millésimes.

31 décembre, 2009 | Economie | Accord |

Une nouvelle interprofession pour les vins du sud

Elle regroupe les vins de pays du sud est, soit 22 dénominations d’origine géographique différentes, représentant 200 millions de bouteilles et 28.400 hectares de vignes. Ces vins sont issus de 900 chais indépendants et 130 caves coopératives, dans une proportion de 56% de rouges, 29% de rosés et 15% de blancs.

Cette nouvelle interprofession répond au vœu du ministère qui souhaitait une gouvernance régionale pour ce vaste réservoir de vins, qui s’étend sur dix départements, de Lyon à la Méditerranée, et constitue une filière à part entière. C’est également un outil utile pour la promotion des vins sur des marchés de plus en plus concurrentiels.

Denis Roume, président d’Inter Vins Sud Est, vient de présenter les grands axes de travail pour sa première année complète d’existence. Renforcer la compétitivité des entreprises, tant à la production qu’au négoce, agir de façon pragmatique à l’évolution de la demande, mettre en place un observatoire économique pour informer les acteurs de l’état du marché, installer un suivi aval de la qualité pour contrôler la qualité des vins sur les rayons, telles sont les actions projetées pour les mois à venir.

28 décembre, 2009 | Economie | Bordeaux |

Conjoncture: l’interprofession réduit la voilure

Il a notamment adapté ses ressources et ses dépenses aux difficultés du temps présent. Ses ressources, qui proviennent des cotisations interprofessionnelles, s’élèveront à 27,8 millions d’euros l’an prochain, en baisse de 1,7 million par rapport à 2009. Ce montant a été calculé sur la base des sorties de vins de la propriété lors de la dernière campagne, soit 4,8 millions d’hectolitres seulement, contre 5,1 pour la campagne précédente.

De ce fait, le budget des actions de promotion sera en baisse lui aussi; il s’élève à 16,1 millions d’euros, soit 5,5 millions de moins qu’en 2009. Les actions de promotion vont concerner 21 pays dans le monde; pour quatorze d’entre eux, le CIVB va recevoir des subventions européennes estimées à 4,5 millions d’euros pour 2010.

Par ailleurs, un nouvel accord interprofessionnel va entrer en vigueur; il est destiné à assouplir les dispositions relatives aux délais de paiement concernant les transactions entre la propriété et le négoce. Ce délai est de 60 jours à partir de la date de retiraison; il peut être porté à 75 jours dans le cas d’un renouvellement de transaction déjà enregistrée l’année d’avant. Et il pourra être encore porté à 150 jours, si la transaction fait l’objet de contrats pluriannuels, ou de relations commerciales suivies.

Enfin, le président Alain Vironneau, dans un discours très offensif et sans langue de bois, a fustigé les critiques qui pleuvent, injustement à ses yeux, sur l’action du CIVB. Il a rappelé avec force que le CIVB n’est pas plus responsable de la crise que de la grêle, ou de la mévente, et qu’il s’accommodait fort mal du rôle de bouc émissaire qui lui est imparti. A bon entendeur, salut, et meilleurs vœux!

3 novembre, 2009 | Economie | Bordeaux |

La feuille de route de l’interprofession

Parallèlement, la structure même de la filière vins en France est remise en question, et de nombreuses pistes de relance sont à l’étude pour la sortie de crise. Le conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a souhaité prendre des mesures pour aider les producteurs en difficulté; c’est ainsi qu’il a créé le Numéro Vin (voir nos informations précédentes). Par la voie de son président Alain Vironneau, il a aussi clairement ciblé les enjeux prioritaires de son action.

Le CIVB vise donc quatre objectifs pour les mois qui viennent; ce sont:

  • développer la dynamique commerciale,
  • renforcer la compétitivité des opérateurs,
  • gérer le capital de la marque «Bordeaux», 
  • adapter le pilotage de la filière.

