13 mai, 2013 | En Bref... | Nouvelles évolutions |

Le Journal du Vin en sommeil

Cher Lecteur,

Créé en 2006 par le Groupe DUCLOT, à Bordeaux, le Journal du Vin n’a cessé depuis de rassembler devant l’écran un nombre de lecteurs toujours plus grand. Grâce au sérieux de ses informations, il est devenu le premier site d’information viticole en ligne, quotidien et gratuit, avec une large audience nationale.

Aujourd’hui confronté à la nécessité de nouvelles évolutions, le Groupe DUCLOT organise ses filiales différemment et procède à une refonte de ses sites internet.  Le Journal du Vin fait partie de cette réflexion et pourrait être inclus dans une stratégie numérique globale.

En attendant de lui donner une nouvelle orientation, nous allons mettre momentanément en sommeil sa publication.

En renouvelant notre vive gratitude à tous nos lecteurs, nous les prions de croire à nos sentiments les plus cordiaux.

Toute l’équipe du Journal du Vin
redaction@lejournalduvin.com

18 avril, 2013 | Viticulture | Les Bordeaux Primeurs |

Le millésime 2012 à la loupe

Pendant quinze jours, des dégustateurs du monde entier sont venus en Gironde, pour découvrir, en primeur, les vins du millésime 2012 dans toutes les appellations du Bordelais. Importateurs, courtiers, distributeurs, négociants, journalistes, sommeliers, cavistes, grands amateurs, grossistes et autres professionnels du vin ont parcouru les chais le verre à la main.

Au prix d’un marathon de dégustations parfois épuisant pour certains, on connait mieux ce millésime, qui fut incontestablement difficile et compliqué pour les viticulteurs girondins. La faute à une météo un peu chaotique, alternant froid et chaud, pluies et sécheresse, pas toujours comme il aurait fallu. A cela s’est ajoutée une forte pression des maladies et des champignons sur la vigne, conséquence du mauvais temps. Heureusement, le grand soleil d’août et de septembre a envoyé dans les raisins le sucre nécessaire à l’élaboration du bon vin.

Pour toutes ces raisons, le millésime 2012 ne peut pas être regardé comme une grande année à Bordeaux, mais il ne faut surtout pas en conclure qu’il s’agit d’une petite année, loin de là. 2012 n’est ni grand ni petit, c’est un bon millésime. Et encore faut-il ajouter que c’est un très bon millésime pour les vins blancs secs du Bordelais, qui sont vifs et fruités, pleins d’arômes et bien équilibrés. La récolte est beaucoup plus hétérogène dans les liquoreux, avec des caprices de style d’un terroir à l’autre, et de toutes façons, des volumes très faibles.

Les vins rouges sont d’abord marqués par une très bonne maturité du cépage merlot, aussi réussi à Saint Emilion qu’à Pauillac. Mais c’est à Pomerol, semble-t-il, que ces merlots ont le mieux bénéficié du terroir chaud et précoce. Bonnes réussites aussi, mais plus inégales, à Saint Emilion, si l’on excepte les grands terroirs, notamment ceux des premiers crus. Mais il faudra se méfier des vins mal boisés ou trop extraits, dont la vinification et l’élevage ont sottement dénaturé le fruit.

Dans le Médoc, exception faite des stars qui ont opéré des sélections parfois drastiques, on trouve un peu de tout : des crus bourgeois succulents ou médiocres, des crus classés décevants ou épatants, des « petits » vins réussis et d’une qualité inattendue, quand des marques établies ne dépassent pas la moyenne. La main de l’homme, la date de vendange, les soins à la vigne, la nature du terroir, tout concourt, là encore, à une hétérogénéité, ce qui n’exclut pas les bonnes surprises.

On en trouvera à Listrac comme à Castillon, à Saint Estèphe comme dans les Graves, et particulièrement dans ces quatre appellations, où les vins ne sont pas forcément les plus chers. En tout état de cause, il s’agit d’un millésime finalement assez classique, avec des vins qui seront assez vite prêts à boire, et qui seront d’autant plus attrayants qu’on attend une baisse de prix par rapport aux années antérieures.

Les différences de qualité et de nature des vins de ce millésime imposent à l’amateur de faire son marché en lieu sûr. On rappellera que le site CHATEAUPRIMEUR, spécialisé dans la vente en primeur et en ligne des grands vins de Bordeaux, et notamment des crus classés, apporte cette année, plus que jamais, son expertise dans la sélection des bouteilles les plus recommandables.

12 avril, 2013 | Viticulture | Pessac-Léognan |

Le prix de certains terroirs s’envole

Pessac-Léognan

Pessac-Léognan

Le marché du foncier viticole, dans le département de la Gironde, ne connait pas d’évolution spectaculaire au cours des dernières années, dans la plupart des appellations régionales. Les achats importants effectués par les investisseurs Chinois, qui ont acquis au total 500 hectares de vignes en 2012, ont permis de maintenir les cours des vignes de bordeaux rouge autour de 15.000 euros l’hectare, sans grand changement depuis 2010.

