30 mars, 2011 | Primeurs 2010 | Primeurs 2010 |

Bordeaux : la dégustation des primeurs bat son plein

Le monde viticole bordelais, du moins celui du négoce et des grands crus, est entré en ébullition avec l’organisation des dégustations des vins du millésime 2010. Cette manifestation s’appelait jadis la Semaine des Primeurs, à l’image de la Semaine Vinexpo, mais au fil du temps, cette semaine en dure bien trois ou quatre. Et chaque année, elle joue un rôle important, faisant connaitre aux professionnels la nature et la qualité des vins en primeur, avec les conséquences économiques très importantes que cela induit.
Au total ce sont plus de 5.000 acheteurs de vins, négociants, importateurs, courtiers, distributeurs, journalistes, grossistes, sommeliers, venus des cinq continents, qui sillonnent tous les vignobles du Bordelais pendant cette période. La semaine du 4 au 8 avril verra l’effervescence la plus grande, avec l’ouverture des chais des membres de l’Union des Grands Crus, soit 130 propriétés prestigieuses, et ceux des premiers crus classés, pour tous les visiteurs accrédités.
Les plus grands dégustateurs internationaux, comme l’Américain Bob Parker, viennent tous les ans à pareille époque pour jauger le nouveau millésime, puis publier leurs notes de dégustation ; elles peuvent avoir une incidence notable sur la vente en primeurs et le prix de ces vins. Il reste que les observateurs sont encore indécis sur la manière dont ces vins seront vendus. C’est un marché international de haut de gamme, qui concerne 200 ou 300 étiquettes, mais pour lequel la situation économique mondiale joue un rôle de frein ou d’accélérateur. La parité des monnaies est un facteur important, tout comme la situation internationale, qui est aujourd’hui incertaine (Lybie, Japon). Nuls ne se hasarde donc à imaginer quels seront les cours de sortie d’un millésime qui est annoncé comme proche en qualité du millésime 2009.
Parallèlement à cette « semaine des primeurs », la viticulture bordelaise vit la crise la plus terrible depuis celle des années 1970. Par un paradoxe étonnant, les grands crus ne se sont jamais vendus aussi chers, mais les petits crus et le bordeaux en vrac, ne trouvent preneurs qu’à des prix de misère. Le différentiel entre les riches et les pauvres s’agrandit depuis une dizaine d’années. L’idéal serait que la locomotive des grands crus puisse tirer le train de toute la viticulture. Mais de toute évidence, on n’en est pas encore là.