Le vin de Bordeaux pèse trois milliards d’euros de chiffre d’affaires, c’est un monde économique et social, qui fait vivre près de 50.000 personne. C’est pourquoi le CIVB va intensifier toutes les actions qui visent à diminuer les coûts de production, développer les circuits commerciaux, mieux organiser la gouvernance de la filière à l’échelon national, et adapter l’offre bordelaise au marché mondial, sans cesse en mutation.

Parallèlement, le président Vironneau n’oublie pas les exigences de la communication moderne. Non seulement, le CIVB sera partenaire de l’édification d’un vaste centre culturel du vin, bientôt en construction à Bordeaux (chantier cher à Alain Juppé). Mais en outre, il a recruté un cadre destiné à expliquer son rôle et ses actions, auprès des professionnels. Il s’agit de Christophe Château, qui fut directeur des Côtes de Blaye, puis directeur de l’Union des Côtes de Bordeaux; il connaît parfaitement les rouages de la viticulture girondine, et va servir de lien utile entre les actions collectives, et celles des entreprises.

24 septembre, 2009 | Economie | Jeanjean & Laroche |

Naissance d’un empire

Elle sera l’actionnaire majoritaire du nouveau groupe, et Laroche l’actionnaire minoritaire. La fusion sera effective à la fin de l’année, mais le protocole d’accord a été signé par les deux parties.

L’entité Jeanjean-Laroche, encore à la recherche d’un nouveau nom, va réunir de nombreuses marques et affaires, tant  françaises qu’étrangères, telles que : Ogier à Chateauneuf du Pape, Gassier en Provence, Lebègue à Bordeaux, Rigal à Cahors, Cazes en Roussillon, La Chevalière en Languedoc, Vina Punto Alto au Chili, l’Avenir en Afrique du Sud, et, bien entendu, tous les vins étiquetés Laroche et Jeanjean, ce dernier étant un acteur de premier plan des vins de cépage et de pays. Cela représente au total 1.400 hectares de vignobles de bonne qualité, ce qui constitue un patrimoine aussi important que diversifié. Et l’un des premiers groupes français de la filière, issu de deux sociétés cotées en bourse.

On savait depuis deux ans que la maison Laroche cherchait un associé ou un repreneur. C’est après 18 mois de discussions que les deux partenaires se sont mis d’accord. « La famille Jeanjean et moi-même partageons les mêmes valeurs, estime Michel Laroche ; ce sont : le caractère familial et historique de nos entreprises, la valeur des actifs viticoles, la complémentarité des entreprises, des gammes de vins et de leurs réseaux de distribution, des synergies industrielles et des économiques d’échelle conséquentes à mettre en œuvre ». Et d’ajouter « Je dois dire que la vision à long terme, la volonté de développer des produits hauts de gamme, et la qualité de management du groupe, ont nettement pesé dans la balance ».

Michel Laroche annonce également qu’il quittera son poste opérationnel dans deux ans, à l’âge de 65 ans, le temps pour lui de former son successeur à Chablis.

22 septembre, 2009 | Economie | Les vignerons ne perdent pas espoir |

Bordeaux veut y croire

Il se confirme que le millésime 2009  sera de bonne, voire d’excellente qualité à Bordeaux, tant pour les vins blancs secs, que pour les rouges. Cela redonne un peu de moral aux viticulteurs, très affectés par la mévente, et les conséquences d’un environnement économique, peu profitables à de gros achats de vins dans le monde, à l’exception du marché chinois.

A titre d’exemple, on retiendra qu’au cours de la campagne de commercialisation 2008-2009, le prix moyen d’un tonneau de 900 litres de bordeaux rouge a été payé 958 euros à la propriété. C’est une régression par rapport aux années 2002 et 2003 où ce même tonneau de vrac se payait plus de 1.000 euros. De nombreuses propriétés se retrouvent donc dans l’incapacité de faire face aux charges, aux remboursements, aux taxes et aux cotisations.