En revanche, certaines appellations, parmi les plus réputées et les plus qualitatives, ont connu une véritable envolée de leur prix. C’est le cas de Pessac-Léognan, qui a plus que doublé, passant en trois ans de 170.000 euros l’hectare en moyenne, à plus de 400.000 euros aujourd’hui. Même chose à Pauillac, célèbre terroirs de premiers crus classés, où il faut désormais débourser deux millions d’euros pour un hectare de vignes bien plantées et en bon état. Ce prix tournait autour d’un million en 2010….

Selon les estimations et le bilan annuel de la SAFER, Saint Julien et Margaux sont stabilisés autour d’un million d’euros l’hectare, Saint Estèphe à 350.000 euros, Pomerol à 900.000, Fronsac à 60.000 et Sauternes à 50.000. Mais il s’agit d’une moyenne, et chaque transaction apporte son lot de singularités, en fonction du classement de la propriété, son image, son terroir, l’état et l’âge de la vigne, la nature et la commercialisation des vins.

11 avril, 2013 | Viticulture | Une première à Bordeaux |

Les amphores reviennent à Pontet Canet

Les amphores reviennent à Pontet Canet

Les amphores reviennent à Pontet Canet

Désormais, le vin de Pontet Canet, cru classé de Pauillac dans le Médoc,  vieillit en partie dans des grandes amphores de béton, qui ont pris partiellement la place des barriques dans le chai d’élevage. Il s’agit de petites cuves, contenant 900 litres de vin, c’est-à-dire le volume de quatre barriques bordelaises, soit l’équivalent de 1.200 bouteilles de 75 cl. Actuellement, et après des essais menés à Pontet Canet depuis 2005, un tiers environ de la récolte est élevé dans ces amphores, un autre tiers dans du bois neuf, et le dernier tiers dans des barriques d’un an.

Il est à noter que Pontet Canet, un des rares crus classés du Bordelais dont la vigne est conduite en biodynamie, ne cesse faire des recherches pour améliorer la nature et la qualité du vin. Ces amphores, créées sur mesure, contiennent des graviers issus du terroir de la propriété, mélangés au béton, pour l’élevage des vins de cabernet sauvignon, et du calcaire et de l’argile, pour les vins des autres cépages. Ainsi, le vieillissement en chai de ces vins se fait au contact des éléments du terroir qui ont donné aux raisins les éléments de la personnalité du vin. C’est une première à Bordeaux.

11 avril, 2013 | Agenda | 4.215 échantillons |

Un mois de prélèvements dans sept départements !

Concours de Bordeaux Vins d’Aquitaine

Concours de Bordeaux Vins d’Aquitaine

Le traditionnel Concours de Bordeaux Vins d’Aquitaine aura lieu le 18  mai prochain, au Palais des Congrès de Bordeaux Lac, à l’occasion de la Foire Internationale de Bordeaux. 4.215 échantillons seront en compétition, ce qui nécessite une foule de dégustateurs et une organisation sans faille. Ces vins proviennent de sept départements du sud-ouest, que 21 préleveurs viennent de sillonner pendant un mois. On dénombre une immense majorité de vins rouges, mais aussi des blancs secs, des liquoreux (77) et des crémants, issus de 97 appellations. On compte aussi 680 vins de coopératives et 380 vins de négociants.

11 avril, 2013 | Agenda | Deux évènements culturels de bon niveau |

Saint Emilion de plus en plus culturel

Deux évènements culturels de bon niveau vont avoir lieu cette année à Saint Emilion.

Festival Philosophia

Festival Philosophia

D’abord de Festival Philosophia, ouvert à tous les publics dans les vieux murs de la cité médiévale, du 24 au 26 mai prochains. Colloques, conférences, débats et rencontres rassembleront les philosophes amateurs et professionnels sur le thème de : La Liberté.

Saint Emilion Jazz Festival

Saint Emilion Jazz Festival

Ensuite le Saint Emilion Jazz Festival, du 18 au 21 juillet, deuxième édition d’une manifestation qui fut un véritable évènement l’année dernière, avec la venue de grands noms du jazz, et de multiples concerts. Quatre jours d’effervescence musicale au pays du vin.

11 avril, 2013 | En Bref... | Onze millions de caisses |

Le cognac toujours en hausse

Au cours de l’année dernière, le cognac a vendu dans le monde onze millions de caisses, confirmant la croissance de l’eau de vie charentaise sur la planète. Certes, cela est encore loin des 43 millions de caisses de rhum, et encore plus loin des 80 millions de caisses de vodka, vendues chaque année. Mais le cognac affiche tout de même un chiffre d’affaires annuel de 2,4 milliards d’euros, et connait une progression de ses ventes ininterrompue depuis 2009. Ce sont l’extrême orient et l’Amérique du Nord qui sont les premiers et les plus fidèles clients du cognac.

11 avril, 2013 | Agenda | 13 et 14 avril |

Bordeaux / Blaye fête le printemps

Blaye fête le printemps

Blaye fête le printemps

Le traditionnel marché aux vins de Blaye aura lieu comme d’habitude dans l’enceinte de la célèbre Citadelle de Vauban, au bord de l’estuaire de la Gironde, les 13 et 14 avril prochains. 80 viticulteurs tous issus du Blayais présenteront leurs vins rouges, blancs et rosés aux visiteurs, qui sont en principe plus de dix mille chaque année ; entrée 5 euros.

