Il faut « mettre en avant des pistes alternatives » pour lutter contre la maladie du court-noué dans les vignes, a déclaré lundi sur RTL le député européen José Bové (Europe Ecologie), pour qui les OGM ne sont pas « une réponse qu’attendent les viticulteurs ».
Après l’arrachage, dimanche matin, de 70 pieds de vigne transgénique à Colmar, la présidente de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) Marion Guillou, a pour sa part regretté que les faucheurs aient « détruit huit années de travail de chercheurs, en quelques minutes ».
« Cette destruction c’est inadmissible, c’est un acte violent, ces faucheurs volontaires, contrairement à ce qu’ils disent, sont entrés par effraction », a-t-elle insisté.
Lors d’un débat sur RTL face à M. Bové, elle a relevé que des pistes alternatives, et notamment « une jachère qui utilise des méthodes de lutte biologique », sont déjà étudiées par l’Inra contre cette maladie qui provoque la mort des vignes.
Il faut « explorer toutes les voies de lutte contre le virus du court-noué », l’OGM étant l’une d’elles, a-t-elle souligné, rappelant que le comité de suivi de l’essai en cours était « composé de gens pour ou contre les OGM » qui étaient informés « des résultats au fur et à mesure ».
D’après Mme Guillou, l’Inra commençait « à avoir des résultats sur cet OGM et notamment sur le transfert dans les bactéries du sol » de gènes insérés dans le génome de la vigne transgénique. « Comme l’essai a été détruit, on ne pourra pas conclure (…) et dire si oui ou non il y a transfert dans les bactéries du sol des transgènes », a-t-elle regretté.
« Comment pouvons nous répondre aux citoyens si on détruit les essais avant d’aller au bout de l’expérimentation ? », a-t-elle lancé, estimant qu’il « va être de plus en plus difficile pour l’Inra, organisme de recherche public, de garder des scientifiques compétents en France sur ce type de programme ».
« Ce sont les pistes alternatives qu’il faut mettre en avant », a insisté José Bové, qui se dit « favorable à la recherche, y compris sur les OGM en milieu confiné ». Mais, a-t-il ajouté, « à partir du moment où on sort dans le champ, il y a un véritable risque et je pense que le jeu n’en vaut pas la chandelle ».
© AFP 2010