Paradoxalement, le tonneau de 900 litres de bordeaux blanc, est au plus haut, à 1.200 euros de moyenne, ce qui est le prix de vrac le plus élevé du 21ème siècle. Le marché du blanc sec ayant nettement rebondi, comme celui du rosé, depuis deux ans, plusieurs vignerons bordelais se lancent dans la production de ces vins, au détriment de rouges dont le prix n’est plus rémunérateur.

Enfin quelques lueurs d’espoir éclairent ces vendanges en Gironde, avec l’annonce d’une possible reprise économique courant 2010, et l’impact qu’aura l’image d’un excellent millésime 2009.

Sachant que les Etats Unis vont devenir à terme le premier marché de consommation de vins, une délégation bordelaise s’est rendue aux USA; l’objectif est de faire la promotion des vins de Bordeaux, vendus là-bas à moins de dix dollars, et connus pour leur rapport prix/qualité attractif, malgré la concurrence féroce des vins américains et de l’hémisphère sud.

4 septembre, 2009 | Economie | Bordeaux |

L’export en forte baisse

Cette baisse intervient après trois années consécutives marquées par une expansion de ces vins à l’étranger. Au cours des douze derniers mois, ces ventes à l’export ont représenté 1,62 million d’hectolitres, soit une baisse de -16%, pour un chiffre d’affaires de 1,43 milliard d’euros, soit une baisse de -14%.

Le retournement s’est brutalement opéré au cours du quatrième trimestre 2008, globalement à partir du mois d’octobre dernier. Il a concerné à peu près toutes les destinations, sauf la Chine, qui connait une hausse impressionnante de ses achats à +62% ! , et Hong Kong à + 16%. Mais certains pays se sont effondrés, comme la Corée du sud  (-50%), la Russie (-33%), ou le Danemark (-36%). La plupart des pays gros acheteurs de l’union européenne sont également en baisse.

Devant cette situation, le CIVB, conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux, a décidé de financer une grande campagne de promotion sur  des marchés d’Amérique du nord et d’Asie, à laquelle sera allouée une enveloppe de 14 millions d’euros. Il est à noter que cette diminution des ventes à l’étranger affecte  tout autant les vins de Bordeaux ou du Val de Loire, que les champagnes, en repli spectaculaire de -40%,  ou les spiritueux comme le cognac. La situation internationale et la parité de certaines monnaies expliquent pour
partie cette dégringolade. Personne à ce jour ne se hasarde à pronostiquer une date de reprise…

24 juillet, 2009 | Economie | Côtes du Rhône |

Situation du vignoble 2009

Depuis huit mois, le bilan hydrique atteint le niveau confortable de 646 millimètres, soit 25% de plus qu’une année normale. Rappelons que ces précipitations ont été concentrées pour l’essentiel (60%) en automne. Au niveau thermique, les températures relevées au mois de mai sont élevées, et du même ordre que celles de l’année 2003 à pareille époque.

En ce qui concerne la situation phénologique, les premières observations dans le vignoble font état d’une avance de sept jours par rapport à 2008. On remarque cependant trois à quatre jours de retard sur 2007, millésime le plus précoce à cette date. La floraison a été très rapide compte tenu des conditions météorologiques très favorable; commencée dans le Gard le 18 mai, elle est terminée partout aujourd’hui.

La situation sanitaire est satisfaisante, mais ne doit pas laisser place à l’indolence. La vigilance reste de mise, estime Olivier Roustang, d’Inter Rhône.

21 juillet, 2009 | Economie | Bordeaux |

Fin de campagne difficile

Au total, l’impact de la crise internationale a entraîné une baisse de 14% des sorties, une baisse de 15% des exportations et une baisse de 29% des contrats d’achat. Sur les douze mois de la campagne, les volumes commercialisés ne devraient pas excéder au total 4,9 millions d’hectolitres. On est loin des six millions d’hectolitres vendus dans les bonnes années.