11 avril, 2013 | Viticulture | Premier millésime pour le Clos de l’Abbaye |

Doyard très à cheval sur les traitements….

Champagne Doyard

Champagne Doyard

Premier millésime pour le Clos de l’Abbaye du champagne Doyard. Le vigneron de Vertus a su magnifier le chardonnay afin de proposer une nouvelle cuvée d’exception. Les premières bouteilles commencent à faire parler d’elles !

« La parcelle du Clos date de 1956. C’est en 2006 que mon père (Yannick) a constaté le caractère exceptionnel de ces raisins situés juste derrière notre exploitation. Sur environ un hectare et demi, avec un état sanitaire irréprochable, les vignes ont tendance à être rapidement mâtures », explique Charles Doyard. En 2007, le principe du Clos de l’Abbaye est lancé, avec un système cultural différent que celui appliqué au reste du vignoble Doyard. Cela implique un travail complet du sol, et dernièrement, un cheval est venu compléter les soins spécifiques apportés à la parcelle. Pour les traitements,  la famille se limite au cuivre et au soufre, sans pour autant revendiquer une étiquette « biologique ».

La production de la cuvée est limitée, d’une part en raison de la surface, mais également parce ce que le vin ne résulte que des jus de la première presse. Résultat : guère plus de mille bouteilles. Charles Doyard a noté une petite hausse de la production depuis 2008, pour arriver à 1.600 bouteilles par an, mais avec le travail particulier du cheval, qui influence le rendement de la vigne, il estime que le rendement va légèrement baisser. De toute manière, la quantité n’est pas souhaitée, seule compte la qualité du Clos de l’Abbaye !

« Elaboré sans fermentation malolactique, ce vin est vinifié dans le bois. Le vieillissement est de 3 ans minimum en cave, avec un dosage à 7g. Alors que nous pensions que 2008 serait « jeune », nous avons été surpris par l’ampleur », confie Charles Doyard. Le nez séduit et fait montre de promesses qui ne sont pas trahies une fois le vin en bouche. Ce premier millésime se révèle charnu, avec du gras. Un grand champagne aux accents gastronomiques, qui devrait ravir les épicuriens déjà adeptes des productions du vigneron de Vertus (A. V.)

11 avril, 2013 | Viticulture | Clos des Lunes |

Un nouveau cru s’habille en blanc

Clos des Lunes

Clos des Lunes

Il y a quelque chose qui est en train de changer dans les vignes du Sauternais. Voici qu’un nouveau cru vient de naitre : un cru qui produit exclusivement du vin blanc sec ! Exit le liquoreux. Ainsi l’a voulu Olivier Bernard, orfèvre en la matière, qui élabore dans le vignoble familial du Domaine de Chevalier, à Léognan dans les Graves, un des plus grands blancs secs de Bordeaux. Rompu aux exigences de cette production, l’homme a acquis 33 hectares de vignes blanches, sur les communes de Sauternes et de Bommes, vignes qui produisaient du vin liquoreux. Mais depuis le millésime 2012, sous la houlette des Bernard père et fils, c’est-à-dire Olivier et Hugo, est né le Clos des Lunes.

Il s’agit pour l’essentiel des vignes du Château Haut Caplane rebaptisées, auxquelles se sont ajoutées d’autres parcelles, naguère vouées au liquoreux. Mais le sec a remplacé le doux, et d’un encépagement classique de sauvignon (30%) et sémillon, trois cuvées viennent de naitre : Lune Blanche, Lune d’Argent et Lune d’or ; total : 150.000 bouteilles de blancs nouveaux, appellation Bordeaux, qui attaquent le marché cette année.

Olivier Bernard est actionnaire du Château Guiraud, premier cru classé de Sauternes, et proche voisin du Clos des Lunes. On ne peut donc pas dire qu’il ne croit pas à l’avenir du vin liquoreux. Mais la transformation radicale de 33 hectares en blanc sec est un signe qui ne trompe pas : les vins blancs doux et sucées du Bordelais sont presqu’en crise, et se posent des questions sur leur avenir. Olivier Bernard, avec toute l’équipe de Chevalier, a trouvé une réponse.

11 avril, 2013 | En Bref... | Vins de Loire |

Les exportations en hausse en 2012

Selon des données des Douanes, les ventes à l’exportation des vins de Loire (de Nantes à Sancerre) ont progressé de 11 % en volume et en valeur au cours de l’année 2012, par rapport à l’année 2011. Ce sont les blancs qui représentent le plus gros volume, avec 254 000 hectolitres, en progression de 10 % en volume et de 9 % en valeur. Les appellations Sancerre avec 71.000 hectolitres, et muscadet avec 59 000 hectolitres, sont les leaders, Touraine et Vouvray complètent le classement.

Les rouges et rosés sont compactés dans une même catégorie et sont globalement en hausse de 7 % en volume à 121 500 hectolitres, et de 5 % en valeur à 37,6 millions d’euros. Une catégorie composée des rosés d’Anjou et cabernets d’Anjou qui dominent le volume à près de 79 000 hectolitres. Les appellations rouges du Val de Loire sont dans l’ensemble assez peu présentes à l’export.

