8 novembre, 2007 | Commentaires de dégustation | Beau-Séjour Bécot, de 1969 à 2005 |

Chateau Beau-Séjour Bécot

Les frères Bécot y travaillent en famille, et concoctent, loin des modes, un vrai vin de terroir, qui puise sa pureté et son élégance dans le rocher. Le second vin est étiqueté La Tournelle; les Bécot possèdent aussi La Gomerie, petit cru de St Emilion (2,5 hectares), qui produit un fin féminin et complexe, issu du seul cépage merlot. Une longue et belle dégustation verticale vient de réunir à la propriété une demi-douzaine de professionnels.


Millésime 2005
Très beau vin à attendre patiemment, sombre et concentré, qui donnera dans quinze ans une bouteille somptueuse. Tanins très mûrs, parfums concentrés, tout y est.


Millésime 2004
Un cran légèrement au dessous du précédent, mais loin d’être prêt à boire, va bientôt fondre ses tanins; manque à ce jour un peu de grâce, mais pas de profondeur.


Millésime 2003
Vin tout en fruit et tout en charme, avec un joli nez de fruits rouges, et beaucoup de rondeur. Inutile d’attendre dix ans : on décante une heure avant de servir et on se régale.


Millésime 2002
Joli vin, encore fermé, voire austère, qui affiche de la longueur et une densité inattendues dans ce millésime. Massif et concentré, c’une une bonne bouteille pour demain.


Millésime 2001
Vin ample avec beaucoup de fraîcheur, pur, racé et bien marqué par des arômes de tabac. Sa droiture impose d’attendre un peu, malgré une attaque déjà gourmande. Un vin très élégant et prometteur.


Millésime 1999
Avec un beau nez d’épices, de muscade, de bois exotique et de poivre, ce vin s’annonce très bien, mais finit plus mal, avec rudesse et un soupçon de sécheresse. Bizarre. A revoir.


Millésime 1998
Très supérieur au précédent, tout empreint du charme du merlot bien mûr, vin prêt à boire mais à garder aussi, avec des tanins solides mais harmonieux, un nez exquis de fraise et de framboise, et une bouche superbement fruitée. Un régal, dans un registre de grande finesse.


Millésime 1995
Très joli vin à boire, typique de ce terroir, avec beaucoup d’élégance; c’est un vin délicieux qui marie rondeur et vivacité, et affiche une belle jeunesse. Les millésimes 1997, 1993 et 1994, ne sont pas dénués de qualité, mais devraient être bus et ne gagnent plus rien à attendre.


Millésime 1990
Beau vin très aromatique, épicé, avec des arômes bien
expressifs. Mais commence à évoluer vers un vieillissement qui suppose qu’il ne sera jamais meilleur. A boire aussi.


Millésime 1989
Vin somptueux, plein et jeune, d’une fraîcheur inattendue, avec une persistance aromatique qui n’en finit pas, et possède encore peut-être de la réserve. Une des plus belles bouteilles de la série: bientôt vingt ans et pas une ride. Mille parfums se combinent en bouche dans une belle harmonie. Grande réussite.


Millésimes 1988 et 1986
Deux vins magnifiques, marqués par des arômes de pruneau et de cuir, très proches en qualité l’un de l’autre, donnent une très bonne image de ce cru, dans leur élégance et leur pureté. Les tanins très civilisés apportent une impression de douceur, mais aussi de distinction, qui signent l’excellence du terroir, et le sérieux de la vinification.


Millésime 1985
Après un nez floral et complexe, le vin surprend par sa sécheresse et sa vivacité. Les tanins sont bien là, debout et nets, mais la finale est un peu courte. Le tout ne manque pas de qualité, mais s’apparente à une sorte de raideur aristocratique un peu hautaine.


Millésime 1978
Le vin a vieilli et doit être bu; il affiche un nez de fleurs et de beaux arômes secondaires, mais une finale acide qui trahit l’année tardive. Manque de gras mais pas de distinction.


Millésime 1976
Très bonne surprise avec un vin long, équilibré et bien complet, qui montre une fraîcheur et une vivacité inattendues dans cette année de grande sécheresse. Très jolie bouteille à boire pour se régaler, et qui ne fait pas son age.


Millésime 1971
Bouquet très délicat de rose et d’amande, un peu faible en bouche, avec une finale fuyante, mais sans aucune dérive aromatique. C’est du vin vieux. Le millésime 1975 est du même tonneau, avec une attaque agréable mais une finale assez maigre. A boire donc.


Millésime 1970
Encore une bonne surprise: voilà un vin debout, le nez commence à pâlir mais les tanins sont là, et donnent une belle mâche; c’est un vin racé, qui montre son terroir et une silhouette longiligne mais noble.


Millésime 1969
C’est la première vendange des Bécot sur ce terroir, venus en voisins depuis le cru mitoyen de La Carte. Le vin est dépassé aujourd’hui, avec une acidité qui le tient debout mais qui est rejetée de nos jours. Il est cependant supérieur à l’image négative de ce millésime à Bordeaux.


Conclusion: le vin de Beau Séjour Bécot est élevé dans les caves naturellement climatisées, creusées dans la pierre par les carriers de jadis. Avec deux tiers de merlots et le reste en cabernets, il réalise une parfaite synthèse du grand Saint Emilion de plateau. Il se recommande par son aptitude au vieillissement, son bouquet floral, son élégance raffinée, et une acidité surtout présente dans les vieux millésimes. Depuis 2001, il semble marqué par saut qualitatif qui le hisse très haut.

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