24 novembre, 2012 | Viticulture | Touraine |

Chenonceau : le prestige des châteaux

La Touraine viticole est une grande appellation qui s’étend sur 5.600 hectares, et produit en moyenne 30 millions de bouteilles de vins blancs, rouges, rosés et effervescents. Pas moins de cent villages des départements de l’Indre et Loire et du Loir et Cher peuvent revendiquer cette vieille appellation, née en 1939.

Mais les vignerons du Val de Loire n’oublient pas pour autant qu’ils sont dépositaires d’un patrimoine historique unique au monde, avec une cinquantaine de beaux châteaux sur leurs terres, dont une bonne douzaine ont acquis une renommée planétaire. Ils ont donc su créer les appellations Cheverny, Valençay, Touraine-Amboise, Chinon ou Azay le Rideau, qui collent au prestige des châteaux du même nom. C’est une manière d’oenotourisme avant la lettre, qui fait ses preuves dans une des régions les plus visitées de France.

C’est dans ce même esprit que vient de naître l’appellation Touraine Chenonceaux. De part et d’autre de la vallée du Cher, une vingtaine de producteurs élaborent des vins rouges et blancs de qualité, entre six et huit euros la bouteille, à partir du cépage sauvignon pour les blancs, du cabernet franc et du côt (ou malbec) pour les rouges.

Si le Château de Chenonceau ne prend pas d’x final, l’appellation en prend un, mais les fautes d’orthographe sont ici bien excusables. Ce qui compte c’est l’impact et l’image d’un château qui attire 800.000 visiteurs par an, avec les retombées que l’on devine pour les viticulteurs du canton. Par chance, l’authenticité du lieu et l’élégance du bâtiment trouvent quelques résonnances avec des vins de bon goût, à l’équilibre raffiné et capables de se faire attendre des années. Il va sans dire que le Château de Chenonceau a lui aussi son propre vignoble (dix hectares) comme il cultive un magnifique potager et gère un parc d’arbres superbes.

Désormais, du côté de Montrichard et de Saint Aignan, grandit une appellation de vins blancs prête à rivaliser avec le meilleur Sancerre, et une renaissance du cépage côt (prononcer cau) qui redonne à la Touraine orientale le grand cépage rouge qu’elle avait au 19ème siècle. Comme quoi l’Histoire s’écrit ici avec un grand H, qu’il s’agisse de celle des rois, des châteaux ou des vignes.

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