Enfin, du côté des bulles, la progression est spectaculaire : + 28 % en volume et 30 % en valeur. Sur ces produits, l’export est largement dominé par le crémant de Loire, loin devzant Saumur et Vouvray. En ce qui concerne les débouchés, le top 5 des pays importateurs de vins de Loire en volume est formé par le Royaume Uni, la Belgique, les Etats-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas, et en valeur, le classement donne dans l’ordre : les Etats-Unis, le Royaume Uni, l’Allemagne, la Belgique et le Canada

11 avril, 2013 | Viticulture | Une commission Inao est venue en Champagne |

Des critères parcellaires pour la révision de l’aire d’appellation

La deuxième phase de la révision de l’aire d’appellation de la champagne a commencé, c’est la détermination de la zone parcellaire. Pour y parvenir, des critères généraux doivent être définis. « Il y a une quinzaine de jours, une commission Inao est venue en Champagne. », souligne Pascal Ferrat, le président du syndicat général des vignerons. « D’autres échanges auront encore lieu et après validations, notamment par le Comité national Vins de l’Inao, je pense que les experts qui auront été nommés, pourront commencer leur travail d’évaluation des terrains à porter de la vigne AOC à l’automne 2013. » La sécurisation juridique de l’appellation constitue l ‘élément majeur qui doit guider cette révision de l’aire, « et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a été lancée », rappelait le président. Il convient également de prendre en compte la préservation de l’excellence des terroirs champenois par la maitrise de la délimitation. « Ce sont des points incontournables si nous voulons rester crédibles en tant que leader, dans le monde des effervescents ». Estimant à environ quatre années, le temps nécessaire à ces experts pour effectuer les visites de terrain dans toute la zone de production, mais aussi pour étudier et répondre à toutes les réclamations, on peut imaginer que cette révision pourrait aboutir vers 2018-2020.

9 avril, 2013 | Agenda | 7ème salon dans un lieu symbolique |

En communion avec les vins d’abbayes….

Les Vins d’Abbayes

Les Vins d’Abbayes

Les 13 et 14 avril, cette association originale présentera à Paris les vins de ses adhérents dans un cadre très approprié, celui du Palais Abbatial de Saint-Germain-des-Près.

Regroupant des domaines viticoles dépendants d’anciennes abbayes, l’association Les Vins d’Abbayes (1), tiendra son 7ème salon dans un lieu symbolique (2). A cette occasion, le public pourra découvrir les vins de nouveaux adhérents : le Champagne Monial et le Domaine La Croix du Barris, en appellation Limoux. Des postulants à ce groupement seront également présents. Il s’agit de Château des Antonins (AOC Bordeaux) et du Domaine de la Tucayne, en AOC Saint-Sardos, une petite appellation (110 ha) située aux environs de Toulouse. Il faut savoir que ce dernier est son unique vigneron indépendant, le reste de la production étant assurée par une coopérative. Le domaine possède des vignes sur ce qui fut le territoire de l’abbaye de Grand Selve, dont il ne subsiste que des vestiges. Cet établissement cistercien est à l’origine du vignoble de Saint-Sardos (M. B.).

(1) voir l’article : http://www.lejournalduvin.com/2012/12/les-vins-dabbayes-proposent-une-vitrine/

(2) 3 bis, rue de l’Abbaye, 75006 Paris, entrée 10 euros.

9 avril, 2013 | Viticulture | Jean-Claude Albert |

La renaissance des Bugadelles

Les Bugadelles 2009 rouge

Les Bugadelles 2009 rouge

Voilà bientôt dix ans que M. Jean-Claude Albert s’est attelé à la rude tâche de redonner vie à un domaine complètement abandonné : les Bugadelles. Il est situé au cœur du massif de La Clape, entre Narbonne et la Méditerranée, et s’étend au total sur 400 hectares, dont les seuls habitants furent longtemps les sangliers.

Aujourd’hui, on y dénombre 250 moutons, des chevaux et des ânes, cinq hectares de chênes truffiers et d’arbres fruitiers, 25 hectares d’oliviers, et 40 hectares de vignes conduites en agriculture biologique. Une bergerie en ruine du 19ème siècle a été réhabilitée, et un gigantesque chantier de rénovation a été mené. Résultat : L’agro- pastoralisme a été réintroduit dans la Clape, ainsi que le souligne le directeur du vignoble, Dominique Laux, naguère en poste dans le Médoc. Et d’ajouter : « Le bétail fournit cent tonnes de fumier par an, qui engraissent dix hectares de vignes. Les brebis broutent dans les oliveraies, ainsi le couvert végétal est entretenu, et il y a moins de risque d’incendie…. ».

Le vignoble des Bugadelles fournit des vins de pays d’oc rouges, blancs et rosés, avec les vieux cépages du pays, mais aussi des plus nouveaux comme le peu connu marselan noir. Le terroir est celui de la garrigue calcaire de la Clape, en assemblage avec des schistes, grès, marnes ou argiles, selon le cas. Le chai est, lui, un outil résolument moderne, qui respecte le côté nature de la propriété, mais sans ignorer les innovations de la technologie et de l’œnologie. Bref, tout porte à croire qu’avec une volonté de pionnier, une nouvelle marque de vins est en train de naitre dans l’Hérault.