Face à cette situation, se pose le douloureux problème de la survie des entreprises viticoles, pilier de l’économie girondine, qui conditionne peu ou prou 40.000 emplois dans le département. Situation aggravée par de récents orages de grêle, qui ont touché ou détruit 20.000 hectares, par une accumulation de stocks, par une baisse des prix sur certains lots de vrac, et par un léger tassement des ventes de vins en grandes surfaces. Le baromètre n’étant pas au beau fixe, l’interprofession multiplie les négociations avec le préfet, le ministère, les assemblées consulaires, les banquiers, et les services de l’état concernés.

Le but poursuivi est, d’abord, de trouver des aides pour soulager « un quotidien difficile et douloureux » pour certains viticulteurs qui n’ont plus de débouchés pour leurs vins; ensuite de favoriser des regroupements et des restructurations de coopératives mal en point et trop stockées; enfin, de préparer une prompte reprise avec l’espoir que le marché s’ouvrira un peu dans l’année 2010. A ce jour, toute la viticulture girondine est touchée par la crise, à l’exception des premiers crus et des étiquettes stars, qui font partie du marché du luxe, et non plus du marché du vin. Les négociants commencent à souffrir également, du moins ceux qui ont perdu des marchés importants en Amérique du Nord ou en Grande Bretagne. On observera que la situation est identique en Bourgogne et en Champagne.

27 juin, 2009 | Economie | Spécial Vinexpo 2009 |

Bien meilleur que prévu

Compte tenu de l’environnement économique international, les opérateurs s’attendaient à un « petit » Vinexpo, c’est-à-dire à un salon utile du point de vue des contacts, mais médiocre du point de vue des commandes. Or, pour beaucoup d’exposants interrogés jeudi matin, Vinexpo s’est beaucoup mieux passé que prévu, signe que le marché international du vin n’est pas arrêté, loin de là.

Pour autant, la fréquentation est incontestablement en baisse par rapport aux années précédentes, et, sur cinq jours, seuls trois jours ont fait le plein. En outre, il est clair que les Américains se sont déplacés en nombre bien plus restreint que d’habitude, qu’il s’agisse des exposants ou des visiteurs. Leurs concurrents se sont empressés de prendre leur place, et les importateurs asiatiques ont fait leur marché avec profit, tant auprès des producteurs européens que sud-américains.

En réalité, c’est davantage la motivation des visiteurs que leur nombre qui a donné tout son sens à cette manifestation, ce que résume un négociant bordelais, très content de son salon : « Je préfère voir vingt mille acheteurs que quarante mille touristes ». Grâce à quoi beaucoup d’opérateurs ont reconnu avait fait de bonnes affaires, et avoir aussi rencontré de nouveaux clients, tant pour le marché très prometteur de l’Asie, que ceux de l’Europe et de la France.

Vinexpo 2009 s’est terminé jeudi soir en beauté, par une soirée au Château d’Issan cru classé de Margaux, dans le Médoc. La famille Cruse, propriétaire de ce beau domaine, et la Commanderie du Bontemps, organisatrice de cette traditionnelle Fête de la Fleur, ont accueilli 1.500 invités, dans une ambiance estivale et raffinée. Cette quinzième édition de Vinexpo restera comme une sorte de succès inattendu, ou pour mieux dire inespéré, qui relance les espoirs d’une reprise désormais visible.

24 juin, 2009 | Economie | Spécial Vinexpo 2009 |

Les vins turcs frappent à la porte

Cela ne le met pas en situation de concurrencer les poids lourds du secteur (Italie, France, Espagne), mais il apparait qu’au fil des années, ce vignoble progresse en qualité, et exporte même quelques uns de ses vins, en Europe notamment.

