Vieille maison de négoce de la place de Bordeaux, Cordier est en train de donner un coup de marketing à sa stratégie de commercialisation. Sous l’impulsion de David Bolzan, directeur général, l’emballage des vins a été entièrement revu. D’abord la forme des bouteilles a changé, avec un retour au format d’antan, celui d’une bouteille plus ventrue, à mi-chemin entre la bourguignonne et le frontignan, le col plus long et le cul plus massif que la bordelaise. Au vingtième siècle, les bouteilles de Talbot ou de Meyney avaient cette silhouette, proche de celle de Haut Brion.
En outre, le packaging de livraison a été revu : grâce à un partenariat avec la maison Vuitton, l’emballage devient un paquet cadeau, qui remplace le carton ou la traditionnelle caisse en bois. Ces mallettes Vuitton renferment des grands crus, voire des premiers crus de Bordeaux, ce qui explique que certains coffrets peuvent atteindre 15.000 euros ! Une offre spéciale est destinée au marché chinois, avec huit bouteilles de grands vins de Bordeaux, issus de millésimes en 8 (2008, 1998, 1988 etc), car le chiffre 8 est un porte-bonheur recherché en Chine.
Enfin, Cordier relance la marque Fanning Lafontaine, du nom d’un ancien cru de graves réputé, que les Cordier possédaient à Pessac. Ce domaine a disparu, mais revit à travers la résurrection de l’étiquette, qui habille un vin rouge issu d’un vignoble de Léognan, principalement planté de vieux merlots.
La maison Cordier a été fondée en 1886 et fête donc cette année son 125ème anniversaire. Elle est associée à une autre ancienne maison de négoce de Bordeaux, Mestrezat ; aujourd’hui l’ensemble Cordier Mestrezat n’appartient plus aux familles fondatrices, mais à un groupe d’investisseurs, où l’on retrouve le Crédit Agricole, Tag Hauer (qui possède l’écurie McLaren) et la Languedocienne. Le chiffre d’affaires prévisibles pour 2011 est de 50 millions d’euros, pour un effectif de 50 personnes.