8 avril, 2013 | Commerce | Seguin Moreau renoue avec les bénéfices |

Seguin-Moreau habille le marché du luxe

Seguin Moreau

Seguin Moreau

Après avoir connu des années difficiles au début du siècle, la tonnellerie charentaise Seguin Moreau renoue avec les bénéfices. Son bilan pour 2012 fait état de 80.000 barriques et futs commercialisés sur les cinq continents, et un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros pour un effectif total de 200 personnes. « On est reparti en croissance depuis deux ans, et on a été élu meilleur tonnelier du monde par les Américains » peut annoncer le directeur général Nicolas Malher Besse.

Ce jeune dirigeant, issu d’une vieille famille de négociants bordelais, n’est pas étranger à la bonne santé de l’entreprise. Il y est arrivé en 2011 avec un bagage professionnel acquis chez le confrère Radoux ; mais aussi avec un esprit ouvert et novateur, dont son curriculum vitae porte la marque, avec un diplôme de biologiste, un autre de l’école supérieure de commerce de Bordeaux et un CAP de boulanger !

Pour autant, se griser du succès ne relève pas davantage de sa  philosophie : « Le monde ne va pas bien, convient-il.  Nous sommes dans une entreprise qui progresse et qui gagne de l’argent, mais si on n’avance pas on tombe. Si la crise s’accentue, on souffrira quand même, on n’est pas intouchable. Mais nous sommes positionnés sur le haut de gamme et le luxe ne marche pas trop mal. Notre bouclier contre la crise, finalement, c’est la qualité. C’est ça la bataille de demain ».

Si l’on remonte à la fondation de la tonnellerie Moreau en 1838, puis à celle de Seguin en 1870, lesquelles ont fusionné en 1959, l’histoire de ce petit groupe est fort longue ; elle s’étend sur trois siècles de partenariat avec le monde du cognac et du vin. Mais ses clients n’ont pas changé ; ce sont toujours les maisons de Cognac, les châteaux de Bordeaux, les vignobles de Californie, Bourgogne, Italie, au total 40 pays jusqu’en Israël…. Et c’est cette multitude de débouchés qui lui assure une place parmi les leaders du marché, comme la multitude de ses produits (barriques, foudres, produits alternatifs de boisage) conforte cette position.

Déjà, ces produits alternatifs, type douelles ou sticks, désormais autorisés, représentent 10% du chiffre d’affaires, et ce marché ne va pas cesser de grandir. Il va prendre, selon Nicolas Malher Besse, la place des barriques de moyenne gamme. Parallèlement, Seguin Moreau diversifie aussi son approvisionnement avec des achats de bois dans les grandes forêts domaniales françaises, en forêt privée et dans le Caucase.

Riche d’un long passé et d’une large aventure internationale, Seguin Moreau garde ses racines charentaises. Le groupe est toujours la propriété de la famille Hériard Dubreuil, actionnaire du cognac Rémy Martin et du groupe Rémy Cointreau ; et son siège est toujours à Merpins, à côté de Cognac, avec d’autres bureaux à Bordeaux. L’ancrage régional est totalement respecté.

4 avril, 2013 | Agenda | 05 57 55 50 55 |

Portes ouvertes à Saint Emilion

Maison du Vin de Saint Emilion

Maison du Vin de Saint Emilion

Le premier week end de mai sourit aux amoureux du vin. Les 4 et 5 mai prochains, les domaines viticoles de Saint Emilion, Lussac et Puisseguin, ouvriront en grand les portes de leurs chais. Visites, découvertes et dégustations sont au programme de ces deux jours dans les vignes. Des sessions d’initiation au vin sont également prévues à la Maison du Vin de Saint Emilion. Tous renseignements au 05 57 55 50 55.

4 avril, 2013 | Viticulture | Famille Cathiard |

Le Thil Comte Clary change de mains

Château Le Thil Comte Clary

Château Le Thil Comte Clary

La famille Cathiard vient d’augmenter son emprise viticole dans les Graves avec l’acquisition d’une propriété voisine de Smith Haut Lafitte : le Château Le Thil Comte Clary. Il s’agit d’un bel ensemble de vignes, parc et chartreuse, qui appartenait à la famille de Laitre, dans l’indivision. Une partie du vignoble (5,5 hectares) a été achetée par M. Pichet, propriétaire du petit château des Carmes Haut Brion à Pessac. L’autre partie, constituée de 3 hectares de blancs et 8 hectares de rouges, rentre dans l’escarcelle des Cathiard, qui nourrissent plusieurs projets pour relancer et faire vivre ce beau domaine, mitoyen du leur.