Le phénomène est probablement du à la forte attraction de la France sur les vignerons turcs qui l’ont prise en modèle et la copient du mieux qu’ils peuvent. On ne compte pas les consultants et œnologues français dans leurs chais (Vivas, Derenoncourt, Bourguignon, Choné, Guérin, Gaboriaud, Toutoundji, Dumeau, etc…) dont les avis et les travaux ont évidemment contribué à élever le niveau qualitatif des vins.

Chez Kavaklidère, vieille société familiale de production et de négoce à Ankara, l’œnologue est turque mais elle est diplômée de la faculté de Bordeaux. Ce groupe contrôle trois propriétés qui totalisent 500 hectares de vignes, et s’en réfère pour toutes choses aux bonnes vieilles méthodes françaises. « Le vin, c’est une culture, et pour cela qu’on travaille avec les Français » dit cette jeune femme passionnée par les terroirs volcaniques de Cappadoce, aptes à produire, selon elle, de très bons  vins blancs.

La Turquie recèle aussi, comme sa voisine la Grèce, des vieux cépages locaux, toujours francs de pied, connus depuis des siècles, qui n’ont pas été touchés par le phylloxéra : kalecik-karasi, bogaskère, okuzgozu, et autres raretés ampélographiques, fort éloignés des standards internationaux mille fois répétés partout. Les vendanges s’étalent du début août jusqu’à la mi-octobre, dans des régions parfois très chaudes, où les rendements naturels ne dépassent pas 35 hectolitres par hectare.

Reste que la consommation de vins est d’environ un litre par habitant et par an en Turquie, ce que la production nationale suffit amplement à satisfaire, pour 70 millions d’habitants. Mais la Turquie reçoit aussi beaucoup de touristes, lesquels découvrent sur place, et dans le verre, un vignoble en forte progression, qu’ils ne soupçonnaient pas.

23 juin, 2009 | Economie | Spécial Vinexpo 2009 |

Viticulture et développement durable

Toutes les appellations sont aujourd’hui confrontées à la nécessité de revenir à des pratiques viticoles plus saines, plus proches de la plante et du fruit, moins productivistes, avec moins d’engrais, moins d’herbicides et de pesticides qui polluent la terre et dévient  le goût.

Un bon exemple est celui de Terra Vitis. Cette association créée en Beaujolais en 1998 milite pour une viticulture durable, une réelle traçabilité et un respect de l’environnement. Dix ans après, elle rassemble 370 viticulteurs français, très attentifs aux produits phytosanitaires qu’ils répandent sur leur terroir, ainsi qu’à la manière de désherber leurs ceps. De nouvelles pratiques sont nées, tant à la vigne qu’au chai, où la quête d’une hygiène maximum est également recherchée.

Un autre exemple est celui de la biodynamie. C’est sans doute l’expression la plus militante de la viticulture écologique, mais elle fait désormais florès. L’association Renaissance des Appellations, dont Nicolas Joly est l’un des maîtres à penser, réunit plusieurs centaines de vignerons en France et dans toute l’Europe. Nul doute qu’elle va essaimer sur l’ensemble de la planète au rythme où elle attire toute une nouvelle génération de viticulteurs; ils se disent opposés à une viticulture «dont l’usage de produits chimiques très toxiques» perturbe ou détruit le lien magique entre la plante, le ciel et la terre.

Ces viticulteurs en biodynamie venus des quatre coins de l’Europe (Géorgie, Portugal, Italie, France, Allemagne, Slovénie, Espagne, etc) ont fait un tabac au Salon Vinexpo de Bordeaux. Les salles n’étaient pas assez grandes pour accueillir la foule des dégustateurs intéressés par ces vins. Négociants, cavistes, distributeurs, ne peuvent plus ignorer ce phénomène, et l’on voit fleurir dans les magasins des rayons de vins bio, surtout dans les pays scandinaves et anglo-saxons, très attachés à ces concepts. Concepts simples: c’est juste un peu plus de nature dans le verre….