4 avril, 2013 | En Bref... | Un jury original |

Oscars des Bordeaux de l’été

Un jury original, composé exclusivement de femmes, a réuni une centaine de participantes, professionnelles ou pas, à la demande du syndicat viticole des bordeaux et bordeaux supérieurs. Le but pour ces dégustatrices fort motivées, était d’établir un palmarès de vins blancs, rosés et clairets, tous de Bordeaux, destinés à participer à toutes les dégustations de promotion organisées dans le monde, au cours du printemps et de l’été 2013. 18 bouteilles ont ainsi été sélectionnées, sur 78 échantillons. Leurs prix varient globalement de 3 à 6 euros. Ce sont les Oscars des Bordeaux de l’été, Oscars très féminins comme on le voit.

4 avril, 2013 | Agenda | Diner ProDégustation le 25 avril |

Le bonheur est dans le vin

Prodégustation

Prodégustation

Le deuxième dîner ProDégustation, consacré aux accords plats/vins, aura lieu le 25 avril, au restaurant « C’est mon plaisir », situé dans l’Ile Saint Louis, 42 rue Saint Louis à Paris. Le chef a prévu un menu authentiquement sud-ouest, qu’il a tout naturellement baptisé « Le bonheur est dans le pré » : canard du Gers, gésiers, asperges, piment d’Espelette, fraises, etc…. Et grands vins pour accompagner ces agapes. Prix : 89 euros pour un couvert, 159 euros à deux. Le prochain dîner ProDégustation aura lieu le 30 mai, avec un menu « Vingt mille lieues sous la mer » consacré aux coquillages et crustacés. Tous renseignements sur le site « prodégustation.com ». Rappelons que ProDégustation forme douze mille personnes par dans toute la France, à la découverte, à la connaissance, au plaisir et au partage du vin.

4 avril, 2013 | Agenda | Concours Mondial du 20 au 22 avril |

Une semaine pour le rosé

l’Union des Oenologues de France

l’Union des Oenologues de France

Le Concours Mondial du Rosé, organisé par l’Union des Oenologues de France, aura lieu du 20 au 22 avril prochains à Cannes. Il sera suivi par les Rencontres Internationales du Rosé, les 23 et 24 avril, à l’Hôtel de Région, place Jules Guesde, en plein cœur de Marseille. Ce colloque est piloté par l’Institut Français de la Vigne et du Vin ; il abordera trois thèmes : l’offre, la demande, la technique, et à travers eux, le commerce, la consommation, la fabrication, et la production des vins rosés dans le monde.

4 avril, 2013 | Kiosque | Jean Serroy aux éditions Glénat |

Les Côtes du Rhône à livre ouvert

Les vins du Rhône, côtes et vallée

Les vins du Rhône, côtes et vallée

Professeur agrégé de lettres, écrivain et journaliste, Jean Serroy signe un beau livre aux éditions Glénat : « Les vins du Rhône, côtes et vallée ». Il s’agit d’un portrait complet de toute la viticulture rhodanienne, du Gard jusqu’à Lyon, avec ses terroirs, sa gastronomie, ses paysages, et cette incroyable diversité qui fait toute sa richesse. 230 pages, 39,50 euros.

4 avril, 2013 | Commerce | Rencontres Nationales les 11 et 12 avril |

Les indépendants visent l’export

Les Vignerons Indépendants de France organisent leurs rencontres Nationales les 11 et 12 avril prochains à Epernay, en Champagne. Ils proposent deux jours de débats sur le thème : « L’export est-il un nouvel eldorado ? ». Plusieurs marchés seront expliqués, aussi bien les vieux clients comme l’Allemagne et la Grande Bretagne, que les nouveaux venus : Chine, Pologne, Russie, etc… On y attend de nombreux témoignages, et l’expertise de M.M. Castellucci, directeur de l’Office International de la Vigne et du Vin (OIV), et J. de Roany, conseiller du commerce extérieur.

4 avril, 2013 | Economie | Sud de France |

Le printemps du Languedoc

Jusqu’à la fin du mois d’avril, 850 restaurateurs parisiens participent à une vaste opération de promotion des vins du Languedoc et du Roussillon. Ils étaient 700 l’année dernière, et cette opération a permis de stimuler les ventes de vins dans les établissements de la  capitale, mais aussi chez les cavistes. Elle est donc reconduite cette année par l’interprofession, avec la marque Sud de France.

3 avril, 2013 | Viticulture | 500 millions d’euros de CA |

Les coopératives gardent leur place dans l’économie régionale

Bernard Solans

Bernard Solans

Dans le vignoble bordelais, terre de châteaux par excellence, on parle peu des coopératives vinicoles. Elles sont nées pour la plupart au milieu du siècle dernier, voire pendant la grande dépression des années trente, à cause d’une mévente qui touchait tout le monde. Souvent effacées par le prestige des grands crus, elles restent dans l’ombre, mais n’en représentent pas moins un acteur important de l’économie viticole régionale.

On compte 53 caves coopératives en Aquitaine, dont 40 pour le seul département de la Gironde. Elles rassemblent 5.500 vignerons, qui cultivent 36.000 hectares de vignes, et assurent un millier d’emplois. Leur chiffre d’affaires est évalué à 500 millions d’euros. Pour le Bordelais, on estime à une bouteille sur cinq le poids de la coopération, mais dans les appellations du Bergeracois, du Lot et Garonne et des Pyrénées Atlantiques, elles pèsent bien plus lourd, et ont parfois assumé seules la promotion d’un vignoble, comme à Buzet (47).

Pour autant, au cours des dernières décennies, plusieurs petites unités ont été absorbées par de plus grandes, par ce que l’union fait la force. En dix ans, vingt caves ont ainsi disparu, et la question se pose encore aujourd’hui, pour la survie de certaines unités comme celles de Pauillac ou de Saint Estèphe, dont les surfaces en production se réduisent à quelques parcelles. Il faut dire qu’à un million d’euros l’hectare de vignes dans certaines appellations où dominent les crus classés, les coopérateurs ne résistent pas longtemps à l’attrait d’une bonne cession….

Mais cela ne suffit pas à entamer le moral du président de la fédération régionale des coopératives vinicoles, Bernard Solans, viticulteur clame et droit, issu de l’Entre deux mers, dont le bons sens est apprécié de longue date dans les sphères professionnelles. « Il faut remettre l’humain au centre des débats. Le vin est quelque chose de vivant. Nous avons été les filles de la misère, nous devons devenir des entreprises qui font du cousu main. Et être à la pointe de la technique ».

S’il manque encore à la coopération vinicole bordelaise quelques marques phare pour valoriser les meilleurs terroirs, comme le fait le Grand Listrac dans le Médoc, les caves restent un approvisionnement majeur pour les grandes maisons de négoce. C’est là qu’elles font leur marché et trouvent des volumes conséquents pour leurs étiquettes, genre Malesan ou Mouton Cadet.

En raison de la place qu’occupe la coopération en Gironde, Bernard Solans a demandé d’avoir un siège de membre consultatif au Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux. Il devrait avoir bientôt satisfaction, car le prochain président du CIVB, Bernard Farges, qui sera élu sauf accident en juillet, est issu d’une coopérative de l’Entre deux Mers. Et c’est la première fois qu’un vigneron coopérateur va présider l’interprofession bordelaise.

3 avril, 2013 | En Bref... |

Marciac récompensée en musique

L’association nationale des élus de la vigne et du vin, et la fédération internationale des journalistes du vin, récompensent chaque année la collectivité qui a œuvré avec succès pour la promotion du patrimoine culturel liée à la viticulture. Après Grenoble, Cairanne et Nimes, c’est le village de Marciac, dans le Gers, qui est lauréat cette année. Devenu l’une des capitales du jazz en France, Marciac s’est associée avec le groupe coopératif des vignerons de Plaimont, leader de la production des vins gascons, notamment ceux de l’appellation Saint Mont. Depuis trente ans, Plaimont est le partenaire actif du festival de jazz de Marciac qui attire en été près de deux cent mille amateurs.

2 avril, 2013 | En Bref... | Cercle Rive Gauche |

Le Cercle Rive Droite traverse deux fleuves...

Le Cercle Rive Gauche

Le Cercle Rive Gauche

Le Cercle Rive Droite, association de propriétés viticoles fondée par Alain Raynaud sur la Rive droite de la Dordogne, a désormais un petit frère, le Cercle Rive Gauche. Ce nouveau club de propriétaires viticoles rassemble une trentaine de crus du Médoc, des Graves et de Sauternes, tous situés sur la rive gauche de la Garonne.

Les deux clubs réunis constituent une famille de 170 propriétés, dont le baptême officiel, sous le nom de Cercle des Grands Vins de Bordeaux, aura lieu en juin prochain à l’occasion du Salon Vinexpo.

2 avril, 2013 | Commerce | La famille Reiffers |

Nouvelle transaction dans le vignoble

Château Côte Baleau

Château Côte de Baleau

La famille Reiffers, propriétaire de trois crus classés à Saint Emilion, vient de vendre son patrimoine viticole à l’un de ses voisins, la famille Cuvelier, propriétaire du Clos Fourtet, premier grand cru classé. Les Cuvelier possèdent également le Château Poujeaux à Moulis dans le Médoc.

La transaction porte sur le Château Côte Baleau (8 hectares), le Clos Saint Martin (1,3 hectare) et l’emblématique Château des Grandes Murailles (2 hectares). Beaucoup d’observateurs considèrent que le petit Clos Saint Martin est une véritable pépite, dont le terroir s’apparente en tous points à celui d’un premier cru.

La famille Reiffers était dans l’indivision et devait aussi régler des problèmes de succession ; Sophie Fourcade, qui gérait les domaines de sa famille, reste à son poste avec le nouveau propriétaire.

2 avril, 2013 | Zoom | Entre Cévennes et Méditerranée |

La cave de La Gravette dans le Gard

La cave de La Gravette dans le Gard

La cave de La Gravette dans le Gard

Voici l’exemple même d’une coopérative moderne du Languedoc, produisant d’excellents vins recherchés par les consommateurs. Entre Cévennes et Méditerranée, le village gardois de Corconne surplombe des remparts naturels de rochers basaltiques en forme de tuyaux d’orgue.  Nés de la fragmentation de la falaise calcaire du massif de Coutach, sous l’action du gel, les petits cailloux anguleux ont formé avec des argiles rouges une couche superficielle donnant son nom à la coopérative de La Gravette.

Le vignoble est riche car réparti sur  plusieurs terroirs d’appellation : Languedoc, Pic Saint Loup, Sommières et Terrasses du Larzac. La pluviométrie assez élevé ainsi que les importants écarts de température permettent à la cave de produire des vins pleins de fraicheur. La Gravette est aussi reconnue pour son huile d’olive fruitée obtenu à partir de la  « Picholine » que l’on retrouve  tous les ans en décembre lors de la fête de l’olive.

Dégustation : le Tourtourel Aoc Pic Saint Loup 2011, avec un joli  premier nez de tapenade suivi par des arômes de cassis et de cerise noire. La bouche est franche avec des tannins souples qui s’harmonisent avec les fruits noirs et les flaveurs légèrement épicées de la finale. Prix 6 euros

Plus complexe, Le Gravetissime Aoc Pic Saint Loup 2010 : Son premier nez est abondant avec notamment la muscade, le poivre vert et le grillé, suivi par des arômes de fruits mûres qui terminent élégamment ce bouquet. La bouche pleine et persistante comporte des tannins enrobés, un boisé fondu et des arômes de myrtille et de cacao. Prix 14,90 euros.

2 avril, 2013 | En Bref... | Maxime Hubiche et Jérôme Ony |

Cap sur l’oenotourisme

Le concept original d’un car aménagé pour les dégustations et formations dans les vignes vient de voir le jour. Maxime Hubiche et Jérôme Ony ont mis le cap sur l’oenotourisme : leur ambition est de faire découvrir le vignoble champenois en apprenant à savourer des mets en accord avec les différents terroirs. Il a fallu trois ans pour que l’entreprise « Au-delà de chez soi » puisse exister. Elle emmène désormais ses clients dans un véhicule spécialement aménagé.

Grâce au changement de contexte, les formations sur le terrain disposent d’un impact plus fort. Le car peut être autonome pendant toute une journée, et accueillir jusqu’à 14 personnes. Il est équipé d’écrans vidéo, d’ordinateur et d’un paperboard numérique qui permet au formateur de retransmettre ce qu’il écrit directement sur écran. Ces services sont destinés aux entreprises, grandes ou petites, qui des besoins de formation importants

2 avril, 2013 | Economie | 500 millions d’euros de CA |

Les coopératives gardent leur place dans l’économie régionale

Bernard Solans

Bernard Solans

Dans le vignoble bordelais, terre de châteaux par excellence, on parle peu des coopératives vinicoles. Elles sont nées pour la plupart au milieu du siècle dernier, voire pendant la grande dépression des années trente, à cause d’une mévente qui touchait tout le monde. Souvent effacées par le prestige des grands crus, elles restent dans l’ombre, mais n’en représentent pas moins un acteur important de l’économie viticole régionale.

On compte 53 caves coopératives en Aquitaine, dont 40 pour le seul département de la Gironde. Elles rassemblent 5.500 vignerons, qui cultivent 36.000 hectares de vignes, et assurent un millier d’emplois. Leur chiffre d’affaires est évalué à 500 millions d’euros. Pour le Bordelais, on estime à une bouteille sur cinq le poids de la coopération, mais dans les appellations du Bergeracois, du Lot et Garonne et des Pyrénées Atlantiques, elles pèsent bien plus lourd, et ont parfois assumé seules la promotion d’un vignoble, comme à Buzet (47).

Pour autant, au cours des dernières décennies, plusieurs petites unités ont été absorbées par de plus grandes, par ce que l’union fait la force. En dix ans, vingt caves ont ainsi disparu, et la question se pose encore aujourd’hui, pour la survie de certaines unités comme celles de Pauillac ou de Saint Estèphe, dont les surfaces en production se réduisent à quelques parcelles. Il faut dire qu’à un million d’euros l’hectare de vignes dans certaines appellations où dominent les crus classés, les coopérateurs ne résistent pas longtemps à l’attrait d’une bonne cession….

Mais cela ne suffit pas à entamer le moral du président de la fédération régionale des coopératives vinicoles, Bernard Solans, viticulteur clame et droit, issu de l’Entre deux mers, dont le bons sens est apprécié de longue date dans les sphères professionnelles. « Il faut remettre l’humain au centre des débats. Le vin est quelque chose de vivant. Nous avons été les filles de la misère, nous devons devenir des entreprises qui font du cousu main. Et être à la pointe de la technique ».

S’il manque encore à la coopération vinicole bordelaise quelques marques phare pour valoriser les meilleurs terroirs, comme le fait le Grand Listrac dans le Médoc, les caves restent un approvisionnement majeur pour les grandes maisons de négoce. C’est là qu’elles font leur marché et trouvent des volumes conséquents pour leurs étiquettes, genre Malesan ou Mouton Cadet.

En raison de la place qu’occupe la coopération en Gironde, Bernard Solans a demandé d’avoir un siège de membre consultatif au Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux. Il devrait avoir bientôt satisfaction, car le prochain président du CIVB, Bernard Farges, qui sera élu sauf accident en juillet, est issu d’une coopérative de l’Entre deux Mers. Et c’est la première fois qu’un vigneron coopérateur va présider l’interprofession bordelaise.